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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Ce que je ne veux plus entendre en 2011

Chaque année, une trollée (argot québécois. Prononcé Trowlée, en roulant bien son
« r », signifie une quantité monstrueuse)
de mots se font surexploiter, au point d’en perdre leur saveur.
Bref, des formulations qu’on a trop entendues.

Du haut de ma position d’élite journalistique, je vise user de mon influence pour corriger le tir pour 2011. Donc, cette liste des expressions que j’espère ne plus entendre cette année, considérez ceci comme une sorte de guide sur comment soigner les nerfs surmenés de votre barbare en lui évitant des cris de guerre impromptus : z’avez qu’à ne plus mentionner ces mots.

Enhanced Pat Down

La technique du Enhanced pat down, c’est une méthode de fouille assez en profondeur (bel éphémisme)
utilisée par la TSA (Transportation Security Association) dans les aéroports américains. Et cette fouille n’est pas utilisée que dans les cas extrêmes : les agents de la TSA vous laissent le choix entre ça et des scanners qui vous mettent à nu (littéralement !) et qui sont, selon différents regroupements d’oncologues, excessivement dangereux pour la santé. Bref, que du bonheur, ces aéroports américains. Il n’y a pas de traduction française parce que, si nos voisins du sud s’excitent sur la question, ici, c’est à peine si on y prête attention. Bref, une expression qui a fait son temps, à laquelle je favoriserais « junk groping », bien plus expressif.

Honnêtement, la solution serait très simple : si on remplaçait les agent de la TSA par de jeunes donzelles plantureuses aux mains douces, les plaintes diminueraient en fl èche. D’ici là, il n’y a pas un quinquagénaire qui va me prendre le paquet, même sous des prétextes professionnels, non monsieur. Sauf s’il se sent tout d’un coup excessivement courageux.

Justin Bieber

Vous l’attendiez celui-là, non ? Se passe de tout commentaire. Il a par contre le charme de ressembler à une lesbienne affirmée (comme le remarque également les sites du genre Lesbians Who Look Like Justin Bieber), ce que les prochains chanteurs adolescents efféminés n’auront peut être pas. Mais de toute façon, c’est un nom que je veux arrêter de voir, autant sur les couvertures de journaux à potins que dans des articles diffamatoires. On le catapulte dans un trou noir, problème réglé.

Vampire

J’espère sincèrement que la mode du vampire va s’éteindre en 2011.
Parce que bon, à force d’être adapté à toutes les sauces, le caractère pseudo-exotique prend vite le bord.
Sans compter que, ces deux dernières années, ça a été un cas de : « Bon, on ne sait pas quoi mettre pour aller chercher la plage démographique des jeunes filles et des femmes esseulées. Prenons un vampire. » Bref, malheureusement, on ne se fait pas d’illusions, tant qu’il y aura un marché pour les Vampire Diaries et autres Twilighteries, on est pas sortis de l’auberge.

Hipster

Parce que là, vraiment, ça fait. De base, porter des pantalons 3 tailles trop serrés, avec une coiffure style
« Salut, j’ai un dédoublement de personalité, et mon autre moi est un zoo. », des lunettes POUR LE LOOK, et discuter de film obscurs que même le monde dans la discussion trouvent mauvais, tu pars pas gagnant dans ma chronique.

Mais bon, ils ne sont pas méchants, mis à part leur fâcheuse tendance à vouloir t’expliquer la différence entre deux groupes d’indie pop dont tu te contrefous et à ne pas comprendre l’indice subtil d’un poing fermé à 2 pouces de leur face. Là où j’ai résolument un problème, c’est quand le mouvement devient mainstream, et que ce courant qui se voulait initialement anti-conformiste produist maintenant une armée de clones plus insipides et rachitiques les uns que les autres.

Heureusement, à ce rythme-là, à force de devenir de plus en plus mainstream, le courant hipster est appelé à disparaître. Dans quelques années (allez 2011, fais-moi honneur
!), les hipsters seront devenus aussi peu communs que les punks, à la différence près que « ça sent le hipster » ne sera certainement pas aussi péjoratif que sa variante aux cheveux multicolores.

Album métal de la semaine

Titre: The Onslaught

Artiste: Lazarus A.D.

Genre: Gros Thrash

Année : 2007

Comment est-ce que j’ai fait pour passer à côté d’un tel album pendant si longtemps ? Du gros thrash moderne format géant. Des riffs tellement violents que tu en serres les dents. Du concentré d’aggressivité (des chansons de 4 minutes, ça me change des albums de 70 minutes étalées sur 5 chansons)
qui te rentre dedans comme un TGV. Bon, c’est sûr que c’est du thrash, donc il y a peu de chances de s’asseoir dans une chaise en cuir, pantoufl es aux pieds et scotch en main, en train de réfl échir au symbolisme derrière les paroles.
Cadeau bonus : leur prochain album, Black Waters Flow, sort le 1er février prochain. Avec autant de violence gratuite qui se dirige à la vitesse grand V tout droit vers mon canal auditif, j’en ai pour un bout à vouloir cogner des orignaux et déraciner des arbres à mains nues. Green Peace va m’avoir à l’oeil.
À écouter.

Mots-clés : Chronique barbare (22)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.