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C’est une question de développement durable !

Question piège ! Qu’est-ce que le développement durable (DD) ? Il n’est pas évident de trouver une réponse claire sur le champ, et ce, même si on est membre de PolySphère ! Cette question, apparemment simple, m’a mené à faire une recherche personnelle afin que je sache de quoi je parle quand je dis
« développement durable » dans les réunions de PolySphère. Je partagerai avec vous mes trouvailles vous évitant, entre autres, de lire les 318 pages du Rapport Brundtland !

Notre avenir à tous

En 1987, le rapport intitulé Notre avenir à tous, mieux connu sous le nom de Rapport Brundtland, est produit par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Cette commission, ayant pour présidente Gro Harlem Brundtland, a été mandatée, en 1983, par l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle avait pour but de faire le point sur les perspectives au-delà de l’an 2000 des problématiques environnementales et globales et de proposer des stratégies pour un développement durable.

Dans le Rapport Brundtland, la commission propose une définition du développement durable. Elle le définit comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Elle ajoute à la définition deux concepts clés au développement durable : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

Le développement durable, selon le Rapport Brundtland, nécessite un changement dans le mode de production. En effet, le développement durable n’est pas un état d’équilibre, mais plutôt un processus de changement dans lequel l’exploitation des ressources, le choix des investissements, l’orientation du développement technique ainsi que le changement institutionnel sont déterminés en fonction des besoins tant actuels qu’à venir. Il ne s’agit certainement pas d’un processus simple. Des choix douloureux s’imposent. En dernière analyse, le développement durable est bien une affaire de volonté politique.

Les 3 piliers du sommet de Rio 1992

Le sommet de Rio en 1992 a apporté une nouvelle vision du développement durable en conceptualisant le développement durable comme la conciliation entre trois piliers : social, économie et environnement. Par contre, la vision d’une conciliation ou d’un équilibre entre ces trois piliers, crée des tensions entre ceux-ci en les opposant dans un contexte de concessions et de compromis. Cette façon de voir néglige les liens intimes entre ces trois piliers.

En effet, selon la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’UQAM et du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, la qualité de l’environnement est une condition, l’économie un moyen et le développement individuel et social une fin (voir la figure).

La finalité du DD (Le but)

Le développement durable a comme finalité de permettre à tous, y compris les générations à venir, d’avoir la meilleure qualité de vie possible, et ce, de façon équitable. Selon le Rapport Brundtland, le développement durable signifie que les besoins essentiels de tous sont satisfaits, y compris celui de satisfaire leurs aspirations à une vie meilleure.

Le moyen pour arriver au DD (Le comment)

L’économie doit pouvoir exploiter, transformer et distribuer les ressources de notre environnement, et ce, équitablement afin de répondre à la finalité du développement durable. Du côté du Rapport Brundtland, il est mentionné que pour que le développement durable puisse survenir, les sociétés doivent faire en sorte de satisfaire les besoins, certes en accroissant la productivité, mais aussi en assurant l’égalité des chances pour tous.[…] Il faut toutefois promouvoir des valeurs qui faciliteront un type de consommation dans les limites du possible écologique et auquel chacun peut raisonnablement prétendre.

La condition pour avoir un DD (Les limites)

Nous vivons dans un environnement fini où l’activité humaine peut, depuis les dernières décennies, avoir un impact négatif non-négligeable à l’échelle mondiale sur la quantité de ressources disponibles et la biosphère. Il faut donc tenir compte des limites de nos écosystèmes, ne pas exploiter les ressources renouvelables à un rythme supérieur à celui où elles se renouvellent et à exploiter les ressources non renouvelables au rythme où leur remplacement aura lieu avant leur épuisement. Dans le Rapport Brundtland il est spécifié qu’un niveau supérieur au minimum vital serait envisageable à la seule condition que les modes de consommation tiennent compte des possibilités à long terme.
[…] Le développement durable n’est possible que si l’évolution démographique s’accorde avec le potentiel productif de l’écosystème.

L’implantation du DD

Le développement durable est un concept chargé de valeurs qui fait en sorte que les individus tiennent compte de la globalité de leurs actions en vue de répondre, par concertation, aux besoins essentiels et aux aspirations de tous de façon équitable et en respectant les contraintes de notre planète. Cela ne peut être mis en oeuvre que par l’éducation, le développement de nos institutions et par des lois qui actualiseront ces valeurs de façon concrète.

Sources

• Notre avenir à tous (Rapport Brundtland)

• GENDRON, Corinne. Vous avez dit développement durable?, Presses internationales Polytechnique

• Philippe Bourke, RNCREQ Pour plus de détails, communiquez avec Marc-André Legault.

Image article C’est une question de développement durable ! 1042

Interaction entre les trois piliers du DD. L’économie est un moyen pour répondre aux besoins de la société (tels que définis par le rapport Bruntdland)
en puisant dans l’environnement, qui est une condition du DD.

Image article C’est une question de développement durable ! 1041

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