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Rammstein au Centre Bell : chaos berlinois !

Avertissement : cet article ne sera pas objectif. Rammstein est de loin mon groupe de métal préféré. Un de mes objectifs sur ma liste de 40 choses à accomplir avant de mourir était d’aller voir Rammstein en concert. Ce fut chose faite le 18 juillet dernier alors que Rammstein performait sur les Plaines d’Abraham à Québec. Imaginez donc ma réaction quand j’ai appris que j’avais une passe média pour le show de Rammstein au Centre Bell donnant droit à une entrevue avec un membre du groupe… Toujours est-il, je vais quand même essayer de relater le plus fidèlement possible le concert de Rammstein au Centre Bell sans tomber dans le « fanboy-isme ».
Rock on.

23 octobre, 13h.

Les quelques 13 000 billets du concert de Rammstein à Montréal sont tous vendus, billets qui ont été mis en vente à peine une heure plus tôt. Il s’agit d’une prouesse que seuls les artistes légendaires peuvent accomplir. Et c’est encore plus remarquable pour un groupe de métal industriel qui ne joue qu’en allemand. Il faut cependant préciser que le groupe n’est pas venu à Montréal depuis 10 ans, et qu’il était attendu de pied ferme par les amateurs de métal.


9 décembre, 20h.

Combichrist entame la première partie du show.
Le quatuor norvégien possède un son similaire à celui de Rammstein, mais avec plus d’éléments électroniques.
L’arrière-plan de la scène est composé de multiples panneaux lumineux, et l’intensité des lumières se marie parfaitement à l’agressivité du morceau « Fuck that shit ». Selon moi, la performance de Combichrist est beaucoup plus appropriée pour ce genre de concert que ne l’était celle d’Apocalyptica à Québec cet été. Non pas parce qu’il s’agit d’un mauvais groupe, bien au contraire, mais leurs morceaux d’ambiance interprétés cet été contrastaient trop avec le style de musique de Rammstein.

21h.

Les lumières du Centre Bell s’éteignent et les haut-parleurs commencent à vrombir. Tout à coup, les deux guitaristes, Richard Z. Krupse et Paul Landers fracassent la toile noire à coups de guitare afin de se frayer un chemin sur la scène. Le chanteur, Till Lindemann, déguisé en clown morbide, monte sur scène en même temps que le début du choeur d’ouverture du morceau « Rammlied », tiré du dernier album. Puis, les premières notes de guitare sont martelées : le show débute enfin !

Contrairement au spectacle de Québec, il n’y a pas d’énorme drapeau allemand qui tombe du haut du stage, mais la foule rugit à l’unisson.
Pendant les cinq prochaines minutes, 13 769 fans entendront un savant mélange d’arrangement de cordes et de choeurs classiques avec de la guitare électrique assommante. « Rammlied
» est donc une démonstration éloquente de l’évolution musicale du sextuor allemand, dont le son semble avoir gagné une certaine maturité.
Toutefois, la brutalité demeure toujours aussi présente, tel qu’on peut le constater dans « Bückstabü »,
également tiré du nouvel album.
Les hurlements de Till, les coups de massue de la guitare et la résonnance profonde de la basse, tout est mis en place afin de percer un maximum de tympans.

Évidemment, un concert de Rammstein ne serait pas digne de ce nom sans pyrotechnie élaborée.
Ainsi, lors de la chanson du chasseur,
« Waidmanns Heil », la scène est non seulement illuminée par les divers feux d’artifice et jets de feu, mais également par les tirs du grotesque fusil de chasse de Till.

La formation allemande interprète également des pièces provenant des albums précédents, dont « Keine Lust » (de l’album « Reise Reise »),
durant laquelle le bassiste Oliver Riedel a interprété un original solo de bass n’apparaissant pas sur l’album.
Parmi les autres « classiques » joués par le groupe au cours du set principal, on retrouve « Feuer Frei » avec les nombreux jets de lance-fl ammes et
« Benzin », durant lequel le chanteur enfl amme littéralement un cascadeur avec un jet de feu provenant d’une pompe à essence.

Évidemment, le groupe ne pouvait laisser de côté « Du Hast » : cette chanson est tellement populaire que la foule a scandé tout le premier couplet.
De surcroît, les pyrotechniciens se sont carrément dépassés pour ce morceau, car en plus des jets de fl ammes éclairant la scène, des feux d’artifice ont été lancés de la scène pour éclater à quelques mètres de la tour d’éclairage, et, une seconde plus tard, d’autres feux d’artifices ont été lancés de ladite tour pour exploser sur scène. Véritablement une mise en scène explosive (pardonnez le jeu de mot plate).

Une caractéristique artistique propre à Rammstein est le désir de provoquer, voire d’attirer une certaine controverse. Cela leur a d’ailleurs valut quelques ennuis par les années passées. « Wiener Blut », une chanson du nouvel album, fait référence à Josef Fritzl, ce vieil autrichien ayant séquestré sa fille dans sa cave pendant une vingtaine d’année. Qu’a fait Rammstein pendant l’interprétation du morceau lors du concert ? Simplement faire exploser des poupées d’enfant qui pendaient haut-dessus de la scène… Cette sinistre mise en scène n’a pas été utilisée lors du concert à Québec qui ciblait un plus large public. Ironiquement, le canon rosé deux tons a repris du service lors de « Pussy », et a une fois de plus éjectée une certaine mousse blanche. Disons simplement que la subtilité n’est pas le point fort de ce groupe de métal…

Il ne fait aucun doute qu’avec l’artillerie pyrotechnique de calibre Blitzkrieg, performer dans un tel show doit être épuisant physiquement; dans les estrades, la chaleur provenant des nombreux jets de feu devenait parfois gênante. Cependant, l’enthousiasme des fans au Centre Bell est tellement débordant que les membres du sextuor allemand accordent à leur audience DEUX rappels. Pendant le premier rappel, Rammstein interprète « Ich Will » et
« Sonne », deux chansons de l’album
« Mutter », ainsi que « Haifisch », du dernier album. Au cours du dernier morceau, l’excentrique claviériste, Christian « Flake » Lorenz, embarque dans une chaloupe pneumatique et navigue (au sens propre du terme)
par-dessus la foule du parterre; le body-surfing, c’est tellement déjà-vu.
Une fois amarré à la scène, Flake danse de manière saccadée tout en rejoignant son clavier.

La seule chanson du deuxième rappel est également la dernière du spectacle. Rammstein étonne alors de nombreux fans avec « Engel » (tiré du deuxième album, « Sehnsucht »),
un morceau qui n’a pas été exécuté depuis un certain temps. Till surprend une fois de plus la foule en arborant des énormes ailes d’ange. Conformément à la tradition incendiaire Rammstein, ces ailes émettent des fl ammes aux extrémités, et la chanson se termine avec une grande explosion.
Les musiciens se retirent définitivement de la scène en se prosternant devant le public : l’effet théâtral est grandiose.

Somme toute, il s’agit sans le moindre soupçon d’un doute du concert le plus spectaculaire de l’année à Montréal. Danke, Rammstein !

23h.

Je suis probablement certifié sourd, car je peine à entendre la madame assignée aux vestiaires.
Cette surdité temporaire en valait toutefois la peine, car non seulement j’ai pu voir de proche les membres de Rammstein s’exécuter sur scène, mais j’ai également effectué une entrevue et SERRÉ LA MAIN (!!!) du bassiste du groupe. Objectif de vie numéro 19 complété.

Photos Paul Blondé.

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