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M pour Montréal 2010

On est toujours quelque peu ambivalent quand il est question d’assister à un évènement auquel participent des artistes que l’on connaît bien, mais dont le public-cible est principalement composé de promoteurs, d’agents, de représentants de festivals et de journalistes étrangers. Ambivalent, parce que l’on souhaite le plus grand des succès à ces groupes que l’on a appris à aimer au cours des années, mais que l’on se sent parfois un peu mal à l’aise de voir autant d’éclectisme rassemblé pour impressionner des gens d’affaires un peu à la façon d’un Montréal Idol.

M pour Métropolis

Devenu un classique du festival, la soirée tenue au Métropolis est toujours l’occasion de présenter les plus grands noms de ce showcase de quatre jours, au cours duquel les groupes rivalisent d’originalité au cours des 45 minutes qui leurs sont allouées pour présenter toute l’essence de ce qui les rend unique. Normalement très (très) varié au niveau des styles représentés, cette année a cependant mis en vedette des groupes moins différents les uns des autre qu’au cours des années précédentes. On salue cette décision, bien que l’on ait malgré tout apprécié la succession DJ Champion/Melissa Auf der Maur/Fucked Up de l’année dernière, bien que le dernier groupe ait fait fuir 95% de la salle dès sa troisième chanson.

On tient cependant à souligner que l’on souhaiterait voir un maître de cérémonie plus représentatif de l’esprit montréalais que Gene Simmons. Certes, s’il aura sans doute contribué à attirer l’attention des médias étrangers au festival, on peut se demander si sa contribution aura été significative… Poser la question revient certainement à y répondre, puisque l’ex-membre de Kiss était en ville pour faire la promotion de sa propre personne (et du groupe dont il est le manager, et de son émission de télé-réalité), mais qu’il a fait bien peu dans le cadre d’invité spécial de M pour Montréal.

On s’interroge particulièrement sur la soirée du Métropolis, qui semblait devoir être animée par Gene Simmons, mais où il a brillé par son absence plutôt que par ses paillettes, ce qui en a mené plusieurs à se demander quel était son rôle dans cette soirée. Certes, on peut supposer que personne n’ait acheté de billet pour M pour Métropolis uniquement dans le but de pouvoir respirer le même air que « le démon », mais il n’en demeure pas moins qu’on est sous l’impression d’avoir été victime d’une publicité mensongère.

Certes, Simmons a ouvert le festival avec une conférence de presse et un débat de branding qui l’opposait au cofondateur de l’agence de communication Sid Lee, mais on ne peut s’empêcher de souhaiter voir à l’avenir un représentant plus au fait de la réalité montréalaise. Les représentants de la ville qui jouissent d’une influence internationale ne semblent pas manquer ces temps-ci, autant tenter d’en recruter quelques uns pour promouvoir les intérêts de la métropole dans cette aventure.

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AIDS Wolf

Un spectacle qui aura certainement médusé tous ceux qui n’ont jamais assisté à l’une des fréquentes performances d’AIDS Wolf, qui surprend toujours par le chaos organisé qu’ils présentent sur scène. Le trio qui mise fort sur les feedbacks et les décibels a donné un très photogénique spectacle au public, notamment grâce aux paillettes qu’arborait la chanteuse Chloe Lum sur son costume et aux cris de Yannick au micro. Les représentants de l’étranger semblaient cependant davantage choqués par ce mur de bruit qui les frappait de plein fouet qu’intéressé à en découvrir davantage sur Trout Mask Replica, le plus récent album du groupe. Difficile à dire, donc, si cette performance permettra au groupe de percer et de se produire dans des salles plus grandes que celles où l’on est maintenant habitué de le voir ou s’il sera contraint de poursuivre à présenter des performances devant le public de convertis familier avec ses compositions.

Random Recipe

Révélé au cours de la dernière année, le quatuor folk aux influences proches du rap est aisément parvenu à faire danser et chanter les gens venus au Cabaret Juste pour Rire pour assister à leur performance. Dans une ambiance toujours aussi joyeuse et ludique, les membres du groupe y sont allés d’une simplicité naturelle pour toucher le cœur de la foule, qui a même demandé un rappel à leur sortie de scène (chose Ô combien rare à M pour Montréal). Le plaisir évident que les membres partagent à jouer ensemble est sans doute l’essence de la joie qu’il transmettent au public, et qui produit un profond bien-être à quiconque se remémore leurs mélodies dans les jours suivant une de leur performance.

Dance Laury Dance

Les rockeurs de Québec font toujours sensation lorsqu’ils sont de passage en ville, principalement avec leur attitude de raw energy qui transcende l’image de cheveux longs, de tatouages, de bières renversées et de shooters de Jägermeister qui leur va comme un gant. Distorsion, batterie et voix. Difficile d’atteindre leur cible plus directement. Un rock sale bien entretenu qui s’exporterait à merveille le temps de le dire. On espère que Gene Simmons prêtait attention du haut du balcon d’où il filmait sa télé-réalité.

The Dears

On les avait vu abondamment dans le cadre de POP Montréal cette année, alors qu’ils avaient investi les planches de différentes scènes à 6 occasions en 5 jours. Certes, ce groupe est l’un des représentants traditionnels de la scène rock indie de la métropole et le lauréat du convoité prix Polaris, mais on ne peut s’empêcher d’arriver au constat que leur performance n’était pas à la hauteur de la réputation dont il jouissent. Avec un son clippé et une présence sur scène effacée, cette représentation du groupe ne laissera pas une vive impression dans l’esprit des spectateurs ou des représentants de l’industrie invités à la soirée. Peut-être que The Dears aurait gagné à donner moins de représentations plus tôt cet automne et se faire désirer davantage (et conserver son énergie) pour ce showcase.

Misteur Valaire

La foule présente au grand rendez-vous de cette édition était majoritairement venue pour assister à la performance toujours aussi énergique de Misteur Valaire, qui a comme d’habitude ravi ses fans. Savant mélange d’électro, de simili-funk et de rap avec percussions, cuivres, guitares et batterie accordé sur des chorégraphies et des changements de costumes, le groupe est parvenu à se tailler une place dans une branche de l’arbre du groove sur laquelle il est le seul à être perché.

Le quintette était clairement la raison de la venue de la majorité des spectateurs présents à ce rendez-vous, et on comprend que l’imagination et l’ambition de ce groupe sont des facteurs suffisants pour attirer autant de gens à cette célébration. On est confiants de pouvoir revoir Misteur Valaire sur une grande scène extérieure au cours de l’été prochain.

Poirier, Face-T et Boogat

Ce n’est pas la première présence de ces artistes sur la scène du Métropolis, et on sait fort bien qu’il ne s’agira pas non plus de la dernière. Poirier, introduit sur scène par Sébastien Nasra et Mikey Rishwain Bernard pour clore la soirée de M pour Métropolis avant l’after-party du Rialto, a été retenu cette année comme ambassadeur du festival, principalement pour ses qualités de représentant de la métropole à l’étranger après avoir mené pratiquement seul sa carrière au cours des dernières années. Self-made-man, c’est ainsi en qualité d’homme à tout faire et de promoteur du savoir-faire montréalais qu’il a été choisi comme représentant pour cette édition du festival, arborant fièrement le prix de l’album électronique de l’année acquis la semaine précédente au GAMIQ pour son album Running High.

Une performance haute en énergie de la part de Poirier et de ses collaborateurs Boogat et Face-T, qui ont livré leur fusion de rythmes latins, caribéens et électroniques avec vigueur et énergie. La conclusion parfaite pour cette édition de M pour Montréal, que seul un DJ et deux MC avec une présence sur scène incomparable pouvaient livrer.

Lire l’article complet de la performance de Poirier à M pour Métropolis.

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