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Histoire de peur

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Vous qui croyez que vous allez faire du gros cash en sortant de polytechnique vêtu d’une cravate et d’une bague, détrompez-vous.
C’est déjà commencé. Vos parents vous ont inculqué des valeurs de liberté. La liberté de choix. Choisir d’aller à l’école ou pas. Choisir un modèle de téléphone cellulaire. Choisir d’accepter un nouvel ami Facebook. Choisir une destination voyage. Choisir de fumer. Choisir de manger Ararnark. Choisir de fournir des efforts ou de ne pas en fournir. Bref, choisir sa vie peu importe ce que les autres en diront. Peu importe les conséquences individuelles ou collectives.

Parce qu’on le mérite. Parce que ça nous est dû. Pas question de se priver.
Même si ça limite la vie de quelqu’un d’autre en quelque part.

Bon de quoi il va nous parler cette semaine encore le frustré du Polyscope
? De choix de société encore ?
L’histoire commence avec les boomers qui ont eu la chance de ne pas avoir à se poser de questions avant de faire un choix. Dans ce temps-là, on ne se posait pas de question. De la même façon qu’on ne se posait pas de question sur les néfastes de la cigarette. On fumait, c’est tout. On dépensait, c’est tout. Ça a quand même apporté du bon.
Le métro de Montréal par exemple. Les dernières stations à Laval ont couté pratiquement le même prix que les 65 autres dans les années 60 ! Ou bien la Manic et le complexe LG dans le nord du Québec qui nous ont donné une certaine indépendance énergétique et un pouvoir économique. Quoi dire du stade olympique et de l’autoroute métropolitaine… C’est peut-être mieux de ne rien dire ! À force de dépenser en se donnant des syndicats blindés, des conventions collectives blindées, un système d’assurance santé et médicaments ou tout autre service pulic que j’aimerais qualifier de blindé, on accumule une dette et on ne met pas d’argent de côté.

Un jour, les gens qui ont dépensé prennent leur retraite. Une crise financière arrive et leur fond de pension se vide très rapidement. Soudainement (j’espère que vous comprenez que j’essaie de donner le ton d’une histoire d’horreur), une coalition de vieux propose d’augmenter les cotisations au régime de retraite de 25 % pour qu’eux aient une augmentation de 50% de leur revenus. Soyez averti, je suis très inquiet du sort de mes grands-parents et plus tard de mes parents. Alors qu’il y a de plus en plus de vieux, il y a de plus en plus de pauvreté dans cette catégorie d’âge.

Pendant ce temps, dans les universités, les étudiants Y se cassent la tête et angoissent de savoir qu’il y aura de moins en moins de gens pour contribuer à un fond de pensions et à la société en général (santé, éducation, route, etc.). La plupart n’y pensent pas mais moi oui. Encore plus inquiétant alors qu’on apprend que les étudiants s’endettent de plus en plus !
C’est alors qu’on reçoit un courriel de la FAÉCUM nous annonçant les mesures possibles du gouvernement concernant les frais de scolarité. Une augmentation bien sûr, mais cette fois-ci, on parle d’une augmentation proportionnelle au salaire moyen de la profession du champ d’étude (ce qui existe déjà en Ontario). Ayant la justice à coeur, je dirais à première vue que ce n’est pas fou. En y réfl échissant un peu plus, je me dis surtout que ceux qui sortent de l’université avec une job à gros salaire, c’est aussi parce que les études ont demandé particulièrement beaucoup d’efforts.
Et quand les études sont difficiles, nous avons moins de temps pour un emploi étudiant.

Donc, si nous acceptons ce genre de proposition, c’est d’accepter un endettement encore plus élevé pour une certaine classe d’étudiants (ceux dont les parents n’ont pas un salaire assez élevé pour permettre à leur enfant d’étudier sans souci financier).
C’est actuellement 12 000 $ l’endettement moyen d’un étudiant québécois à la sortie de son baccalauréat. C’est entre autre à l’horrible programme des prêts et bourses (ici horrible n’a
aucun lien avec l’Halloween !) que nous devons ça. Je dis ça parce qu’en gérant bureaucratiquement le programme de prêts et bourses (par souci d’équité)
on ne tient justement pas compte de la situation réelle de l’étudiant.

En n’étant plus salarié, nous serons plus imposé, en plus d’une dette scolaire plus élevée, ça ne donne pas le goût de faire tant d’effort ! Du moins, ça prouve que l’éducation n’est pas tant la priorité de notre société !
En conclusion, la prochaine fois que vous choisirez entre un party de session ou un REER, choisissez le REER. Parce que tantôt quand nous devrons payer cher cher pour envoyer nos parents à l’hôpital et cher cher pour envoyer nos enfants à l’école, on s’en voudra peutêtre de ne pas avoir signé la pétition http://www.bit.ly/petitionfrais. Ça fait peur comme histoire hen ?!

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