Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

À l’heure du journalisme électronique

Ça ne pèse rien. Ne s’envole pas. Ne se froise ni ne se déchire. Voilà maintenant plusieurs années que les journaux traditionnels souffrent d’une baisse de leur lectorat au profit des versions électroniques, pour la plupart gratuites sur le net. Avec l’avènement des téléphones de plus en plus sophistiqués, des tablettes électroniques et de l’incroyable disponibilité de l’accès au réseau Internet sans fil, un nouveau style journalistique a su se développer. Petit tour d’horizon, pris à partir de quatre médias disponibles du bout des doigts.

WikiLeaks

Justicier Internet des temps modernes pour les uns, traître à la nation américaine pour les autres, insensé notoire pour certains, Wiki-
Leaks fascine et ne laisse personne indifférent. Surtout depuis les coups d’éclat perpétrés et les révélations dévoilées au cours des deux dernières années.

Son fondateur, l’australien Julian Assange, base la crédibilité de son site d’information sur la transparence qu’il désire promouvoir ainsi que sur la véracité des reportages et des articles publiés, tout en mettant l’accent sur une politique de protection des sources des plus poussées.

Les dernières sorties de Wiki-
Leaks depuis sa mise en place en 2006 frappèrent la sphère médiatique de plein fouet, servant de source d’information pour plusieurs autres publications plus « traditionnelles
». On peut mettre au tableau des grands fracas du site Internet la divulgation de la vidéo des troupes américaines embarquée à bord d’un hélicopère survolant Bagdad. Cette vidéo montre l’acharnement des soldats face à un groupe d’hommes, les attaquants sans autre raison que leur air « suspect » et l’allure de leurs mitraillettes. Il faut néanmoins préciser que ces mitraillettes n’étaient en fait que les télézooms de deux photojournalistes de l’agence Reuters à Bagdad… Bavure monumentale, reprise à peu près de partout.

Le 25 juillet dernier, WikiLeaks rend public quelques 91 000 documents classés secret défense par l’armée américaine, des comptesrendus bruts de leur opérations militaires, en les transmettant aux équipes rédactionnelles des journaux The Guardian (Royaume-Uni), The New York Times (États-Unis) et Der Spiegel (Allemagne). La réaction du Pentagone fut instantanée, et plaça le site Internet et son fondateur en zone trouble auprès de l’administration américaine qui les jugea des plus irresponsables.

Maintenant persona non grata aux USA, Assange serait en Islande où les lois mises en place offriraient le paradis nécessaire à l’hébergement de son site.

Il faut néanmoins nuancer l’action de WikiLeaks. Certes, son désir de transparence reste des plus louables, mais le faire à tout prix n’est peut être pas la solution la plus justifiable. Surtout lorsque le site ne se mouille pas en diffusant des informations qui seront reprises par la suite par les médias traditionnels.

www.wikileaks.org

Mediapart

Fondé en 2008, Mediapart a réussi s’imposer à l’avant scène de l’information dans le cadre du scandale politico-financier qui secoue la France avec l’affaire Woerth-Bettencourt.

En juin dernier, le site d’information dirigé par Edwy Plenel révèle l’existence d’enregistrement réalisés par le majordome d’Éliane Bettencourt, milliardaire et héritière de l’empire L’Oréal, impliquant le ministre Woerth et sa femme.
Financement louche de l’UMP (parti politique du président Sarkozy),
fraude fiscale, attribution de légion d’honneur et j’en passe… Ces nouvelles firent les choux gras de la presse française, débordant de nombreuses fois par delà les frontières au courant de l’été 2010.

Edwy Plenel, rédacteur en chef du site et ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, offre un regard différent sur l’actualité à travers sa publication, en proposant un journalisme qu’il qualifie d’investigation.
Néanmoins, l’entreprise n’agit pas en toute bonté, n’offrant son contenu que de manière payante sur le web.
C’est à regretter, surtout lorsque Mediapart sort des coups d’éclats, et n’attend qu’à être alimenté par les abonnements des lecteurs alertés par les révélations. Mission journalistique de qualité certes, mais recette marketing sans faille… en autant que Mediapart réussisse à alimenter le web de scoops.

www.mediapart.fr

EnglishRussia

Populaire blog photographique mis à jour plusieurs fois quotidiennement, le site EnglishRussia se spécialise dans les photoreportages à travers la Russie. Touchant à peu près tous les sujets possibles et imaginables, le site est géré par une multitude de journalistes de terrain provenant des différents pays parlant la langue de Tolstoï.

Le 7 avril dernier, le président déchu du Kirghizistan, Kourmanbek Bakiev, s’enfuit de son palais présidentiel, laissant son pays en proie à des émeutes entre policiers et civils qui marqua la presse durant plusieurs semaines. Outre les quelques photos provenant de l’Associated Press qui furent réemployées par chaque média, EnglishRussia se demarqua en proposant une série de reportages grâce aux photographes présents sur place. Témoignages des plus véridiques où l’on pouvait voir ces rues désertées, des bâtiments délabrés ainsi que des affrontements entre plusieurs groupes, d’autant plus que l’alternative proposée par la plupart des médias se cantonnait aux brèves transmises par l’Associated Press ou par l’Agence France-Presse.

Allez faire un tour sur le site, ça vaut le coup d’oeil ! Pour un contenu graphiquement intéressant, culturellement enrichissant et de qualité, EnglishRussia saura vous faire voyager vers ce géant d’Asie en quelques clics !

www.englishrussia.com

Le Polyscope

Et votre journal étudiant dans tout cela ? Où se positionne t’il ? Outre les 3000 copies disponibles chaque semaine, vous pouvez retrouver sur notre site Internet www.polyscope.
qc.ca l’édition électronique hebdomadaire, avec en prime tous les articles mis en ligne depuis les 4-5
dernières années. Fait marquant au Scope depuis l’été 2009, les horssérie culturels d’été demeurent un évènement marquant dans l’orientation éditoriale du journal, offrant à ce jour six éditions inédites, de qualité supérieure, dont le contenu dépasse toute espérance chez un journal universitaire (allant même jusqu’à 46 pages pour l’édition de juillet 2010 !).

www.polyscope.qc.ca

Après ce bref aperçu du journalisme numérique de nos jours, il reste néanmoins un point majeur où tout support papier l’emportera inévitablement sur la version électronique.
Conserver dans les limbes numériques du world wide web, qui dit que les pdf accessibles le sauront encore dans une quinzaine d’années ? Tandis que les coupures de journaux datant de mai 68, il en existe encore, et elles restent finalement le seul témoin vital d’une époque. La vitesse contre la mémoire, une question qu’il restera à résoudre ! En attendant que nous finissons sur votre prochain iPad, je vous souhaite bonne lecture pour cette semaine de relâche !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.