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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Mea Culpa

Je prends une partie de ma chronique de cette semaine pour la leçon de la semaine. Le dicton marketing « Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en » n’est pas applicable dans de petites communautés.
Les répercussions sont beaucoup plus près de tous et souvent plus intenses.
On ne se rappelle pas toujours que la notion de liberté d’expression n’est pas si vieille que ça et que la gestion de cette liberté n’est pas toujours évidente.
Parfois même, il est possible de se laisser emporter par l’euphorie de la liberté. Un prisonnier qui sort de prison après 20 ans doit probablement avoir de la difficulté et gérer ce qui se fait et ce qui ne se fait pas en société. Ma mère m’a enseigné (et ça vient d’Yvon Deschamps) que la liberté des uns se termine au commencement de celle des autres. Lorsqu’on joue au funambule à la frontière entre l’eau et le feu, il faut s’attendre à parfois tomber du côté du feu.

Pour ceux qui ont été choqués la semaine dernière en raison de photos assez subjectives pour ne pas dire crues affichées dans l’école, sachez que j’étais bien conscient d’être près de la frontière et il faut croire que le vent m’a poussé du côté du feu. Il faut savoir admettre ses torts et je regrette cette erreur de jugement de ma part. L’objectif de cette publicité n’était pas ce que plusieurs pensent. Le concept était : le Polyscope c’est intense depuis 1967, sur tous ses aspects. De la distribution au montage et même la rédaction est fait avec passion et dynamisme. Il y a effectivement plusieurs façons d’attirer l’attention et il faut savoir trouver équilibre entre bon goût et efficacité. Le timing n’a pas été de mon côté avec les journées carrières pour l’image de l’école. L’image, encore l’image. Ce concept qui se limite au paraître et non au fond. C’est malheureusement un concept dont on ne peut si facilement se débarrasser.

Plusieurs malentendus ont fait que ces photos se sont retrouvées sur les babillards de l’école mettant dans l’embarras entre autres Isabelle, la dévouée commis de l’AEP. Je m’excuse officiellement de l’avoir mise dans cette situation. De même pour l’école. En espérant que l’image du Polyscope (et oui encore l’image), ainsi que la mienne, ne soit pas tachée pour longtemps en raison d’une gaffe, que j’ai tenté de réparer dès que j’ai pu. Moi qui proclame chaque semaine dans ma chronique le bon sens du citoyen, le respect, l’intelligence et le jugement… je prouve que je suis bel et bien humain et que j’ai aussi comme tout le monde des failles !
Maintenant, mangeons un bon bol de crème glacé aux fraises et oublions nos problèmes !!!

Des complexes, les femmes en ont beaucoup. Mais chez les hommes, c’est relativement nouveau comme phénomène. En fait, c’est depuis la génération des boomers.
Les X n’ont pas renversé la vapeur.
Dans l’temps, back in the days, nos grands-pères n’avaient pas à prouver qu’ils étaient des hommes. Quand tu travaillais 16 heures par jour, 7 jours sur 7, tu n’avais pas vraiment besoin de te demander si tu avais des couilles; si tu étais un homme, ça paraissait. Ce n’est pas l’oestrogène qui te faisait manger 8 oeufs, deux tasses de bines, des patates et un demi-pain pour déjeuner. Depuis, les temps ont bien changé. Heureusement, parce que moi je n’ai pas trop la physionomie d’un gars qui allait à la p’tite école en raquette et qui mangeait une orange à Noël. Maintenant, les hommes font attention à leur cholestérol, alors fini les 8 oeufs. Résultat, carence en oméga-3. Une seule option. Adrien Gagnon. Vous l’aurez deviné, toute cette obsession de belle peau et de gars qui fait attention à lui est d’origine publicitaire. Ça a donné naissance aux métrosexuels. Le plus gros problème en arrière de tout ça, c’est le complexe de la p’tite queue.

Comment ça se refl ète dans la vie de tous les jours ? Avec des hommes de 30 ans qui ont systématiquement besoin d’un gros camion pour prouver qu’ils sont des hommes. Même s’ils n’ont jamais à aller dans le bois. Ne pensez pas que c’est simple comme ça dans la tête de ces hommes. Personne ne l’avouera. Simplement parce que c’est intrinsèque. Vous allez me dire que c’est du premier degré comme réfl exion.
Pourtant, il cherche toujours à retrouver le modèle de l’homme d’antan tout en gardant sa modernité. Un gros camion (pour transporter les foins), un tracteur à gazon (pour faire les foins), le gym pour avoir des gros bras (pour labourer la terre bien sûr), ceux qui tiennent leur femme par le cou à l’épicerie, le gros BBQ… ok c’est vrai, ce n’est pas non plus la norme, il n’y a pas tant d’hommes qui sont caricaturés à ce point, mais vous comprenez l’idée. N’empêche que vous le visualisez le gars musclé avec son camion, peut-être même avec un petit bronzage à l’année et un tatouage tribal sur le bras. Admettons qu’il existe vraiment un complexe du petit pénis chez une bonne part d’homme.

Alors pourquoi Harper aurait-il une petite bite ? Les boomers du p’tit peuple rêvent d’un beau gros camion rouge, les X se gâtent et se l’achètent, et notre inconscient de premier ministre dépense 9 milliards de dollars pour soixante-cinq F-35, des beaux gros jets. De l’ingénierie à son meilleur. Dans une société vieillissante, une dette à la banque mondiale dont nous n’arrivons même pas à payer les intérêts, des catastrophes écologiques et naturelles démesurées qui ne se réparent pratiquement pas, des infirmières en burn-out, il aurait pu en commander 60 et mettre les 150 millions fois 5 pour Haïti, pour les prêts et bourses, pour réduire notre dépendance au pétrole et pour mettre plus d’infirmières pour s’occuper des vieux… qu’il sera lui-même dans pas si longtemps, alors qu’il aura besoin de viagra pour stimuler son p’ti zizi!

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.