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Ma haine inflexible pour le yoga

Au risque de ne surprendre personne, j’adore le conditionnement physique. C’est une pratique intégrée à mon quotidien (un peu au même titre que tabasser des ours), et je pousse mon entourage à en faire de même (le conditionnement, pas les ours). Cet altruisme de l’entraînement, vous vous en doutez bien, me fait également prendre le mors aux dents dès qu’on aborde de près ou de loin des absurdités comme le yoga pour les hommes.

Les raisons qui me poussent à cracher à bout portant sur le yoga sont multiples. Il s’agit, tout d’abord, d’une activité essentiellement féminine : des petits habits moulants, de la relaxation et beaucoup, beaucoup de temps pour réfl échir. Pour qu’une activité physique se mérite des man points, il faut une façon de marquer des points, de se dépasser, de défoncer des objectifs, bref, d’avoir toujours un standard à éclater. Essayez de défoncer vos limites quand l’essentiel de votre activité se résume à prendre la position du pommier desséché. Sans compter que si vous arrivez à me sortir une occasion où être à quatre pattes, le postérieur bien dans les airs, vous aide dans votre vie quotidienne, vous ne faites sans doute pas partie de la démographiecible de cette chronique.

Également, le yoga, avec la vague des activités santés et vertes qui nous frappe de plein fouet, c’est un peu devenu l’activité de facto pour être in.
Le yoga occidental, on l’enseigne un peu comme on cuisine du fast food : pour les masses, et sans la sophistication ou l’essence de la vraie affaire.
Ton businessman quinquagénaire lambda pourra ressortir de son heure hebdomadaire de yoga rasséréné dans ses convictions d’être encore à la page, même s’il n’a même pas conscience de toute la connexion
« corps-esprit », ou peu importe le blabla qu’on sert dans les classes de yoga.

Aussi, n’êtes- vous jamais tombé sur la phrase « Je suis en forme, je fais du yoga » ? Moi oui, à tel point que j’en noie un chaton à chaque fois que je l’entends (Oui, j’ai toujours une réserve de chatons sur moi pour ces petits moments où violenter son interlocuteur n’est pas suffisant). Oui, il y a certains bénéfices physiques à la pratique du yoga, que ces derniers soient dus à un effet placebo ou pas.
Par là, j’entends principalement une flexibilité accrue. Néanmoins, si la fl exibilité est une qualité que j’approuve fortement chez mes conquêtes, il n’y a pas un mâle digne de ce nom qui, lorsqu’il se vante de ses aptitudes physiques, devrait commencer par se targuer d’une grande fl exibilité.
Même sur le plan psychologique, cette fl exibilité renvoie à la féminité.
Les symboles d’excellence mâle sont tous infl exibles : Achille, Conan le barbare, Rambo, Clint Eastwood, que des héros de légende, et il n’y
en a pas un là dedans foutu de se plier devant l’adversité. C’est rare que je vais faire ça, mais je vais citer Jean-François Mercier : « Ça sert à rien d’en avoir une grosse si elle plie en plein milieu ». Essayez maintenant d’avoir l’air d’une montagne de virilité lorsque vous vous identifiez comme un gars fl exible.

Surtout que, être en forme, c’est bien plus que la fl exibilité. C’est la force, l’endurance, la vitesse. Faire du yoga ne fera pas de vous une personne réellement plus en forme, au même titre que de conduire une Smart (tiens donc, un autre concept peu viril) ne fera pas de vous un écolo pur et dur. Si vous faites beaucoup de yoga, la seule transformation qui risque de vous arriver c’est que vous allez vous mettre à écouter du Yanni en portant un costume noir moulant.
On est loin de l’idéal mâle de la forme physique.

Le pire, néanmoins, avec la pratique du yoga pour les hommes, c’est que vous serez toujours associé au mec dépravé qui prend le cours pour zyeuter la jeune instructrice. En espérant pour vous qu’il n’y ait pas trop de matantes new age dans le cours. Même si vous prenez le cours de façon complètement éducative, sans prêter attention au stéréotype du gars qui assiste à un cours de yoga pour, essentiellement, regarder, vous n’échapperez pas au dit stéréotype. Le pire qui puisse vous arriver, c’est de tomber dans un cours avec le gars qui écoute du Yanni avec son costume moulant noir, parce que lui, il va vous zyeuter tout le long.

Albums métal de la semaine
C’est la semaine de relâche, on a donc le droit de se gâter avec 2 albums pour le prix d’un.

Titre : Voice of Wilderness
Artiste : Korpiklaani
Genre : Folk metal
Année : 2008
Quand on part faire la fiesta en pleine nature (chalet compris), deux éléments sont requis : assez d’alcool pour faire tomber un orignal en coma éthylique et du folk metal. Beaucoup de folk metal. Korpilaani, un groupe composé de rince-pintes invétérés, incarne un peu l’essence de cet esprit de déchéance sauvage. Avec des chansons comme Beer Beer, cet album est parfait pour ces moments où vous défoncez l’ivressomètre, et où le compte de bouteilles devient un travail herculéen.

Titre : What We All Come to Need
Artiste: Pelican
Genre: Post-Metal
Année: 2009
Au contraire, si vous faites partie des pauvres malheureux qui restent à Montréal pour étudier en vue de tous les intras qui menacent de vous faire filer un mauvais quart d’heure, une musique de circonstance, sobre et intellectuelle, s’impose. Avec What We All Come to Need, Pelican nous offrent un cinquante minutes de détente. Les guitares somptueusement graves, à la fois surchargées et minimalistes dans leur approche, feront de cet album une excellente musique de fond pour vos multiples pauses d’étude. Se déguste seul, calé confortablement dans un fauteuil.

Image article Ma haine inflexible pour le yoga 701

Mots-clés : Chronique barbare (22)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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