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Pop Montreal, investir de nouveaux lieux

Lorsqu’on veut tout couvrir, Pop Montreal
donne le vertige. Plus de 300 artistes en cinq jours, des dizaines de salles plus ou moins obscures et des partys qui finissent tous les jours aux petites heures du matin. Nos foies nous ont même envoyé quelques signaux d’alarmes avant même la toute dernière soirée du festival.

Enfin, maintenant que ce chaos organisé musical est terminé, l’heure est au bilan.
Ce chaos organisé aura déjà permis de découvrir certaines salles où l’on ne met que rarement les pieds durant la saison « régulière
». Parmi la cinquantaine de kilomètres marchés dans le cadre de ces cinq jours de musique, on aura ainsi eu le plaisir de redécouvrir le légendaire Rialto et sa marquise familière, l’inusité Bain Saint-Michel et sa scène installée dans une piscine ou encore l’église St-Michel.

Lecteur, profites-en pour faire le plein de nouveaux groupes et découvre avec nous une partie de ce que la scène indépendante a de mieux à offrir.

Parce que bien que notre compteur de pièces jouées sur www.last.fm se soit arrêté de tourner pendant ces cinq jours, on a quand même écouté l’équivalent de plusieurs dizaines d’albums. Pour compenser, on laissera iTunes en marche 48h consécutives en espérant que le compteur parvienne à rattraper le temps perdu.

Concerts insolites

Pop Montreal offre chaque année des concerts insolites, que ce soit par leur forme, les groupes qu’on y présente ou les lieux où on les diffuse. Sortir de la salle traditionnelle, repartir à la découverte du Plateau, du Mile End et même de Villeray, on se donne rendez-vous dans des lofts, sur des toits, dans la rue et même dans des appartements, pour vivre des expériences hors du commun.

Tous les soirs du festival avaient lieux des partys jusqu’aux petites heures du matin dans un loft industriel au coin des rues Beaubien et du Parc. Aucun voisin immédiat, aucune plainte à propos du bruit, et des tonnes de décibels pour bien terminer la soirée !
Les Savy Fav, Deerhoof, We Are Wolves et
Holy Fuck sont, entre autre, passés par là.

Holy Fuck

Holy Fuck, je crois, continue encore de résonner dans ma tête. Une guitare et une batterie à fond la caisse, appuyées par deux claviéristes et une tonne de machines parviennent à produire cette musique enivrante, explosive, très expérimentale, voire planante, mais qui s’écoute fluidement.

Duchess Says

Oui, un concert des Duchess Says est toujours surprenant. Mais cette fois-ci, je recevais un texto à minuit pour me dire qu’ils allaient se produire dans un studio industriel de Villeray. Je m’y rends avec une heure de retard sur l’horaire pour apprendre qu’ils n’ont pas encore commencé. On est à peine une centaine à l’intérieur d’un grand salon, avec divans et lumières, pour entendre la chanteuse hurler comme si Satan lui-même était à ses côtés. Des gens se bousculent, d’autres se lancent des morceaux de divan. Perturbant, intimiste. Une expérience à vivre au moins une fois, si on en a l’occasion.

Coups de coeur

Suckers

Dès la première soirée du festival, je me rends à La Sala Rossa pour un programme tout rock-indie avec, en première partie, le groupe New-Yorkais Suckers. Oui, ils font du rock-indie, même si on en a soupé du genre…
n’empêche, c’est drôlement accrocheur !
C’est toujours drôle d’entendre le chanteur se présenter : « We’re Suckers, from Brooklyn
! ». J’imagine qu’ils ont le sens de l’humour.
Un band de « gars » avec un penchant pour le rock joyeux, je ne peux m’empêcher de les comparer à Vampire Weekend, ne serait-ce que pour cette touche world-beat et les rifts cools de guitare.

La tête d’affiche de cette soirée n’est nul autre que Menomena !. Maintenant passé de trois à quatre musiciens sur scène – judicieux choix étant donné la complexité grandissante des nouvelles compositions – ce groupe rock-indie offre une musique riche et de qualité, touchante et prenante, agrémentée d’un saxophone baryton : assez particulier.
Ils étaient de passage pour la troisième fois à La Sala Rossa, qui, comme chaque fois, en gardera un excellent souvenir. À voir la prochaine fois, on imagine, dans une plus grande salle, étant donnée l’ascension fulgurante de ce groupe !

Bonjay

Venu lancer leur mini-album à Pop Montreal
quelques jours avant sa sortie officielle, le duo de Toronto a fait danser tous les curieux et les connaisseurs de la fusion des genres avec son mélange de dancehall, de R&B, de soul, de basses et de beats électroniques.
Déjà choyé par une performance rythmée et à l’image de celle à laquelle on avait pu assister dans le cadre de la dernière édition de
Montréal en Lumière, Bonjay nous en a offert une autre à l’after-party du concert de The xx, au Belmont, cover de Jamelia de Caribou en prime. Broughtupsy, c’est ainsi que s’intitule cet album, est maintenant en vente sur iTunes, Amazon et en magasins. Idéal pour conserver auprès de soi un morceau d’été pour survivre aux mois à venir, à l’image d’un pays aux milles visages.

Li’l Andy

Un chanteur country qui sérénade au sujet du bogue de l’an 2000, mais qui compose également au sujet de thèmes plus traditionnellement cowboy-esques comme les voyages, les femmes hors de portée dans des villes lointaines et la solitude. Une exécution simple mais efficace, laissant toute la place à la voix mélancolique du gentleman au chapeau de feutre.

Bear In Heaven

Une des nombreuses particularités de Pop Montreal, c’est la capacité de nous surprendre avec des concerts surprise à tout moment.
Vendredi, je me rendais au Divan Orange en plein après-midi pour voir et entendre Bear In Heaven, qu’on avait annoncé la veille ! Le groupe de New-York, qui avait lancé l’an dernier l’excellent Beast Rest Forth Mouth, n’a
pas attiré ici une foule nombreuse (peut-être dû au fait que c’était tôt). Tant pis pour ceux qui n’y étaient pas, car il s’agit d’une solide performance.
Excellents du point de vue musical, sur scène les trois gars sont dans leur monde et communiquent peu. Qu’importe, le genre (rock progressif à fond) se démarque quand même de ses contemporains, même d’Animal Collective, souvent cité dans la catégorie progressive/expérimentale. Leurs longues chansons chevauchent plusieurs décennies de musique, si bien que tout parallèle est ardu.
J’adore, et je ne saurais trop recommander au lecteur de les découvrir.

The Dears

The Dears ne sont pas une découverte – ils sont dans les parages depuis plus d’une décennie – mais leur concert à la Mission Santa Cruz était un point fort du festival. Devant une salle pas trop pleine, mais remplie d’amour pour le groupe, ils nous ont balancé intégralement toutes les pièces d’un futur album qui verra le jour d’ici l’an prochain !
Longues compositions beaucoup plus rock que sur Missiles, chansons pop-romantique et balades noires, le retour de Patrick Krief
à la guitare se fait vraiment entendre. Un long concert généreux, terminé par un rappel de 30 minutes avec leurs meilleurs succès, on ne pouvait en demander plus.

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