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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

THINK BIG

Si vous êtes comme moi, un homme, dans la vingtaine, blanc, en santé, hétérosexuel, de la classe moyenne, vous faites partie de la seule catégorie de personne qui n’est pas une minorité et qu’on a encore le droit de critiquer sans devoir utiliser un discours politiquement correct pour les petites oreilles vierges qui se sentent brimées dans leur droit à la dignité ! Avec ce prélude, j’espère que ça découragera tous ceux qui se sentiront discriminés par ma chronique de cette semaine qui brasse toujours vos valeurs. Dites-vous simplement que ceux qui souffrent (déjà souffrir c’est relatif) d’embonpoint ne sont pas moins gros parce qu’on trouve d’autres mots que « gros » pour les nommer.

Je ne dis pas que je suis à l’abri de l’obésité, mais même si j’ai gagné 3 kilos lorsque je me suis retrouvé sur le marché du travail (faut dire que c’était surtout une bedaine de bière, quand t’as une paye régulière, tu t’achètes plus de bières !). Je crois avoir un style de vie, une alimentation et un appétit qui conserveront ma taille svelte. J’ai sans doute un métabolisme qui brûle bien les graisses.

Chère dame, ma copine est bien chanceuse. Prenez note qu’une de mes passions est la cuisine et j’avoue bien humblement me débrouiller. Après avoir travaillé 3 ans comme aide-cuisinier dans un resto thaï, je suis devenu très critique lorsque que je vais au restaurant.
La qualité du service, l’éthique de la table, l’ambiance et surtout le rapport qualité / prix de mon assiette. Par contre, j’ai l’impression que ce dernier critère tendra de plus en plus à se modifier à la baisse selon moi ! Avec la population nord-américaine grossissante (et le Québec fait partie de l’Amérique du Nord), j’ai l’inquiétude que les portions dans les restaurants iront en grossissant, suivant le rythme d’ingestion des gros. Plus tu manges, plus tu grossis.
Plus tu grossis, plus tu manges. Ça, vos parents vous diront que c’est comme la saucisse HiGrade. Le problème, c’est que les restaurateurs ne donnent pas de la nourriture gratuitement. Les buffets comme les restaurants classiques augmenteront leurs portions, oui, mais aussi leur prix. C’est bien normal. Je ne suis pas assez utopiste pour croire que la raison d’être des restaurateurs est d’être là pour nourrir le peuple. C’est bien sûr pour faire de l’argent !

Bref, c’est encore les hommes blancs relativement jeunes et en santé, hétérosexuels de surcroit, qui devront subir les conséquences des pauvres minorités victimes. Mais tout ça, je l’ai dit vite fait un peu plus haut. C’est une question d’éthique à table et de respect de la nourriture. Oui, le respect de la nourriture, parce que ce n’est pas automatique d’avoir de la nourriture dans nos assiettes. En arrière de ça, il y a des agriculteurs et des éleveurs qui se fendent le cul en mille, 25 heures par jour, 366 jours par année pour essayer de survivre dans un marché où le consommateur n’a aucun respect pour les produits locaux, du terroir et de bonne qualité. On le constate lorsqu’on voit des gens l’été se bourrer de fraises de Californie, alors qu’il y a des fraises du Québec largement meilleures. Ça, c’est bon pour les pommes, les bleuets, les tomates, les poivrons, les oignons verts (parce que ce ne sont pas des échalotes) et j’en passe. J’en conviens, le consommateur a son rôle à jouer, mais les magasins à grande surface qui jouent un semblant de rôle d’épicerie y sont pour beaucoup. Quand les directives des dirigeants à Toronto de ces multi-nationales ont des ententes avec des fermes aux États-Unis ou même ailleurs au Canada, c’est vraiment se foutre du Québec au grand complet que d’offrir des fraises californiennes l’été.

Autre exemple du non-respect de la nourriture. Lorsque les gens sont au restaurant et qu’au bout de 4 minutes 38 secondes, ils ont terminé leur repas parce qu’ils l’ont ingéré de la même façon que Takeru Kobayashi (l’ancien champion de mangeur de hot-dog).
Le présent annonce un avenir désespérant avec les enfants de la ville (pas tous, mais de plus en plus)
qui penses que la viande vient des emballages de styromousse, du lait qui vient des cartons et des pommes qui viennent du présentoir. Dans la pyramide de Maslow, se nourrir fait partie des besoins primaires. Malgré notre capacité à communiquer, nous demeurons des animaux. Les seuls animaux qui n’utilisent pas leur capacité à communiquer pour transmettre à leurs enfants le savoir de l’alimentation. Comment se nourrir ? Comment s’auto-suffire ? On a perdu le contact direct avec ce qui nous permet tous de survivre. La nature, l’eau, la nourriture. Vous avez ri lorsque vous avez entendu parler du projet de poule urbaine ? Vous faites probablement partie de ceux qui on l’étroitesse d’esprit de ne pas voir là l’opportunité d’avoir une source d’alimentation à un prix extrêmement bas, l’opportunité de réduire la distance des aliments qui se rendent dans notre assiette (qui se situent à environ 3000 km), mais surtout l’opportunité de reprendre contact avec ce qui nous permet de vivre et d’enseigner aux plus petits l’origine de la vie ! C’est comme ça qu’on se met à respecter ce qui se trouve dans notre assiette, à déguster, à savourer, à manger lentement et à ne pas prendre la bouffe pour de l’abondance et à s’empiffrer à en exploser, pour ensuite ne pas vouloir entendre la vérité… que vous êtes gros !

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