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Journal, TV ou Internet… lequel est le plus écolo?

Comment peut-on se prétendre activiste dans le domaine de l’environnement si on encourage un journal étudiant tiré à 3000 exemplaires
? Au fait, demandons-nous les vraies choses… Est-ce que PolySphère, le comité environnement étudiant de Polytechnique, est hypocrite en encourageant la consommation de papier via sa chronique hebdomadaire ? L’opinion populaire peut laisser croire que la télévision et Internet sont à coup sûr des médiums plus écologiques pour s’informer. D’un autre côté, on peut toujours apaiser notre conscience en prétendant que l’impact positif qui découle de la transmission d’information est supérieur aux conséquences néfastes reliées à l’utilisation et à la production de la présente section dans le Polyscope. Cependant, pour les êtres obscurs de ce monde qui aiment quantifier tous les phénomènes imaginables (pensons aux gningnénieurs !), il y a moyen d’argumenter sur la position écologique du journal dans l’accès à l’information.
La clef repose dans l’analyse du cycle de vie.

Une étude publiée dans le Journal of Industrial Ecology analyse l’impact environnemental du journal, de la télévision et de l’Internet selon deux unités fonctionnelles. Autrement dit, le recours à ces médiums est soit relié à l’information contenue dans un item spécifique ou bien à son utilisation pour être au courant de l’actualité. Deux analyses sont donc effectuées en parallèle en considérant le coût complet sur tout le cycle de vie. En effet, toutes les étapes menant à l’utilisation et à la production des produits sont tenues en compte.
Pour un journal, l’analyse couvre l’impact de l’encre, des produits chimiques, du processus d’impression et, bien entendu, du papier. Même la provenance de la pâte à papier et le nombre de lecteurs pour un même journal sont importants.
En ce qui concerne le médium Internet, il faut prendre en considération les ressources attribuées par les serveurs, le transfert de données via les routeurs et même l’utilisation et la fabrication de l’ordinateur. Bref, sans énumérer exhaustivement les différents facteurs, il est inutile de préciser qu’un bon nombre d’entre eux nous échappent lorsque nous utilisons ces médiums. Pour un environnementaliste extrêmiste, il y a moyen de faire des crises d’angoisse pour le nombre de recherches Google effectuées dans une journée !

Les résultats obtenus sont illustrés dans la figure ci-après. Pour l’unité fonctionnelle basée sur la quantité d’information contenue dans un item spécifique, le journal est couronné le plus écologique puisqu’il y a une petite quantité de ressources reliée à son existence physique.
Pour ce qui est de l’unité fonctionnelle basée sur le critère d’être au courant de l’actualité quotidienne, la production du journal a un impact beaucoup plus grand avec tout le gaspillage que cela implique. La télévision serait le médium à prévilégier. Cependant, tout cela est relatif de la provenance de l’énergie utilisée.
L’étude a été réalisée en Suisse qui a recours à beaucoup d’hydroélectricité comme au Québec. Avec une situation énergétique différente, l’impact des médiums technologiques augmentent beaucoup puisqu’ils sont en fonction de leur utilisation.

Enfin, je vous invite à vous référer à l’étude en question pour avoir plus de détails. En attendant, n’hésitez pas à lire spécifiquement Les nerfs en sphère et à refiler le Polyscope à votre ami !

Référence

REICHART, Inge et Roland Hischier.The Environmental Impact of Getting the News, « Journal of Industrial Ecology », Vol 6, No 3-4, pp.185-200.

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