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Boardwalk Empire – Le grand retour du crime organisé

Depuis la dernière décennie, l’univers du monde de la télévision a énormément évolué. Fini l’époque où chaque épisode d’une série est un tout, où les épisodes se succèdent et ne se ressemblent pas et peuvent même se regarder de manière indépendante.

Les séries et le cinéma ne se ressemblaient pas et faisaient partie de deux genres entièrement différents, aucunement comparable.

Aujourd’hui, cette pensée a évolué notamment grâce à la chaîne de télévision américaine HBO qui a tenté (et avec succès) de réinventer la manière de regarder la télévision.
En effet, (même si elle n’est pas la seule à l’avoir fait dans les dix dernières années) elle est celle qui a crée les séries les plus dignes d intérêts aujourd’hui. Je pense notamment à The Wire crée en 2002 et achevée en 2008, dans laquelle nous est relatée l’histoire de la vie à Baltimore à travers la corruption, les trafiques de drogues, les efforts policier, … Ou encore Mad Men diffusée depuis 2007 et Les Sopranos achevée la même année. La particularité de ces séries est qu’elles sont en réalité comparables à un long film (de 60h pour The Wire), chaque épisodes ne peut se regarder seul et la série prend tout son sens lorsque la saison se termine voir même la série entière. Ce nouveau concept de
« long » film permet ce que le cinéma ne pourra jamais : la possibilité de rassembler des populations derrières des personnages auxquels on s’assimile et à travers des histoires qui prennent des allures de romans. On pourra retenir l’exemple du président américain Barack Obama qui a déplacé son discours sur l’état de la nation pour laisser les gens regarder le premier épisode de la saison finale de Lost.

C’est dans ce contexte d’un renouvellement de la nature même de la série, que de nombreux noms du cinéma vont s’y intéresser depuis quelques années, par exemple Steven Spielberg s’y est essayé avec Band of Brothers ou plus récemment avec The Pacific. Mais aussi Kathryn Bigelow récemment primé pour the Hurt Locker. Les acteurs aussi s’intéressent aux série avec par exemple Joseph Fiennes (Shakespeare in love) personnage principal de fl ashforward ou encore Gary Sinise (Forrest Gump, Snake eyes, …) dans les Experts NYC.

Le dimanche 19 septembre 2010, c’était au tour de Martin Scorsese (Taxi Driver, Casino, …)
accompagné de Steve Buscemi (Fargo, Armageddon, …) et de Michael Pitt (The dreamers, Funny Games, …) de faire leur entrée dans l’univers de la télévision, avec la nouvelle série d’HBO Boardwalk empire.

Celle-ci prend place à Atlantic City en 1920 au moment de l’entrée en vigueur du Volstead Act qui signa le début de la prohibition. Enoch Thompson (Steve Buscemi) est homme politique très infl uent qui voit cette interdiction comme un moyen certain de s’enrichir soit en créant des distilleries clandestines, soit en organisant un trafique avec le Canada.

Si l’on comprend vite que la série aura pour trame de fond cette mise en place du crime organisée à Atlantic City, on comprend aussi que le but de celle-ci sera de « peindre » une fresque historique, de faire découvrir une société en plein changement au lendemain de la première guerre mondiale.

La reconstitution de cette époque pour une oeuvre télévisée est impressionnante, allant des décors jusqu’à
la musique d’époque en passant même par la réédition de journaux, tout est reconstitué parfaitement jusque dans les moindres détails.
Outre la reconstitution, on remarquera un bel effort dans la mise en scène (chose extrêmement rare à la télévision) mais dans un sens attendu venant de Martin Scorsese.
On relèvera tout de même certaines scènes parfaitement maîtrisées comme l’assaut de la police sur la fausse distillerie (faisant penser à une scène du récent Public Enemies de Michael Mann) ou encore la mort de Colosimo. Même la musique y est parfaitement employée, la voie mélancolique sortant du gramophone souligne aussi bien le caractère ambivalent de Thompson lorsqu’il regarde avec affection le sort d’enfants prématurés, que l’humeur sociale à Atlantic City.

Ce premier épisode d’une durée d’une heure dix (par la suite les épisodes dureront probablement cinquante minutes), qui permet la mise en place de l’histoire et la présentation des personnages principaux est absolument passionnant de bout en bout. Regrettant l’absence depuis quelques années au cinéma des films sur la mafia et de l’univers Des Incorruptibles de Brian De Palma, Boardwalk empire m’a fait jubilé et j’attends avec impatience de découvrir la suite. Même si il est difficile d’affirmer la qualité future de la série (la présence de Martin Scorsese assure tout de même un minimum d’effort dans l’écriture ou dans la mise en scène), il est certain qu’elle ne passera pas inaperçu et le premier épisode mérite au moins le détour.

Mots-clés : Cinéma (60)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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