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Information mi-maigre

Soyez franc. Avez-vous vraiment l’impression de faire partie de la société ? Avez-vous vraiment l’impression que vous êtes au courant de ce qui se passe ? En fait, êtesvous satisfait de ce qu’on vous offre comme information ? Si votre source d’information principale c’est le site msn.ca, il y a peut-être un problème, parce que vous ne pouvez pas vraiment répondre à la question ! Par contre, si vous écoutez le Téléjournal ou bien le TVA nouvelles, si vous lisez La Presse, Le Devoir, L’Actualité et que vous n’avez pas encore d’opinion après environ 2 ou 3 semaines sur les gaz de schiste, là ce n’est pas vous le problème. Je considère que pour un étudiant / travailleur
/ adulte / citoyen / numéro d’assurance sociale / numéro de matricule
/ assez beau bonhomme merci, je suis assez soucieux de m’informer sur ce qui se passe dans l’actualité pour essayer de me faire une opinion éclairée.

Je remarque qu’il existe une relation entre la qualité de l’information en fonction des années qui passent et de la soit-disant variété d’informations. On est bombardé d’information de toutes sortes, j’en conviens, mais les gens normaux sont des travailleurs avec soit des enfants ou soit une vie sociale, des obligations et beaucoup de devoirs qu’ils ne remplissent pas toujours (je ne parle pas seulement des devoirs de probabilités qui demandent 20 heures de travail sur une fin de semaine pour compléter 2 numéros sur 5 !). Ils n’ont pas le temps dans les 24 heures d’une journée pour écouter les LCN de ce monde pour avoir l’heure juste (ne vous en faites pas, ce n’est pas satisfaisant de toute façon d’écouter cette chaîne). Pour en revenir à notre fonction, la pente est bien sur négative. Plus les années avancent, plus on a accès à de l’information, mais moins l’information est pertinente.
Les gaz de schiste. Grâce à PolySphère et au Polyscope, vous avez eu droit à un dossier de 2 pages sur le sujet. Et pour une fois, ce n’était pas de l’information du genre : la ministre de ci qui veut un moratoire parce que ce n’est pas bon et le ministre de ça qui dit que c’est bon pour le gros cash. Pourquoi on ne ferait pas un topo du genre : les méthodes d’extraction, le pouvoir énergétique comparé à d’autres sources, le pouvoir de réchauffement comparé à d’autres sources, la valeur sur le marché national et international, les réserves, un portrait des compagnies intéressées à exploiter la ressource et j’en passe. Juste avec ça on en a pour une semaine de TVA nouvelles et croyez-moi, on va survivre à ne pas savoir qu’il y a eu un feu dans le quartier Rosemont ou que le voisin de la victime d’un meurtre passionnel ne comprend pas parce que « c’était tellement un bon gars, y’aurait pas fait de mal à une mouche ».

Au Québec (parce que c’est ce que je connais), on aime se faire harceler avec la même nouvelle pendant 3 semaines sans réellement en parler. Comme ça, on est tellement écoeuré d’en entendre parler avant même de connaître vraiment les enjeux du problème, qu’on n’a pas à le régler, on le remet à plus tard ou entre les mains des autres. Au pire, on y fera face quand il sera trop tard et, au mieux, ça se règlera par soi-même d’une façon artisanale ou très coûteuse (pensons aux accommodements raisonnables et la commission Bouchard-Taylor qui n’a
absolument rien réglé).

Peut-être aussi qu’une des raisons pourquoi nous avons une carence d’information de qualité, c’est parce qu’il y a beaucoup de sources gratuites. Par exemple, le journal Métro ou 24h. Tous les deux distribués quotidiennement.
Pour vivre, ces journaux doivent bourrer plus de la moitié du journal de publicité.
Ceci a comme impact de diminuer la qualité du contenu… pas forcément, mais disons que ce n’est pas dans ces journaux qu’on va vraiment pousser la réfl exion. Voyons ça comme un journal qui nous met en bouche les thèmes de l’actualité. Il faut ensuite complèter ailleurs notre soif ardente d’information.
Ceci étant dit, je ne crois pas que l’information devrait être payante bien au contraire. C’est tout de même une grande contradiction que si on ne paie pas, on n’a pas droit à de l’information de qualité. À l’exception des sites web des jounaux quotidiens payants (si on ne considère pas le coût d’un ordinateur et d’un abonnement Internet), toute source crédible est payante. Même la télé est payante. À ceux qui me répondront que personne n’est obligé de payer un câblodistributeur… d’ici le mois d’août prochain, il n’y aura plus de signal analogique pour vos oreilles de lapin !
J’en ai parlé un peu dans ma chronique sur Google d’il y a 2 semaines.
Un élément primordial dans la qualité de l’information c’est la diversité. La diversité des sources, la diversité des angles de traitement des sujets, la diversité des sujets. J’ajouterais également la pertinence des contenus. On a beau avoir une diversité de sources : LCN, RDI, La Presse, Le Devoir, le Journal de Montréal, le Téléjournal, le TVA nouvelles, Dumont 360, le 98,5 FM, msn.ca, le Twitter de Denis Coderre… si on parle pendant 10 minutes toutes les 12 minutes que Pat Burn n’est pas réellement mort, nous ne sommes pas des citoyens plus informés et ça relève de l’exploit de se faire une opinion juste. En ce qui me concerne ce n’est pas la quantité qui m’importe, mais définitivement la qualité de l’information.

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