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Protour Montréal-Québec

Par Olivier Jolicoeur

Les 10 et 12 septembre derniers avaient lieu les deux premières épreuves du Protour en Amérique, soit le Grand-Prix de Québec et le Grand-Prix de Montréal. Après un Tour de France 2010 exceptionnel, les amateurs de vélo québécois étaient impatients à l’idée de voir les meilleurs cyclistes au monde s’affronter chez eux, sur deux circuits urbains redoutables.

À Québec, c’est Thomas Voeckler qui s’est imposé sur la Grande-Allée après un effort de plus de 4h30. Malgré ses grandes ambitions, le canadien Ryder Hesjedal, protagoniste d’une échappée dans l’avant dernier tour de l’épreuve, n’a pu suivre le rythme du français lorsque son groupe fut repris à un peu plus d’un kilomètre de la ligne d’arrivée. Voeckler, s’étant détaché seul, est parvenu à résister au retour des favoris. C’est donc tout sourire qu’il s’est présenté au fil d’arrivée, une seconde à peine devant Edvlad Boasson Hagen et Robert Gesink. Hesjedal a pour sa part terminé au pied du podium.
Dès le lendemain, tous les coureurs s’étaient déplacés du côté de Montréal en vue de la course du dimanche.
Cette date, le 11 septembre 2010, était inscrite dans mon agenda depuis belle lurette. C’était l’occasion rêvée d’espérer rencontrer des coureurs du Protour qui sortiraient faire une reconnaissance du circuit.

Ce circuit est en fait une boucle bien connue des cyclistes montréalais : l’ascension de la voie Camilien-Houde, la descente sur Remembrance puis sur Côte-des-Neiges, la montée du chemin de Polytechnique, la descente du chemin de la Rampe pour finalement rallier la ligne d’arrivée sur l’avenue du Parc en empruntant Édouard-Montpetit et Côte-Sainte-Catherine.

C’est donc avec de grandes ambitions que mon ami et moi nous sommes rendus sur le circuit dans l’idée d’y
rencontrer des pros. À notre première ascension de Camilien, rien à signaler si ce n’est qu’un achalandage exceptionnel sur le Mont-Royal. Nous basculons donc et nous dirigeons vers le chemin de Polytechnique. Là, les choses deviennent intéressantes. Nous montions à notre rythme (bien relax, en 1-1, autour de 12-13 km/h) lorsque 2 fusées passent à côté de nous. Même pas le temps de se mettre en danseuse que les gars ont déjà 50 m d’avance.
Sans blague, ils devaient avancer à au moins 25 km/h. Incapable d’identifier clairement les coureurs, nous pensons qu’il s’agissait de Dominique Rollin et d’un autre coureur de l’équipe canadienne.

Arrivés en haut, nous attendions un ami lorsque s’est dessiné au loin un groupe de 6 ou 7 cyclistes qui avançaient beaucoup trop vite pour être de simples amateurs du samedi. Il s’agissait des gars de l’AG2R. À peine étaient-ils arrivés que notre ami se pointe. Pas besoin de vous dire qu’on a alors enfourché nos vélos et pédalé comme des fous jusqu’au pied du Mont-
Royal pour tenter de les rattraper. Et justement, au pied de Camilien-Houde, nous les voyons attendre au feu rouge.
Quelle chance ! Il s’en suivra ma plus belle ascension du Mont-Royal à vie !
Parti avec un bon 200 m d’avance, je pédale comme je n’ai jamais pédalé, histoire de les voir me reprendre le plus loin possible. J’ai réussi à tenir jusqu’au bout du faux-plat (environ au tiers de l’ascension) et c’est là que j’ai réalisé à quel point ils sont de véritables machines humaines. Sans même avoir l’air de souffrir, assis tranquillement sur leur vélo, en reconnaissance du circuit, ils m’ont dépassé un à un. C’est là que j’ai réalisé que pour eux, le Mont-Royal, ce n’est qu’une colline. Une colline que l’on franchit assis sur son vélo, doucement, à presque 20 km/h. Qu’importe, en les voyant s’éloigner, je me suis mis à rêver qu’un jour, ce serait peut-être moi qui monterait comme cela. Mais le rêve n’a
pas duré trop longtemps car pour moi, Camilien, c’est tout sauf une colline et il fallait que je continue à pédaler pour me rendre au sommet.

Avant cette sortie, je ne savais pas trop où je me situais face aux pros. Je m’entraine depuis le début de l’été et mon record personnel sur Camilien-Houde est de 6 minutes 30.
Il est évident que les gars de l’AG2R, sans grincer des dents, ont fait un temps autour de 5 minutes 30. Mais le lendemain, j’allais avoir la réponse absolue : Robert Gesink, sur sa 16e ascension de la journée, a réussit à faire un temps d’environ 3 minutes 40… Incroyable !

Justement le lendemain, bien installé dans la côte du chemin de Polytechnique, j’ai assisté à l’épreuve.
J’ai encore une fois été impressionné de voir à quelle vitesse ils escaladent cette autre bosse. Parfois sur les gros plateaux, on en oublie presque qu’ils sont en train de monter une côte de 11 % ! À la mi-course, je me suis dirigé vers le boulevard Édouard-Montpetit où j’ai eu l’occasion d’attraper des bidons.
Au dernier tour, Gesink est passé seul, à une cinquantaine de mètres d’un petit groupe composé notamment de Ryder Hesjedal. J’ai appris plus tard que cette légère avance lui avait été suffisante pour remporter l’épreuve devant Peter Sagan et Ryder Hesjedal.

Bref, j’espère que la tenue du Protour au Québec est là pour rester (pour l’instant il y a des ententes jusqu’en 2015), car ce fut une superbe fin de semaine pour tous les amateurs de vélos. Une seule mise en garde : l’an prochain, c’est moi qui dépasserai les gars de l’AG2R sur les pentes de Camilien-Houde !

Image article Protour Montréal-Québec 659

Mots-clés : Autres sports (6)



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