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Inception : la déception rêvée

Dom Cobb (Leonardo Dicaprio)
est un « extracteur »,
c’est-à-dire qu’il est capable de s’introduire dans les rêves d’individus afin de leur voler leurs secrets.
Appelé par une multinationale, il doit cette fois ci pratiquer, lui et ses experts,
« l’inception » c’est-à-dire implanter une idée dans l’esprit d’un puissant patron afin de lui faire changer ses plans.

Sur le papier, le film est assez tentant, réalisé par Christopher Nolan auteur des célèbres Dark Knight et Memento, proposant une histoire des plus originale avec peut-être à la clé des réfl exions philosophiques sur la nature du rêve et sur la confrontation rêve ou réalité. En outre, je pensais alors vivre une nouvelle expérience, un mélange intelligent entre un film d’action et un film de réfl exion comme l’a été Matrix à son époque.
Seulement voilà, si mes attentes étaient effectivement grandes (peutêtre trop ?), lorsque le film était terminé je n’ai pu ressentir autre chose qu’un sentiment de déception. En effet, au bout de 2h30 de film, seul l’impression d’avoir vu un bon blockbuster « intelligent
» reste en mémoire.

Bon blockbuster, car le film nous livre ici pendant presque toute sa durée un enchaînement de scènes d’action remarquables notamment grâce à des effets visuels impressionnant (la transformation de Paris, les corps fl ottants…).
Joué par les « stars » du moment (Leonardo Dicaprio, Marion Cotillard, Ellen Page,…) qui remplissent très bien leur rôle bien que sans consistance réelle.
Le problème est que 2h30 de scènes d’action en tous genres (fusillades dans les montagnes, combat en apesanteur, poursuite,…) avec des acteurs, pour qui l’on pourrait certes ressentir de la sympathie, ne suffisent vraiment pas à faire un film et conduit même par certains moments à ressentir de l’ennui.

Cependant, l’histoire sur laquelle se construit le film part sur une base plutôt intéressante qui sera malheureusement trop peu développée. Effectivement, si l’histoire du film paraissait compliquée, il n’en est rien en réalité à moins de ne pas comprendre le concept du rêve à l’intérieur du rêve. Mais l’idée, même, si elle n’est pas si révolutionnaire que cela, reste très intéressante puisqu’originale.
Et certaines propriétés du rêve sont utilisés pour nous offrir des scènes extrêmement divertissantes, comme par exemple l’emploi du fait que le temps écoulé dans un rêve n’est pas le même que celui écoulé dans la réalité va permettre de donner naissance à un final plutôt impressionnant.

Si l’aspect philosophique est finalement peu approfondi au profit de l’action. Il n’en reste pas moins que la partie avec Mal (Marion Cotillard) la femme décédée de Cobb, où se pose la question de savoir si la réalité dans laquelle nous vivons serait un rêve. Est selon moi la partie la plus intéressante du film, elle est traitée d’une manière plus sordide que le reste introduisant les inquiétantes et vertigineuses limbes, permettant à Leonardo Dicaprio d’interpréter un personnage des plus torturé, un rôle qu’il rempli très bien depuis Aviator et plus récemment Shutter Island. Et simplement parce que cette question sur la réalité ainsi que la manière dont cette partie est traitée, est à mon avis bien plus intéressante que le rêve à l’intérieur du rêve, thème finalement récurrent au cinéma et se déclinant sous plusieurs formes (les rêves prémonitoires de Destination Finale ou encore les rêves lucides de La Science Des Rêves (2006)).
Nous savions déjà que Christopher Nolan aimait peindre des personnages psychologiquement tourmentés (l’amnésie dans Memento, les changements de personnalité de Christian Bale dans The Prestige,…). Il continue ici avec le personnage plutôt intéressant de Dom Cobb joué par Leonardo Dicaprio à défaut des personnages secondaires qui restent plus ou moins transparents tout au long du film.

Pour ma part c’est avec un certain regret que le film n’atteint pas ses promesses, malgré la beauté visuelle d’Inception et la prestance de l’acteur principal, celui-ci reste un film hautement divertissant (bien que long par certains moments) mais qui ne remplira aucunement votre soif de réfl exion. Il faut tout de même reconnaître la volonté de Christopher Nolan à vouloir apporter quelque chose de nouveau dans le paysage du cinéma d’action, tous ses films sont des pures divertissements et possèdent chacun une part de réfl exion, chose pas si récurrente dans ce genre de cinéma.

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Mots-clés : Cinéma (60)



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