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Le Guide du cassage de face

Avec un titre comme le mien, les observateurs les plus avisés déduiront que ma méthode de résolution de confl its préférée n’est pas la médiation, tranquille, autour d’une tasse de thé avec le p’tit doigt levé. En effet, je considère vital pour tout bon gros barbare qui se respecte de posséder des bases solides de combat à mains nues (ce qui est bien vu d’appeler «
Auto-défense » en société). Or, ce qu’on observe, c’est que beaucoup de soi-disant vikings modernes et autres poilus du même acabit ne savent pas comment, par exemple, appliquer ou se défaire d’une clé de bras. Un tel état est tolérable (et attendu) chez les fruités qui vénèrent Xavier Dolan et qui écoutent du Indie pop en savourant leur yogourt aux pêches. Cependant, si vous vous prenez pour un poilu de premier ordre (et les chances sont élevées si vous êtes un assidu de ma chronique),
que la viande est le seul groupe alimentaire que vous reconnaissez et que vous écoutez une quantité très saine (lire, énorme) de Heavy Metal, je vous ai rédigé ici un petit guide du où, quand, comment s’y prendre afin de mériter son titre de barbare à temps plein.

Le conditionnement physique

Si vous voulez apprendre à éclater des tronches, la mise en forme physique est nécessaire. Il n’est pas question ici d’une petite mise en forme de fillette, clairsemée de yoga et de marche rapide. Ce n’est pas nécessaire de peser 100 kilos de muscle pour commencer une discipline martiale, même que je n’ai que rarement rencontré des culturistes qui savaient donner un coup de poing décent.
Néanmoins, la forme physique est la base de l’entrainement martial, et je suggère fortement de développer son endurance musculaire et cardiovasculaire avant d’entreprendre son apprentissage. Après, vous faites comme vous le sentez, mais si vous avez l’endurance d’un enfant postobèse, vous risquez de trouver les leçons très douloureuses, surtout si votre partenaire d’entrainement est un psychotique de ma trempe.

Le choix de la discipline

Nous sommes chanceux, il y a une multitude d’écoles d’arts martiaux pertinentes à Montréal. Reste que, parmi cette marée d’écoles, il faut filtrer la mauvaise herbe, et Odin sait qu’il y en a beaucoup. Toutes les disciplines sont, dans une certaine mesure, pertinentes, mais certaines le sont beaucoup plus que d’autres.
À titre d’exemple, les arts acrobatiques, comme le taekwondo, c’est peut être marginalement utile pour impressionner la voisine quand vous faites un triple backfl ip ou je ne sais quoi comme truc tape-à-l’oeil, mais ça demeure, essentiellement, de la gymnastique

Ce que vous devez rechercher, ce sont les arts/écoles où les entrainements sont si violents que vous avez mal pour ceux qui pratiquent ledit art martial. Dans le genre, il y a le Kajukenbo, dont la philosophie, au début, se résumait par « L’entraînement n’est pas fini tant qu’il n’y a pas de sang sur le sol ». Il y a aussi le Muay Thai, forme de boxe originaire de Thaïlande, capable de transformer n’importe quel guignol en usine à knock-out explosifs.
Ne vous laissez pas avoir par la promotion qu’on fait autour d’un art martial, cependant. Pour reprendre l’exemple du Muay Thai, enseigné dans une multitude de centres à Montréal, j’ai vu des écoles l’enseignant avec une violence presque effrayante, et d’autres qui ne le présentaient que comme du kick-boxing glorifié. Bref, si vous n’avez pas l’impression que vous pourriez avoir sérieusement mal pendant l’entraînement, c’est sans conteste une école de petites filles pré-pubères (et donc à éviter, cela va sans dire). Malheureusement, les bonnes écoles sont rares, surtout pour les styles plus exotiques. En plus du Kajukenbo et du Muay Thai, deux autres arts martiaux pertinents enseignés à Montréal sont le Sambo (une forme de lutte russe terrifiante) et le Krav Maga (un art martial foutrement efficace originaire d’Israël). Bon, la seule école de Sambo est à Verdun, mais c’est une autre histoire.

Album Métal de la semaine

Album : The Arrival
Artiste : Keith Merrow
Genre : Technical Instrumental
Année : 2009
Keith Merrow, c’est toute une trouvaille pour moi. Ce guitariste de 30 ans produit sa propre musique dans son sous-sol, et ça sonne aussi bien que s’il avait payé 5000$ pour être mixé par un professionnel. La composition en elle-même est délicieuse et débordante de subtilités : il y a fort à parier que vous n’avez jamais entendu de 5/4 plus insidieux que le refrain de Io.
Et, comble du bonheur, aucun chanteur pour nous bousiller la vie, que du gros Djent bien soigné (le Djent étant un terme technique pour désigner ce type de son de guitare, l’équivalent du Chug chez le Thrash). Cet album est disponible gratuitement sur son site, en plus, donc si vous aimez le métal et que vous ne vous êtes pas gâtés avec ce magnifique album, vous vous méritez un genou dans la tronche.

Image article Le Guide du cassage de face 644

Mots-clés : Chronique barbare (22)

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