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Les risques de la militarisation de l’aide humanitaire

« Mélanger les actions militaires avec l’aide humanitaire crée une confusion chez les populations et chez les combattans.
On n’envoie pas un pretre ou un soldat faire le travail d’un médecin. Un médecin est un médecin. Un prêtre est un prêtre. Un soldat est un soldat. »

  • Dr. James Orbinski

L’aide humanitaire (AH) qui est distribuée aux populations dans les pays en guerre est principalement fournie par deux sources: les organizations militaires et les organismes non gouvernementaux. (ONGs) L’AH qui provient des organizations militaires est une éxtension de la politique étrangere de son pays d’origine. Cette importante charactéristique fait en sorte que l’aide de source militaire ne peut pas répondre aux critères par lequels la qualité de l’AH est jugée. D’après Nicholas Morris de l’Universite de Essex:

« Par sa définition même, l’AH ne devrait pas favoriser un certain cote dans un confl it armé. »

Il est impossible qu’une organization militaire puisse fournir une aide aussi impartiale que le veut la definition de Morris car lors d’un confl it armé, le rôle premier de l’armée est de combattre l’ennemi. Les deux rôles sont absolument incompatibles. En janvier 2010, Oxfam et plusieurs autres ONG de plus petite stature ont publié un rapport qui démontrait pourquoi l’approche militaire est incompatible avec les buts de l’AH :
« Dans ‘‘Commander’s Guide to Money as a Weapons System’’ qui est un manuel destiné pour les troupes Américaines en Afghanistan et en Iraq, l’AH est définie comme “une arme non mortelle” qui est utilisée afin de “gagner le coeur et l’esprit des population indigènes afin de faciliter la victoire contre les forces ennemies.” »

Lorsque l’AH est distribuée par des organizations comme l’armée américaine, cette aide est inévitablement perçue comme un danger par les forces ennemies. Pour cette raison, les intentions originales de l’organization militaire importent peu. Si l’aide est vue sous cet angle par les forces ennemies, le progrès apporté aux régions en besoin sera toujours sous la menace d’une attaque et sa stabilité sera toujours temporaire.
Les écoles bâties sous la supervision de forces de l’armée deviendront des cibles pour les insurgés. Les étudiants ainsi que les professeurs seront toujours sous le risque d’une attaque imminente.
La militarization de l’AH est aussi un danger aux travailleurs des ONG qui agissent indépendament de l’armée et d’une facon le plus souvent politiquement neutre. D’après le site web de UN Dispatch, les attaques ciblées envers les travailleurs de ONG ont augmenté de 61% dans la dernière décennie. A cause du role militaire dans la distribution d’aide, les insurgés sont venus a voir les travailleurs des ONG comme des ennemis qui existent que pour leur retirer le pouvoir. Une nouvelle tendance à ne pas différencier entre les deux sources d’AH a vu le jour dans la dernière décennie. Les organizations d’AH légitimes qui suivent la façon de faire traditionelle ont été inclues dans le groupe des organisations qui sont perçues comme ayant des motifs politiques.

Dans une entrevue diffusée sur le réseau de nouvelles Aljazeera, Anne Richard de la Croix Rouge Internationale a declaré qu’elle avait refusé un don monétaire du gouvernement Américain parce que le gouvernement avait imposé certaines conditions avec lequelles la Croix Rouge n’était pas en accord. Recevoir des dons du gouvernement américain aurait ébranlé le status neutre de la Croix Rouge qui est indispensable au bon déroulement de ses projets dans les pays en crise. Cela aurait eu un impact sur la qualité de ses missions et aurait nui à la securité de ses employés.

Comme l’aide qui provient de sources militaires sera toujours considérée comme une tactique militaire ennemie, l’AH devrait etre laissée aux organizations qui n’ont que pour but de simplement venir en aide aux populations en détresse: les ONG. Ces organisations n’arrivent pas dans un pays avec un désir de changer le climat politique du pays pour qu’il soit plus proche d’une certaine norme charactéristique de leur pays d’origine. Leur seul but est de répondre aux besoins de base des populations situées dans des régions instables. Les ONG ne prennent pas de côtés dans les disputes de nature politique dans les pays dans lequels ils travaillent parce qu’ils savent que cela les mettrait à risque and les empecherait d’adéquatement accomplir leurs buts.

Pour l’ONG Médecins Sans Frontieres, une position neutre est êxtremement importante. En 2004, cing de ses travailleurs ont été tués en Afghanistan. L’organisation a ensuite pris la décision de quitter le pays et abandoner 30 ans de travail. Malgré sa longue histoire dans le pays, MSF a dû quitter le pays pour assurer la securité de ses employés. Cet évènement a couté cher au progres qui a été fait en Afghanistan par MSF. La militarization de l’AH et ses effets négatifs sur l’opinion publique a forcé le départ abrupt de MSF. Cette militarization nuit à la productivité des ONG lorsqu’ils fournissent de l’AH, a des effets négatifs sur la securité des employés des ONG et met en danger ceux qui bénéficient de l’AH. Pour maximiser les bénéfices de l’aide et pour diminuer le danger de cette distribution, des organisations politiquement neutres devraient faire la distribution de l’AH.

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