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Old Orchard Beach, sous la pluie

Revenir d’échange change complètement le regard que vous portez sur la ville dans laquelle vous vivez. Tout devient différent et se présente sous un nouveau jour. Je me souviens être allé dans le Maine il y a exactement un an avant mon aventure en Europe, et me voici à nouveau dans cette partie des États-Unis. Petit voyage au sud de la frontière, au bord de la cote atlantique des États-Unis.

Sitôt la démarcation entre les deux pays franchie, ce qui frappe le plus, ce sont les forêts, denses et vertes, mais aussi l’état complètement sauvage de cette région. Contrastant fortement avec le sud du Québec où de nombreuses villes fl eurissent sur la route menant vers les États-Unis, on se rend compte que l’on est au point le plus au nord du pays de nos voisins du sud, c’est-à-dire le coin le plus froid (hormis l’Alaska bien entendu) et inhabité. Les montagnes se dressent, tels d’immenses monuments aux couleurs bleuies par la nature.
Les premières villes sont rencontrées, petits amas de maisons où s’érigent magasin général, stations services, fast-food et vendeurs de voitures. Le temps de prendre une pause et de se requinquer à table, on se rend vite compte que les proportions ont complètement changé. Deux litres de soda, une immense pizza et des serveuses à faire trembler les plus légers d’entre nous sous l’impact de leurs pas sur le sol. Néanmoins, une attitude franche, directe et joyeuse se dégage de ces dames dont le sucre a modifié l’aspect du corps et les menacera du diabète si ce n’est pas déjà fait.

La pluie s’invite à nos côtés le temps de l’aventure, et ne semblera pas nous lâcher de toute la semaine.
Arrivée à Old Orchard sous une averse fraîche d’été, malgré un ciel gris épais.
La ville qui, il y a un an encore, était remplie de touristes, semble quelque peu délaissée, serait-ce la rentrée scolaire ? Le temps peu clément ? Le manque d’argent chez les habitants d’un pays terriblement endetté ? Peu importe, la ville s’offre ainsi à nous, au détour des ruelles, des marchands de glaces et des restaurants offrant des clam chowder : soupe épaisse de pétoncles à la couleur blanchâtre.
Tandis que le soir tombe, tous se dirigent vers la fête foraine de la plage, où les machines à jouer, la musique et bébelles résonnent sans arrêt. Les adolescents viennent en groupe, les amoureux tentent de remporter l’ourson de leur bien-aimée, les mamans sortent les tickets et les pièces au plus grand plaisir de leur petite fille. C’est un monde complètement coupé de la réalité, mais où la joie semble créer une bulle inatteignable : ce sont les vacances, tout va bien !

Sur la plage, les plus aventureux se retrouvent mal pris lors de la marrée descendante, en proie à un océan imprévisible. Avec un début de tempête et des conditions climatiques rendant la mer des plus froides, il ne faut pas longtemps pour que cinq sauveteurs se jettent à l’eau avec leur bouée pour tenter de récupérer trois aventureux, sous les regards d’une dizaine de spectateurs.
Kennebunkport offre une belle escale pour un après midi. Après les clam chowder, voici les lobster rolls, puis les boutiques et les promenades agréables sans soucis. Toujours sous la pluie, mais toujours avec le sourire de voir ces visions déjà connues, enfouies sous une couche de souvenirs encore frais.

Puis vient déjà la fin du voyage. Le retour, emballer les affaires, regretter déjà les films regardés en soirée, les bières dégustées et les toffees engloutis sur une terrasse. La route est à nouveau nôtre, longue, en pleine nature sauvage. Déjà la frontière est passée, puis on arrive vers les travaux des autoroutes du Québec.
Ralentissement, on va devoir attendre.
Peu importe, après cinq jours, le soleil vient de se lever d’entre les nuages, comme pour nous souhaiter la bienvenue.




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