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Rentrée culturelle en demi-teinte à Montréal

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Après une hibernation estivale ponctuée par les grands festivals de l’été (Jazz, Juste pour Rire, FrancoFolies), les organismes culturels phares de la ville reprennent leur activité en cette mi-septembre.
L’OSM, l’OdeM (Opéra de Montréal)
et les Grands Ballets canadiens de Montréal proposent aux spectateurs leur nouvelle programmation, pour le plaisir des mélomanes.

L’été aura été ponctué d’évènements à travers lesquels les amateurs auront vécu des hauts et des bas. Petit retour sur les derniers rebondissements de la vie culturelle montréalaise.

Kent Nagano

Lors du concert d’ouverture de l’OSM le 2 septembre dernier, la nouvelle tant attendue a finalement été révélée
: Kent Nagano et Montréal, une histoire d’amour pour encore au moins trois ans.

Maestro Nagano symbolise à lui seul le dynamisme culturelle de la ville. Ouvert d’esprit, il démontre depuis les dernières années un réel désir de démocratisation de la culture envers le public montréalais en dirigeant de nombreux concerts gratuits et tournées dans le Québec au cours de l’été dernier. Et ce, malgré les fonctions qu’il culmule depuis 2006 en tant que directeur musical de l’Opéra de Bavière à Munich.

Voila maintenant 4 années que la relation entre le maestro et la ville opère, et le prolongement de contrat qui lui a été accordé ne peut être que bénéfique pour Montréal et sa renommée.
Bravo Maestro !

Mais cette bonne nouvelle ne saurait éclipser les briques qui tombent unes à unes sur le monde artiste depuis quelques mois.

Le Projet Noise

Depuis l’inauguration du Quartier des Spectacles il y a un an, bon nombre de salles de concerts ont vu leurs portes se fermer les unes après les autres. La raison ? Une nouvelle loi passée par la ville interdit aux salles de concerts de proposer des concerts à un niveau sonore jugé « trop élevé » .

La sentence a retentit comme un coup de massue au sein de la scène culturelle indépendante quand le 25 mars dernier la police vint annuler un concert à la Société des Arts Technologiques suite aux plaintes d’un résident du quartier. Bilan de la soirée, 12 000 $ d’amende.
Le DJ montréalais Ghislain Poirier s’oppose au Projet Noise, visant la réduction du bruit à Montréal, et défend avec vigueur les intérêts des artistes et des salles de concerts face à la position de l’administration Tremblay. Tandis que le traditionnel Bridge Burner de la fête nationale n’a pu avoir lieu cet été, on regrette les nombreux évènements qui ne pourront être produits ou qui seront baillonés sous peine de sanctions bien trop lourdes pour les organisateurs et promoteurs d’artistes émergents.
Une page bien sombre pour les amateurs, surtout quand on met en perspective la centralisation des évènements culturels qu’impose l’équipe Spectra avec l’inauguration du Quartier des Spectacles en plein centreville.
Le Métropolis ? Le Club Soda ?
Aucune remise en question sonore, ni même d’amende, et ce même si la Société des Arts technologiques et le Club Soda sont voisins de pallier sur le boulevard St-Laurent.

Pour plus d’informations sur le sujet, n’hésitez pas à visiter les sites Internet de Ghislain Poirier, le blogue du Piknic Electronik et les articles parus dans LaPresse.

Affiches

Plus récemment est née une nouvelle controverse au sujet de la promotion de la culture à Montréal.
N’avez-vous pas déjà remarqué les nombreuses affiches collées aux boîtes aux lettres ou poteaux électriques sur les rues ? Faisant partie du paysage traditionnel du Mile-End et de tout autre lieu actif culturellement, ces dernières sont maintenant illégales, et le regroupement C.O.L.L.E. (Coalition pour la libre expression) a vu le jour, ayant comme figures de proue le festival Pop Montreal, la Casa del Popolo, le Cagibi, la Sala Rossa, le festival Fringe de Montreal, Il Motore, Ghislain Poirier, et Win Butler (Arcade Fire), pour ne citer qu’eux.
Suite au rassemblement organisé le 5 juillet dernier, la ville de Montréal a entendu les revendications du collectif COLLE qui réclamait un espace de libre expression artistique visuel, et c’est un ensemble de 500 modules destinés à l’affichage qui serait installé sur les rues.

Dossier à suivre, n’hésitez pas à visiter le site collemontreal.org.

Fermetures

Le visage nocturne de Montréal s’est vu endeuillé de nombreuses fermetures et incidents depuis 2009. Changements de propiétaires, amendes, incendies, une brève énumération des salles qui ont dû cesser leurs activités laisse des frissons parmis les oiseaux de nuits que nous sommes, nostalgiques d’un temps peut être révolu à l’heure qu’il est : Main Hall, Zoobizarre, Kola Note, Saints, Le Spectrum, Black Dot, Le Sergent Recruteur, Cock n’ Bull, Medley et tout récemment le Bar St-Laurent 2, sans oublier les salles de cinéma Le Parisien et l’Ex-Centris font partie des victimes du paysage urbain de la ville.

Pendant ce temps-là, le Festival de Jazz récolte des records d’affluence allant de pair avec des budgets à faire rêver toute organisation artistique (31 millions de dollars)… de quoi remettre en question quelques décisions prises par Montréal, notamment avec l’emphase mise sur les valeurs sures tentaculaires face à la sauvegarde et à la promotion de la scène culturelle indépendante… Pour reprendre un cliché facilement imaginable, David contre Goliath !

C’est donc une rentrée culturelle entachée de nombreux faux pas cumulés au fil des derniers mois qui se présente en ville, éclairée néanmoins par la confirmation de la relation privilégiée qu’entiendra Maestro Nagano avec sa ville d’adoption. Bilan de l’été, 1-3 contre les Montréalais…

Restez au courant des derniers rebondissements de la scène culturelle avec la couverture faite par nos nombreux collaborateurs mordus de concerts au sein aux pages 6 et 7 du Polyscope !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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