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Polytechnique : 6500 unités de puissance

Par Victoria Lakiza

L’ingénieur à l’international, on en entend parler souvent depuis les dernières années.
La mondialisation est rendue chose du quotidien. Quelques entreprises québécoises telles que Bombardier et SNC Lavalin se classent au 1er rang mondial dans leurs expertises respectives tandis que de nombreuses entreprises étrangères sont bien ancrées chez nous. De plus en plus d’ingénieurs voyagent pour le travail et parfois même partent à l’étranger pour des contrats de plusieurs années, tandis que ceux qui restent au Québec se retrouvent tout de même à travailler sur des projets d’envergure internationale, avec des clients et/ou fournisseurs provenant des 4 coins du globe.

Mais qu’est-ce que tout cela implique de plus dans notre façon de faire notre travail ? A priori, rien du tout puisque le mandat explicite d’un ingénieur est d’aller au-delà de la résolution de problèmes techniques et de saisir l’impact de ses décisions au niveau humain, économique, social, culturel et institutionnel. Bon, en pratique tout cela se fait de manière relativement instinctive quand on est chez soi : on ne se pose pas trop de questions parce qu’on connait le contexte, on le vit. On le connaît tellement que lorsqu’on arrive à l’étranger ou qu’on doit travailler avec des partenaires à l’international, on n’a
pas le refl exe de se poser les bonnes questions et on fonctionne selon nos propres normes qui ne s’appliquent souvent pas à l’extérieur de chez nous. En bout de ligne, on ne voit que très rarement l’impact à long terme que l’on peut avoir sur des gens et des communautés. Ceci à la fois pour une communauté qui nous a côtoyé durant la durée d’un projet ou pour celle qui devra vivre les conséquences d’une décision qu’on a prise, parfois même sans s’en apercevoir, à partir de notre bureau climatisé au Québec. Notre approche, notre inconscience de la façon dont nous sommes perçus, notre incompréhension de ce qui se passe autour de nous ainsi que notre seule présence peuvent avoir des conséquences considérables sur nos partenaires de travail et les sociétés qu’ils représentent. Par ailleurs, selon l’Ordre des Ingénieurs du Québec, cela fait partie de notre responsabilité sociale d’être assez compétents pour prendre en compte les divers facteurs non-techniques afin de prévoir et surtout prévenir les potentiels impacts négatifs de nos projets.

Ingénieurs sans frontières Canada (ISF) voit la profession d’ingénieur comme un potentiel pour créer un changement positif dans le monde et par conséquent essaie de développer des capacités et habiletés à considérer ces facteurs non techniques afin de s’attaquer à certains des problèmes les plus complexes et interconnectés tels que la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable, l’accès aux infrastructures, et l’extrême pauvreté.
À l’École Polytechnique de Montréal, ce sont 6500 professeurs et étudiants du premier au troisième cycle qui peuvent faire un changement significatif dans l’exercice de leur profession. Pour l’année 2010-
2011 ISF Polytechnique présentera une série d’activités pour tous ceux qui veulent apprendre, échanger et vivre la profession d’ingénieur global sous le thème de « Polytechnique
: 6500 unités de puissance ».
Pour lancer cette année, nous vous invitons donc à participer à la semaine de l’ingénieur global qui se tiendra du 20 au 24 septembre dans les murs de Polytechnique.

La semaine débutera avec l’atelier
« Eau pour le Monde ». Venez représenter un pays lors d’une simulation interactive des relations internationales qui vous fera découvrir les difficultés auxquelles doivent faire face les différentes nations pour relever les défis de l’accès à l’eau potable. Inscrivez-vous avec vos amis et collègues par courriel au polymtl, ewb.ca. Les différentes conférences offertes vous permettront d’approfondir vos connaissances et votre compréhension des enjeux internationaux. Durant toute la semaine vous pourrez visiter notre exposition de photos au 2e étage du pavillon principal. Au même endroit, venez contribuer aux différentes phases du développement d’un projet d’ingénierie d’envergure internationale en apportant vos idées, visions et commentaires. Le tout se terminera avec une bonne bière au Pub Africain du vendredi soir !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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