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Turbo Crunk

Pour tous ceux qui sortaient un peu à Montréal entre 2006 et 2009 et qui se tenaient au courant de ce qui se passait en ville à l’époque, le nom de Turbo Crunk est synonyme à la fois de beaucoup et de peu de souvenirs.

Toujours chaotiques comme les suites d’un concert annulé de
The Exploited, les soirées mensuelles
Turbo Crunk étaient l’endroit où se rencontraient hip-hop, laptop music
et club music, dans ce qui constituait, entre autres, l’ébauche, tout comme l’âge d’or, de ce que l’on nomme encore aujourd’hui de façon ambiguë
lazer bass ou street bass.

De leurs humbles débuts au
Zoobizarre jusqu’au chaos du Club Coda, qui ont tous deux fermé leurs portes depuis, ces soirées ont permis à plusieurs artistes d’émerger et de se façonner une identité auprès du public canadien. Parmi ceux-ci se retrouvent notamment Lazer Sword,
Nosaj Thing et The Glitch Mob, qui ont pour la plupart été introduits au pays par le biais de l’équipe de Turbo Crunk, à savoir Megasoid, Lunice,
Ango, Hovatron, Seb Diamond et
Grand Mal.

Pourquoi toute cette mise en situation ? Par nostalgie ? Non, parce que bien qu’il s’agisse là d’une période légendaire pour Montréal, le passé demeure le passé, et il vaut mieux vivre dans le contexte actuel plutôt que d’errer dans des souvenirs.

Non, cette mise en situation n’est que pour tenter d’illustrer ce que symbolisait la tenue d’une nouvelle soirée
Turbo Crunk sur le modèle d’antan, actualisée à la saveur d’aujourd’hui.
Exemple parfait de cette mise à jour : c’est dans les murs du Warehouse que s’est déroulé l’évènement, à l’endroit-même où le Club Coda hébergeait jadis la débauche avant de mettre la clé sous la porte au début de 2009.

Toute l’équipe s’est ainsi réunie le vendredi 27 août dernier, comme s’il s’agissait de retrouvailles en famille pour célébrer l’arrivée d’une nouvelle année. Accolades, shooters, exclamations de joie.

Il faut dire que les artistes n’avaient pas partagé la même scène depuis la fermeture du Coda, malgré quelques rares apparitions de certains aux côtés d’autres dans le cadre de différents évènements de la métropole et de ses environs.

Il était difficile de précisément savoir à quoi s’attendre de la soirée, entre autres puisqu’il n’y a que peu de nouveau matériel de la tête d’affiche (Megasoid) qui soit parvenu à se frayer un chemin jusqu’à nos oreilles depuis le départ de Speakerbruiser Rob pour Vancouver, d’ailleurs seul aux commandes du projet depuis le départ de Hadji Bakara. Certes, on avait une bonne idée de ce que réservaient la plupart des participants qui se produisent régulièrement à Montréal, mais un certain doute persistait à savoir si l’anticipation d’assister à nouveau à l’une de ces légendaires soirées pourrait mener à une déception due à des attentes trop élevées.

Pourtant, le rendez-vous de l’été des amateurs de basses fréquences qui avait été promis s’est bien concrétisé, puisque basses lourdes et fortes il y eut, à un niveau difficile à égaler ailleurs en ville. Une sélection spéciale préparée à l’avance de la part de plusieurs artistes, conscients de la signification que revêt l’évènement pour les gens venus y assister.

Un évènement toutefois un peu trop court pour permettre à tous les artistes présents de démontrer toute la gamme de leurs talents, et qui ont parfois été contraints d’écourter visiblement leur set, affectant à certaines occasions le momentum de la soirée par une sélection en dents de scie où morceaux dansants étaient clairsemés parmi des morceaux plus abstraits, en laissant quelques-uns sur leur faim.

On tend déjà l’oreille à l’affût de la prochaine célébration du genre, où les grands esprits se rencontrent pour fêter en grand.

Pour poursuivre le party en ligne :

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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