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Wolf Parade, comme si rien n’avait changé

C’est pour la première fois en plusieurs années que Wolf Parade remontait sur scène, et on était content de revoir les membres du groupe après les avoir attendus depuis leur dernier spectacle.

La première partie assurée par le groupe de rock japonais Moools a permis de découvrir un trio qui a beaucoup à offrir, mais dont on avait pratiquement jamais entendu parler auparavant. Peut-être entre autres dû au fait qu’il débarquent tout droit du Japon pour accompagner Wolf Parade dans leur tournée nord-américaine, et que les tendances musicales de cette région prennent un certain temps pour parvenir jusqu’à nos oreilles. On ne peut s’empêcher de se sentir mal de ne pas connaître davantage ce groupe, d’autant plus qu’ils offrent une performance presque en état de transe.

L’arrivée sur la scène de Wolf Parade crée immédiatement un effet chez le public, un peu comme revoir un bon ami perdu de vue depuis des années. On observe en silence, un peu incrédule, curieux, plein de questions en tête. On cherche à discerner les différences entre ce qui se passe devant soi et les souvenirs flous que l’on garde en mémoire.

Peu de changements, en apparence. On remarque quand même 12 millions de pédales d’effet posées au sol, entassées sur des lutrins, insérées entre d’innombrables synthétiseurs. Trois fois plus de matériel que du temps où Hadji Bakara faisait encore partie de la formation, avant d’aller poursuivre ses études et une carrière en enseignement. Difficile à croire qu’il puisse y avoir encore plus de matériel suite à son départ. Peut-être parce qu’il est nécessaire d’en avoir autant uniquement pour masquer ce qu’il était en mesure de réaliser avec trois fois moins. Quoi qu’il en soit, en fermant les yeux, on ne perçoit pas la différence, si ce n’est que de son aura absente.

Dan Boeckner, à la voix et à la guitare, donne toujours l’illusion de posséder autant de mains que l’Homme de Vitruve de de Vinci, et les haut-parleurs parviennent à peine à suivre le rythme.

Les morceaux s’enchaînent, les classiques de Apologies to the Queen Mary et de At Mount Zoomer, mais aussi des nouvelles compositions, issues d’Expo 86, leur plus récent album fraîchement paru. Le plus cohésif jusqu’à ce jour. Imaginatif mais direct, comme un rêve sur fast-forward. On en veut plus.

Détail malgré tout important à souligner, après deux ans d’absence et une première partie réussie, l’anticipation du public est déjà à son maximum. Inutile de faire patienter les spectateurs pendant 45 minutes avant de finalement faire son entrée sur scène, parce que rester debout à attendre pendant tout ce temps est frustrant pour un spectateur, surtout s’il n’ose pas quitter la salle bondée de peur de perdre sa place et de manquer les premières minutes du spectacle en allant faire un tour dehors. Cette torture ruine d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir un groupe en première partie, sensée réchauffer la foule pour la tête d’affiche en terminant sur une haute note juste avant l’entrée sur scène du groupe principale. Aussi énergétique soit-il, le momentum créé par la performance de Moools s’est ainsi rapidement épuisé avant de disparaître, longtemps avant que Wolf Parade ne joue ses premières notes. Certes, le public a su rapidement entrer à nouveau dans le rythme dès que les premiers accords de guitare aient été propagés par les haut-parleurs et l’on peut comprendre que certains détails restent à roder lors du premier spectacle d’une tournée, il demeure que l’expérience aurait été encore meilleure avec un timing plus juste.

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