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Piknic Électronik à Osheaga

Qu’est-ce que c’est ?

Le Piknic Électronik, c’est un évènement musical et festif hebdomadaire où sont invités aussi bien amateurs de musique électronique que curieux intéressés d’en découvrir plus. En présentant des artistes de tous les horizons et de toutes les nationalités devant un public aussi varié que les différents genres présentés chaque dimanche, c’est un endroit plutôt éclectique que les organisateurs sont parvenus à créer.

Situé sous la statue de Calder au parc Jean-Drapeau, avec une vue imprenable sur le centre ville (surtout au coucher du soleil), c’est cependant bien plus qu’un festival de musique qui se tient de mai à octobre, c’est également un mouvement social et un évènement familial.

En effet, le Piknic se veut aussi un moyen de promotion de gestes écoresponsables. On vise ainsi vise à sensibiliser le public en montrant l’exemple, entre autres avec le recyclage et le compostage des déchets du site, la récupération (1 $ de rabais sur la bière en ramenant son verre), l’incitation à l’utilisation du transport en commun et la participation au Défi Climat. Pour encourager l’aspect familial du Piknic, une zone est aménagée avec des jeux gonflables et un parcours de mini-golf. Pour la même raison, il est toujours possible d’amener son propre alcool sur le site (à condition d’avoir un pique-nique), mais la quantité est limitée à 1,1 L de bière (en canettes) par personne ou encore une bouteille de vin, afin d’éviter les excès.

Le Piknic à Osheaga

On n’était pas content que le Piknic Électronik fasse partie de la programmation officielle d’Osheaga, plutôt que d’être présenté parallèlement, à proximité. On pensait que c’était exagéré de demander aux habitués de payer les presque 70 $ pour assister à une programmation qui en coûte généralement dix. On continue de le penser, mais on était content que la Piknic soit là. Un des seuls endroits où on pouvait s’asseoir sur l’herbe plutôt que la fumer, l’espace vert et ombragé du Piknic était parfait pour se reposer un instant ou pour casser la croûte, tout en écoutant les beats de la cinquième scène du festival.

Il est néanmoins nécessaire de reconnaître que les performances données par certains artistes lors de cette fin de semaine demeureront gravées dans la mémoire de ceux qui se sont déplacés pour y assister… de même que dans les mémoires des absents, qui s’en mordront assurément les doigts. Voici donc un bref retour sur les performances marquantes du Piknic Osheaga de cette année…

Mary Anne Hobbs

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C’est avec beaucoup de fébrilité que l’on a pu partager deux petites heures en compagnie de Mary Anne Hobbs, la grande tante du dubstep, dans la Zone Piknic d’Osheaga, qui est revenue se produire à Montréal après un passage dans la métropole en mai dernier.

Grande tante, parce que la journaliste – âgée de 46 ans – est reconnue comme étant l’une des premières figures d’autorité en matière de scène musicale underground à avoir porté attention au mouvement dubstep. Fière à elle seule de plus de 27 ans dans le monde du journalisme musicale en tant que reporter pour les magazines Sounds et NME avant de devenir animatrice de radio à l’antenne de XFM puis de la BBC Radio 1, elle est considérée comme l’héritière de feu John Peel, référence incontournable du journalisme musical et culturel de la seconde moitié du XXe siècle. « Héritière », en supposant que quiconque puisse un jour revendiquer le trône laissé vaquant par Peel à sa mort.

Mary Anne est tout ce que l’on peut espérer d’une encyclopédie vivante de la musique. À écouter sa voix londonienne à l’antenne de la BBC, on s’imagine entendre une lointaine tante anglaise qui boit son thé tout en animant son émission… traitant de la prochaine musique cool à surveiller… de 2h à 4h du matin. Oui, parce que Mme Hobbs rocke plus fort que vous. La brillante dame au bout des guns a su le démontrer hors de tout doute lors de sa performance, au cours de laquelle elle a mixé toutes les saveurs de basses fréquences possibles. Grime, 2-step, dubstep, de la côte ouest ensoleillée de l’Amérique jusqu’aux contrées nuageuses de Glasgow, tout l’éventail y passe. Avec des guns.

Un après-midi à la fois empreint d’humilité et de tristesse, puisque c’est la gorge serrée que l’on apprenait le 23 juillet que Mary Anne Hobbs animera le 9 septembre prochain sa dernière émission à l’antenne de la BBC, ce qui marquera assurément la fin d’une époque.

Lunice

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Belle scène offerte à ce montréalais tout juste rentré d’une visite au festival espagnol Sónar, Lunice était sur la scène du Piknic de 15h à 17h dimanche afin de préparer le terrain pour Major Lazor. Fidèle à lui-même, il a offert une solide performance couvrant différents styles, avec des passages hip-hop, d’autres plus électro et terminant avec une transition plus funk ouvrant le chemin à l’artiste suivant. Toujours énergique, il était à la fois derrière les platines, en avant de la scène pour montrer ses « moves » et au micro, pour animer la foule. Moins connu malgré son talent, on peut souhaiter que les centaines de personnes qui se sont massées vers la fin de son set pour se préparer à assister à Major Lazer aient fait une belle découverte.

Major Lazer

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Major Lazer était sur ma liste « à ne pas manquer », mais ce fut beaucoup plus que ça. Une performance de DJ peut être bonne, mais rien ne bat une bonne performance devant une foule compacte totalement déchaînée. C’est ce à quoi on a eu droit pour la performance de Major Lazer lorsque le DJ Diplo a pris les commandes des platines et que les deux MCs se sont emparés de la foule. Foule qui s’était d’ailleurs accumulée sur la scène du Piknic jusqu’à déborder dans le chemin menant à la scène verte. L’énergie était palpable, les rythmes étaient forts et tout le monde était content. À un moment, sauter n’était plus suffisant pour le MC : je l’ai vu debout sur la table des platines, la tête dans la tente et les bras dans les airs pour animer la foule en liesse. D’autres critiques reprochaient que le son était un peu trop fort et dérangeait les autres scènes. Moi, j’appelle ça la loi de la jungle.

Mots-clés : Piknic Electronik (46)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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