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Zoofest

Conscient qu’il était encore possible d’aller rejoindre un public différent, mais tout autant intéressé à l’humour, l’équipe du festival Juste Pour Rire accouchait l’an dernier du Zoofest, festival multi-genre et bilingue nous présentant une programmation éclectique facilement accessible, à prix beaucoup plus modeste que les galas et autre spectacles du festival Juste Pour Rire. Au menu : spectacle des finissants de l’école d’humour, spectacles thématiques (le show XXX, le girly show, le cabaret des maudits français), musique, pièces de théâtres, cirque dérangeant et bien d’autres, ce qui nous donne une programmation aux saveurs locales et internationales proposant plus de 113 artistes.

Pour cette deuxième édition, le Zoofest aura doublé sa clientèle… impressionnant tout de même, sachant qu’il faut travailler fort pour se démarquer à Montréal en ce mois de juillet ou le choix d’activités est à son apogée.

TOP5

Étant moi-même originaire de l’Abitibi, quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir « ma » région dans la vidéo d’introduction de la soirée ! C’est que TOP5 nous présente les finalistes du Concours de la relève de l’humour, dont la grande finale s’est déroulée… à Val-d’Or, ville minière où l’on célèbre l’humour en plein-air (avec les moustiques, oui oui) tous les étés, début juillet.

La soirée était menée par Julie Caron, qui se révèle très efficace pour animer. Par contre, pour ses gags, on y repassera. Qu’importe, le show nous aura permis de découvrir les vedettes de l’humour de demain : Simon Leblanc, Pascal Morrissette et François Bellefeuille, grand gagnant du concours (on comprend vite pourquoi !).

On avait pu apercevoir Simon Leblanc en finale du concours En route vers mon premier gala plus tôt cette année. Il s’agissait littéralement d’une découverte pour tout le monde (et même d’un coup de cœur dans mon cas), puisque le jeune homme à la chevelure blonde débute à peine dans le monde de l’humour. Vrai conteur née, cette « bibitte » n’a pas besoin de gros gags punché. C’est plutôt lui qui fait le show, avec sa personnalité disjonctée !

Gagnant du prix du public, c’était pour ma part la première fois que je voyais Pascal Morrissette. Très à l’aise sur scène, le jeune homme, nous a offert un excellent numéro sur « sa maladie » de toujours tout voler. Performance physique bien appuyée par l’utilisation de nombreux accessoires, il nous a bien fait rire quand il a sorti une boîte avec « la voix » de Pierre Lapointe qu’il avait même volé ! L’imitation était excellente.

François Bellefeuille nous est arrivé avec un personnage qu’il avait repris à de nombreuses reprises lors de la compétition d’En route vers mon premier gala, le gars déprimé de la vie. Pour avoir vu plusieurs de ses numéros, on peut dire que François fait dans l’humour absurde… intelligent. Le personnage et la mise en scène sont absurdes, mais les gags sont pensés et très bien ficelés. L’écriture est sublime. Et ça marche très bien.

Le show XXX

J’aime l’humour qui dérange. Pas nécessairement vulgaire, mais qui se joue du spectateur en se promenant sur cette mince ligne qui sépare le bon du mauvais goût. On dirait qu’à force de voir des galas Juste pour Rire pré-formatés pour la télé et des concours tels qu’En route vers mon premier gala, on revoit toujours les mêmes thématiques abordées par nos humoristes, et la manière dont ils le font finit par se répéter. C’est dans cette optique que l’on présente depuis quelques années le show XXX, un spectacle mettant en vedette quatre jeunes humoristes de la relève enchainant numéros collectifs et solos tous très bien écrit, et très bien ficelé. Les gags sont excellents, la mise en scène également… nos trois gars, Dom Deschênes, Sébastien Ouellet et Mike Beaudoin, accompagnés de leur chum de fille Mélanie Couture, se sont fait arrêter en Abitibi, lors d’une tournée dans les bars ! Bien sûr, on revit la soirée, passage obligé par les clubs de danseuses…

Un excellent divertissement qui nous sort de notre zone de confort. Cet humour qui « dérange » nous fait rire à bien des niveaux. Pas ce petit rire poli, mais un rire bien gras, qui vient nous prendre au fond du ventre. Une excellente soirée que je ne saurais trop recommander.

Maudits français

Pour les amateurs d’humour français, le festival offrait le Cabaret des Maudits Français du mercredi 21 au vendredi 23 juillet au Studio Juste pour Rire. L’hôte, Jeremy Demay, qui se dit franco-québécois, relie les deux cultures. Cependant, la comparaison entre celle-ci est inévitable et heureusement ne dure pas tout le long du spectacle. Six invités ont fait le voyage depuis la France pour présenter leurs numéros à une salle bondée de compatriotes et de cousins.

Vérino était le premier cobaye avec un numéro simple et rigolo sur la vie de couple et le « shopping ». L’imitatrice Anaïs Petit  a suivi avec une adaptation des ses imitations. Avec peu être un peu trop de références sexuelles inutiles, elle a été le maillon faible de la chaîne d’invités. Batise Lecaplin, très dynamique nous a fait rire on nous faisant réaliser que certains sports sont, disons le, ridicules. Ary Abittan a apporté un peu de théâtre à la soirée avec un numéro absurde sur les bienfaits du divorces en expliquant à sa femme qu’elle fait preuve d’égoïsme en voulant que ses enfants n’aient que deux parents toute leur vie. Cédric Benabdallah nous a épaté avec son incohérence volontaire. Une interruption du public nous a fait changer de sujet et l’humoriste a fait preuve de naturel et de fluidité dans cette transition. La soirée s’est terminé avec le comte de Bouderbala qui partage avec nous sa haine envers les « supporter de foot » et nous a amusé avec sa simulation de ce que pourrait être le mariage d’un rappeur.

Les maudits français que l’on aime détester ont été divertissant et ont tous apporté leur touche personnelle à ce spectacle.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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