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Le retour du Rialto

Pendant que 16 000 yeux sont tournés vers la Place Longueuil en ce soir du 9 juin pour le concert d’Arcade Fire dans l’antre de la banlieue, les gens pour qui une escapade vers le sud semble trop périlleuse se sont donnés rendez-vous dans le Mile End pour tenter de faire renaître le Rialto, plongé dans un profond coma depuis des années.

Le Rialto, vénérable institution de l’intersection des rues Bernard et Parc où trône sa marquise familière, a été construit en 1924, avec comme vocation d’accueillir des spectateurs venus assister à des projections de films. Inspiré du style du Palais Garnier de Paris et construits selon les plans de l’architecte Joseph-Raoul Gariépy et du designer Emmanuel Briffa, ce qui lui a valu une place parmi les Lieux historiques nationaux du Canada. Malgré une aura de difficultés qui la suit depuis ses débuts, la salle a vu se produire sur ses planches de nombreux groupes tels que Janes Addiction, The Cramps, The Ramones, Bad Brains, Public Enemy, The Pixies, Amon Tobin, Modest Mouse et Wolf Parade.

Même après être passée entre les mains de plusieurs propriétaires au cours des dernières années et après maintes tentatives visant à donner un second souffle à la salle, les sièges du théâtre sont demeurés largement inoccupés, et les noms sur la marquise ont rarement été changés… On se souviendra du « Kinks Konvention » dont les lettres y avaient presque laissé leur empreinte après avoir passé un été sans être remplacées.

Un an et trois jours exactement après la tenue de ce Kinks Konvention, POP Montréal remet les pieds au Rialto en compagnie de Passovah Productions pour faire monter The Luyas, Avec Pas D’Casque, The Hoof And The Heel ainsi que les DJs locaux sur la scène de la salle oubliée.

Mauvaise coïncidence s’il en est une alors que l’on espérait pouvoir attirer davantage d’attention de la part des médias comme du public à la représentation donnée dans le Mile End, Arcade Fire aura – involontairement – réussi à braquer le spotlight sur l’asphalte d’un stationnement plutôt que sur le parquet d’une salle à l’architecture unique qui tente de ne pas mourir une fois pour toutes. Il faut dire que les « critiques » ressemblent davantage à des collégiennes aux jambes molles après avoir reçu leur premier baiser lorsqu’ils sont confrontés à Arcade Fire, ce qui explique sans doute le manque de couverture de l’évènement dans le Mile End. On préfère ainsi rivaliser d’imagination avec des titres tels que « Arcade Fire brûle les planches », « Arcade Fire met le feu à la banlieue » ou encore « Arcade Fire enflamme la foule » plutôt que de souligner les efforts soutenus investis dans la revitalisation d’une salle emblématique de la ville.

On espère au moins que la salle puisse passer en salle de réveil plutôt que de se diriger au sous-sol réfrigéré, ce qui semble heureusement être en voie de se réaliser sous la nouvelle administration. Ainsi, en plus d’accueillir des projections du festival Fantasia au cours du mois de juillet, le Rialto présente une soirée de cabaret chaque samedi avec DJs et groupes locaux, dans l’espoir de faire renaître la salle et la vie de quartier autour d’elle pour l’intérêt de tous.

Pour plus d’information :

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