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Tristan und Isolde de Wagner

Aborder une œuvre de Wagner, c’est comme se retrouver devant les quatre tomes des Misérables, superposés au Guerre et Paix de Tolstoï. On se retrouve désarmé, ne sachant pas trop comment s’y prendre. C’est sans savoir ce qui m’attendait ce 17 juin dernier que je pars à l’Opéra d’État de Prague pour assister à la représentation de Tristan und Isolde, opéra œuvre du compositeur allemand.

L’histoire se délie au cours d’une prestation durant quatre heures et demie, toute à l’honneur des chanteurs et des cantatrices présents ce soir-là. Il est peut être difficile d’imager ce que cela représente pour ces protagonistes, mais l’effet reste saisissant sur les spectateurs. L’histoire reprend les thèmes de la légende celtique de Tristan et Iseult.

Acte I

Le rideau nous faisant découvrir un bateau en direction de la Cornouailles. À l’intérieur se trouve Tristan (Leonid Zakhozhaev), ramenant d’Irlande la princesse Isolde (Marian Ammann) qui deviendra la femme du roi Mark (Richard Wiegold). Une troisième personne clef est présente, la servante d’Isolde, Brangäne (Amber Wagner). Les deux femmes se confient et Isolde livre un terrible secret : le valeureux Tristan est l’homme qui a assassiné son fiancé. Tandis que Tristan pose le regard sur la princesse, celui-ci tombe amoureux et offre sa vie à Isolde. Isolde, ayant entre ses mains la destinée de Tristan, ne peut résister au chevalier et tombe amoureuse à son tour. Elle décide de mourir avec lui avant d’arriver en Cornouailles, et fait préparer par Brangäne un poison. Cette dernière, ne pouvant se résoudre à tuer sa maîtresse, confectionne une filtre d’amour, faisant tomber les deux amants en une extase totale.

Acte II

Tandis que le roi Mark est parti chasser la nuit tombée, Tristan retrouve sa bien aimée en secret. Les deux cantateurs s’abandonnent au ly-risme que leur inspire leur amour, jusqu’au lever du soleil. Le roi est de retour et les découvre au matin, s’embrassant. Ne comprenant pas les motivations de son estimé chevalier Tristan, ce dernier se retrouve en duel et se fait blesser grièvement.

Acte III

Tristan est de retour sur ses terres en piteux état, au bord de la mort, seul. Il est en délire quand un bateau approche, amenant avec lui Isolde et le roi Mark. Tristan succombe finalement à ses blessures, tandis qu’Iseult est déchirée par le desespoir. Tandis que le roi se lamente de la perte de Tristan, il annonce à la princesse qu’il ne voulait pas séparer les amants mais au contraire les laisser s’aimer. Trop tard, Iseult n’écoute déjà plus, perdu dans sa propre folie amoureuse. Elle part rejoindre à jamais Tristan, se suicidant pour être unie à lui.

Ici, il ne faut pas s’attendre à des airs qui vous resteront en tête à la sortie de l’opéra. C’est plus subtil, d’un style assez différent. La musique est complexe, s’écoulant de manière continue au lieu de revenir et d’être scindée par les arias populaires. Il faut s’imaginer une vague qui se déploie peu à peu, inlassablement, pour culminer lors de la finale pour figer sur leur siège l’audience captivée par la cantatrice. La grande beauté de cet opéra est indéniable. L’exploit des cantateurs reste un grand moment lyrique, faisant transporter les émotions les plus fortes à travers cette longue représentation.

Ce sont quatre heures cristalisées dans le temps qui viennent de s’être passées, où l’amour et le lyrisme s’unissaient au désespoir.
Soyez curieux, allez jetez un coup d’œil sur la performance de Jessye Norman vous y resterez saisis : www.youtube.com/watch?v=c5_r33sCLYY.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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