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Cendrillon, Popelka version ballet

Dernière représentation à l’Opéra d’État de Prague de l’année, je me dois de marquer l’évènement. Les jours s’égrènent avant mon départ de République Tchèque, je quitte ces lieux magiques en ayant un dernier regard vers le ballet Cendrillon, Popelka en tchèque, avec la musique de Prokofiev.

J’ai été plus que surpris de voir à mon arrivée, non pas les traditionnelles robes de bal et costumes clinquants, mais plutôt une floppée d’enfants du primaire, plusieurs centaines pour être plus précis. Il est 11 heures du matin, le rideau se lève devant cette audience difficile à taire et déjà captivée par le spectacle qui prend forme sous leurs yeux.

J’avais l’envie peu ambitieuse de résumer de l’histoire. Je pense que je pourrais finalement faire cette partie assez brièvement, tant l’histoire est connue de toutes et de tous. Cendrillon, maltraitée par sa belle-famille, se retrouve délaissée tandis que ses demi-soeurs partent au bal dans l’espoir d’épouser le Prince. Une bonne fée déguisée en mendiante vient en aide à Cendrillon pour la récompenser de sa gentillesse, et lui permet de se rendre sous son plus beau jour à la réception du Prince jusqu’à minuit tapante. Une de ses chaussures y sera abandonnée à son départ, laissant le Prince perplexe et n’ayant plus d’autres choix que de retrouver sa propriétaire avec qui il a partager les plus beaux moments de la soirée, et dont il est tombé amoureux.

Je mettrais plutôt l’emphase sur le caractère particulier de cette performance. Cendrillon contraste complètement avec sa belle famille, tant par sa grâce et son inoncence que par le caractère candide et brimé qu’elle revêt. À l’opposé, ses belles soeurs réussisent avec brio à exécuter leurs pas de danse de manière hilarante et complètement saoûles. Même la belle-mère joue à merveille son rôle, rôle pour l’occasion joué par un homme. Effet hilarant garanti, recueillant même les huées des enfants lors du tombé de rideau.

Et que dire de cette audience ? Ce fut tout bonnement magique. Silence religieux tout au long des deux actes, mes deux voisines d’en face tentant d’imiter Cendrillon dans ses moindres gestes avec le Prince ; lors de l’entracte, les jeunes filles se mettent à sauter dans les salles devant les miroirs des salles de l’opéra. Un immense bravo aux organisateurs de cette sortie massive de la jeunesse pragoise. Devant ce spectacle plusieurs centaines d’enfants sont repartis les yeux remplis de souvenirs impérissables, par une performance enjouée et exécutée encore une fois avec excellence.

Pour un dernier spectacle, disons que ça cloture à merveille une année remplie de découvertes musicales en Europe, et plus particulièrement à Prague.

Chapeau bas !

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