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Musique & mathématiques au CCA

La nouvelle exposition présente un architecte également compositeur avant-gardiste, qui a été très influent dans le monde musical de la fin du XXe siècle : Iannis Xenakis. Inaugurée en janvier au Drawing Center de New York, cette exposition fait escale à Montréal avant de partir au Museum of Contemporary Art de Los Angeles. Elle ne compare pas les différentes œuvres de l’artiste, mais cherche plutôt à présenter sa manière de penser, ses influences et les traces qu’il a laissé en exposant ses nombreux dessins.

Iannis Xenakis (1922-2001), né en Grèce, possède une formation d’ingénieur. La guerre, qui lui laissa une grave blessure au visage, marquera toute son œuvre. Il va s’intéresser aux théories de probabilités liées aux tirs des armes à feux et les utiliser dans son travail. Les distributions de probabilités et les techniques mathématiques stochastiques feront le lien entre l’architecture et sa formation et la musique, autre domaine important pour Xenakis. Les mathématiques et la musique l’inspirent beaucoup : il créé des liens entre des formes et les notes et rythmes. Son œuvre orchestrale Metastasis est ainsi entièrement créé en utilisant des procédés mathématiques. Les expositions universelles ont permis à Xenakis de montrer l’étendu de son talent architectural. Il collabora avec Le Corbusier lors de l’exposition universelle de Bruxelles en 1958 sur le pavillon Philips, conçu dans sa forme par des paraboloïdes hyperboliques et par des conoïdes autoportants. Iannis Xenakis est également connu pour sa musique visuelle ou « polytopes », qui sont des installations propres à un lieu et qui explorent les intersections spatiales entre la lumière, la couleur, le son et l’architecture. En fonction de la position dans le bâtiment, le public perçoit la musique et la lumière différemment. Le Polytope de Montréal, surement le plus connu pour le public montréalais, occupait l’espace central du pavillon de la France lord d’Expo 67 (ce pavillon accueille maintenant le casino de Montréal). Ses compositions musicales et lumineuses prennent une autre dimension après sa visite à l’exposition universelle d’Osaka en 1970 où il découvrit l’utilisation de lasers. Il compare alors ce trait de lumière pur à la continuité du son en musique, qu’il recherchait particulièrement. Le laser sera utilisé dans beaucoup de ses travaux. Le Polytope de Persepolis présenté en Iran en 1971 et le Diatope pour l’inauguration du Centre Georges-Pompidou à Paris en 1978 comptent parmi ses œuvres les plus connues. L’exposition du CCA présente aussi quelques œuvres plus utopiques, comme son concept de ville cosmique (et les calculs qui vont avec la conception) ainsi que ses études sur la distribution des musiciens dans une salle de concert.Pour profiter pleinement du lien entre l’œuvre de Xenakis et la musique, le CCA met à disposition des iPods et des stations d’écoutes, qui permettront de s’immerger dans plusieurs polytopes.

IANNIS XENAKIS : compositeur, architecte, visionnaire sera présenté au CCA jusqu’au 17 octobre. Cette exposition est également l’occasion pour le CCA d’organiser plusieurs activités gratuites dès cet été dans toute la ville : conférences, concerts et projections de films. Consultez www.cca.qc.ca/xenakis pour retrouver toute la programmation.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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