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TOTEM

Les spectacles de cirque sous chapiteau ont un petit je-ne-sais-quoi de différent des spectacles en salle. Lorsqu’en plus c’est sous le Grand Chapiteau bleu et jaune du Cirque du Soleil, le dépaysement est assuré.

TOTEM retrace l’évolution de la vie, de l’état d’amphibiens jusqu’au désir de l’homme de s’envoler. Les spectateurs sont accueillis autour d’une scène qui rappelle la forme d’une tortue. Un homme venu de l’espace apporte la vie, puis poissons et amphibiens débutent le spectacle par un numéro de barres dans cette carapace de tortue. Ce numéro lance les deux heures d’intense spectacle qui vont suivre, en alternant entre numéros aériens et jonglage. Les numéros aériens sont tous plus impressionnant les uns que les autres, que ce soit avec des perches, où dix acrobates et porteurs vont explorer les plus hauts sommets au numéro de patins à roulettes (oui, on peut faire un numéro aérien avec des patins à roulettes), où un homme et une femme enchaînent figures acrobatiques et vrilles à une vitesse hallucinante. Le dernier numéro de planches russes, symbolisant des hommes s’arrachant de la gravité, est très bien exploité pour donner cette impression de flotter dans les airs. Les numéros de jonglage sont aussi prodigieux, notamment celui d’antipodismes où deux jongleurs font tournoyer des carrés de tissus dans les airs. Le tableau évoquant le temps des semences, joué par cinq personnages sur monocycle, réalisent une performance invraisemblable en se lançant des bols avec les pieds et les rattrapant avec la tête.

Contrairement aux autres spectacles, il ne retrouve pas un personnage principal qui va guider la narration. À la place, plusieurs personnages apparaîtront à différents tableaux. Tout d’abord, Crystal man, homme venu de l’espace apporte la vie sur Terre en animant le squelette de tortue. Le Danseur amérindien entraîne les spectateurs dans un monde magique, en animant des cerceaux pour créer des formes à la fois statique et dynamique. Le Scientifique, image de Darwin, réalise des expériences dans son laboratoire. Il présente un beau numéro de jonglage dans uns structure conique, symbolisant le mouvement des électrons ou des planètes. Enfin, le Traqueur assistera le Scientifique et présentera aussi un numéro de bâton du diable sur un air de flamenco. Quelques personnages secondaires font également leur apparition pour des numéros de clowns, qui divertissent très bien entre deux performances de haute voltige.

Autre point fort du Cirque du Soleil, les costumes sont toujours aussi bien travaillés. Un beau travail sur les matériaux et les motifs ont été fait pour imiter le plus possible les textures de peau d’animaux. Certains costumes changent même en fonction de la lumière. Tous différents, ils s’accordent toujours très bien pour les personnages d’un même numéro. La scène est bordée par un marécage rempli de roseaux, qui sert d’abri pour l’orchestre. Avec le jeu de lumière qui fait évoluer les costumes et les images projetées, l’immersion dans l’univers du spectacle est totale. Les éléments de décors sont plus discret que dans les autres spectacles. Cela est peut être dû à la volonté du Cirque du Soleil de présenter un spectacle par an. On notera quand même la présence d’un pont scorpion, structure à géométrie variable capable de se transformer au fil des tableaux, qui pèse plus de 4 500kg. Une belle prouesse d’ingénierie pour animer cette structure capable de s’enrouer sur elle-même.

TOTEM sait émerveiller les spectateurs en les plongeant au cœur de l’évolution. Un grand bravo au Cirque du Soleil pour cette œuvre magistrale. À voir absolument.

Si vous n’avez pas déjà vos billets, dépêchez vous de réserver vos places. Plusieurs dates affichent déjà complets, malgré les dix-sept (17 !) dates en supplémentaires. Infos sur www.cirquedusoleil.com.

Crédit photo : Daniel Desmarais – Cirque du Soleil

Mots-clés : Cirque (54)



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