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Poirier – Running High

Cette année, l’arrivée du printemps s’est accompagnée d’une nouvelle sortie signée de la main de notre Poirier national. Septième album du maître de la basse montréalais, c’est sur deux disques qu’on peut retrouver le matériel que Ghislain nous prépare depuis un moment déjà. Plusieurs sons nous sont déjà connus et ne sont plus à commenter. Wha-la-la-leng et Get Crazy nous font déjà vibrer depuis l’été dernier, plusieurs se sont arrêtés sur l’a capella d’Enemies cet automne dans le cadre du concours qu’avaient lancé Poirier et Ninja Tunes.

Véritable compilation des trois derniers EP de Poirier, le premier disque sonne parfois inégal. La première moitié comprend ainsi des morceaux moins populaires, mais qui nous permettent de goûter à davantage de basses fréquences, signe de la progression de l’artiste vers un registre plus bas. Et puisqu’on en a jamais assez, on profite allègrement du deuxième service rempli de remix du même genre, incluant entre autres Maga Bo, Douster et Uproot Andy. On reprend les riddims du premier disque, on les apprête à différentes sauces et on en met plein la vue. C’est ainsi que les beats de 90’s Backyard se mélangent à merveille avec les vocals de Boogat dans Que Viva, la meilleure découverte de l’album selon moi. La force de Poirier reste tout de même dans les soirées qu’il anime et Running High ne transmet pas ce qu’on peut vivre dans les soirées Karnival. Ce qui est par contre indéniable, c’est que les rythmes de basse de Ghislain servent de trame de fond à des mix de styles et de saveurs différentes qui ont tous le but commun de nous faire danser. C’est ce qui fait qu’on se retrouve dans une soirée à danser sur de la soca sans vraiment savoir comment on est arrivé là. Et on aime ça ! Avec l’été qui arrive, les sons de Running High sont d’actualité et nous envoient des rêves de Bridge Burner enflammé.

Image article Poirier – Running High 497

C’est toute cette énergie condensée qui a été servie le vendredi 9 avril dernier au Belmont, alors que Poirier a présenté une vaste sélection de son des registres qu’il maîtrise au public venu assister à l’évènement. Évènement auquel participaient également les principaux collaborateurs de l’artiste, Boogat et Face-T, de même que DJ Lexis et Hovatron, héritier de Turbo Crunk et l’une des trois têtes derrière les soirées Night Trackin’ au Velvet, qui attire de plus en plus l’attention de la scène underground à Montréal avec Lunice.

Au total, c’est un large éventail de dancehall, de soca, de cumbia, de reggae, d’électro, de drum ‘n bass, de sons africains et bien plus encore qui a été diffusé par les haut-parleurs du Belmont aux plusieurs centaines de personnes présentes à la soirée. Un crescendo de rythmes qui passe de la sélection de DJ Lexis au lazer bass de Hovatron comme hors-d’œuvre pour se mettre en appétit devant les compositions de Poirier avec les prestations de Face-T et de Boogat au micro, qui viennent interpréter les classiques qui nous font penser à l’été durant l’hiver tout comme de nouvelles chansons qui s’annoncent déjà comme de futurs classiques.

À noter que malgré un changement radical de programmation au cours des derniers mois, les habitués de l’endroit se font encore sentir et le public est encore en phase d’apprivoisement de la salle, ce qui a parfois comme conséquence de faire en sorte que l’endroit tend à se vider plus rapidement que l’on croirait un peu plus tard en soirée.

Surprenant, d’une certaine façon, lorsque l’on compare à la quantité de participants hardcores présents aux soirées Bounce Le Gros, mais qui s’explique par le fait que l’ambiance du défunt Zoobizarre ne se transpose pas (encore) au Belmont. En effet, Poirier a démontré à maintes et maintes reprises par le passé, et plus récemment au cours de la Nuit Blanche de Montréal en Lumière, qu’il est aisément capable de rassembler de larges foules pour danser au son des rythmes caribéens et africains. C’est pour cette raison que l’on se permet déjà de songer à l’été qui se dessine devant nous, au Bridge Burner (que l’on espère cette année encore malgré l’exil de Speakerbruiser Rob à Vancouver) et au prochain Karnival, annoncé pour la fin du mois de juin.

Le prochain concert de Poirier à Montréal, pour ceux qui auraient manqué la soirée de lancement de Running High, sera le jeudi 30 avril prochain au Passeport (2037 St-Denis), en compagnie de Construct.

Pour davantage de photos de l’évènement : www.philippesawicki.com/photo

Edit : Également d’actualité, la lettre ouverte de Ghislain Poirier au maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, concernant l’incident de la SAT au Quartier des Spectacles: http://polyscope.qc.ca/spip.php?article1369

Image article Poirier – Running High 498

Mots-clés : Musique (217)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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