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Big Futilité

Vous savez ce qu’est la domotique ? C’est cette technologie qui automatise les bâtiments. En fin de semaine dernière, j’étais à Québec chez un ami qui aime bien les gadgets et qui s’amuse à programmer n’importe quoi. Il s’est donc muni d’une télécommande programmable avec laquelle il peut allumer les lumières de sa chambre, sa boule disco, éventuellement du Barry White et sa machine à café. Quand on réfléchit aux possibilités, c’est pratiquement infini. On peut penser simplement aux systèmes de chauffage qui s’allument et s’éteignent à certaines heures, à la musique qui se met à jouer lorsqu’on entre dans la maison ou même à un système qui allume et éteint les lumières dans chaque pièce de façon à laisser croire qu’il y a quelqu’un dans la maison lorsqu’on part en voyage. Mais quand on y pense vraiment, c’est un peu futile non ? Je parle surtout dans le domaine résidentiel. Mon ami en appartement qui s’est acheté la télécommande et les relais sur le web, programme sa télécommande à partir de son ordinateur en macro pour ultimement allumer une lumière. Quand même impressionnant qu’on ait besoin d’un ordinateur pour allumer une lumière ! Quel évolution cette race humaine !

De retour à la maison dimanche soir, comme d’habitude, je regarde Tout le monde en parle où, pour une deuxième semaine, des gens sont venus déplorer notre système de santé digne de la Nouvelle-France dans le temps du scorbut. Étonnamment, bien que le sujet me donne la rage, je vous parlerai de quelque chose d’un peu plus futile. J’ai nommé, Big Brother. En fin de soirée avant d’aller me coucher, j’ai écouté pour vous, et surtout malgré moi, la première émission de Big Brother (BB) au canal V. Version québécoise de la téléréalité américaine du même nom, c’est la même pauvreté intellectuelle que Loft Story, à l’exception que ce sont les 15 participants qui s’éliminent entre eux. C’est donc chacun pour soi pendant 63 jours. Une belle leçon d’hypocrisie et de superficialité durant 63 longs jours. Comme l’objectif n’est pas de trouver l’amour de sa vie, il ne s’y retrouve pas que des pitounes et des sans cervelles musclés dans la maison de BB. Il y en a quand même un peu, ça reste une téléréalité de feu TQS…

Il y a Lyvia, l’actrice porno de 31 ans pour qui la pire condition de vie qu’elle ait rencontré soit en camping, probablement parce qu’elle se faisait toujours piquer les fesses par les maringouins. Christian, un agriculteur laitier beauceron et roux (important). Josée, 49 ans et mère de deux ados. Stéphanie, étudiante en ingénierie mécanique à l’UQAC. « Une belle blonde aux yeux bleus qui peut construire des ponts. » pour citer Chéli parlant de la fille de Chicoute, l’animatrice de l’émission, mais aussi VJ à Musique Plus (le canal où, jadis, on pouvait voir plus de vidéoclips que de Pimp mon char). Andy, un fier à bras, militaire à la retraite, qui aura sans doute de la difficulté à réfléchir sans sa mitraillette… pas très grave dans le fond, ce n’est pas la raison pour laquelle il a été choisi. Son défi : s’accorder avec le monde comme ça « on est en bizness, l’affaire est ketchup ». Nous avons aussi Marie-Élaine qui a « quand même assez confiance en elle ». Pour ajouter un manque de classe à cette cohorte d’abrutis : Fey. Son rêve est d’« ouvrir sa shop de tattoo ». Elle nous confie qu’elle s’est souvent fait embarquer, mais que cette fois « elle ne se laissera pas awoir ». Amélie, une belle fille bien coffrée de 24 ans, préposée aux bénéficiaires de Mont-Laurier. Vraiment avec Fey, c’est mon coup de cœur lorsque j’apprends qu’elle va à la plage avec son fond de teint. Je me dis : « Enfin quelqu’un qui à les valeurs à la bonne place ». Je vous épargne les autres participants.

Si ce n’était pas du rythme techno aliénant en arrière plan qui est omniprésent et des flashs à n’en plus finir (épileptiques, formellement s’abstenir), des deux « analystes » qui disent des phrases vides et sans idées, de l’animatrice qui aime bien prononcer les mots avec un accent anglais dès que l’occasion se présente et qui fait des lapsus aux deux phrases (« on regardre les prochains participants qui tripping d’envie… »), de la voix de Big Brother qui a également fait un lapsus brisant ainsi sa notoriété en demandant à la fille de Mont-Laurier d’enlever la coche (au lieu de la cloche) qui couvrait un repas d’insecte, des « si j’aurais » à profusion, du concept qui commence à être redondant, mais surtout de la faiblesse d’esprit globale de l’émission, je dirais que c’est une super bonne émission. SI ce n’était de tout cela…

Si vous trouvez que ma chronique de cette semaine manquait un peu de contenu c’est parce que vous avez un cerveau et que vous aimez le stimuler. Malheureusement, de plus en plus, c’est ce qu’on nous offre à la tivi de nos jours. Difficile de trouver quelque chose de stimulant. Pour en revenir à la domotique, après tout ce n’est pas si futile que ça qu’en on y pense. Si des gens sont prêt à perdre leur temps et surtout leur argent en s’abonnant à un forfait de 25 $ pour regarder BB pendant 7 jours sur le web, une télécommande pour allumer la lumière ou partir le micro-onde est utile pour ne pas manquer une seule seconde de cette émission de bon goût. Après tout, il n’y a qu’un « F » qui sépare futile de utile !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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