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Un peu de débilité et de lecture : Porn For Women

(Le contenu de cet article peut contenir des traces d’ironie, de sarcasme et de provocations gratuites et absurdes. Mordez à l’hameçon à vos propres risques.)

Les habitués de ma chronique seront sans doute surpris par le titre de ma chronique : aurais-je perdu ma vocation, si j’en suis rendu à aborder un des thèmes chers au féminisme ? Réjouissez-vous, lecteurs au chest poilu, le jour où je publierai un article capable de faire juter l’entièreté de la communauté féministe de Montréal n’est pas venu, bien au contraire. Après tout, si j’avais à participer à une manifestation féministe, je me munirais d’une pancarte proclamant « Repassez mes chemises, fainéantes ». Un classique.

Ceci étant dit, passons sans plus amples tergiversations à cette lignée de bouquins qu’est Porn for Women. Il s’agit d’un concept fort simple : pendant une centaine de pages, on nous présente des modèles masculins faisant le ménage, promenant le landau ou encore avec des fleurs à la main. Ces clichés (dans tous les sens du terme) sont accompagnés de petites citations du mec représenté. Par exemple, un apollon passant la balayeuse dirait : « I just love a clean house ». Si le concept m’apparaît comme étant une blague plutôt évidente basée sur une référence simpliste aux stéréotypes modernes, il semblerait que le lectorat féminin diffère d’avis. Au cours des différentes éditions du concept (Porn for New Moms ou Porn for the Bride par exemple), la réaction féminine me laisse pantois. Les livres se vendent comme des petits pains chauds, mais pas pour leur côté vaguement humoristique comme je le croyais au début. Bien au contraire. Une grande partie des lectrices y voient sans conteste là un idéal masculin. Et c’est à partir de cette réaction que je commence vraiment à trouver la situation hilarante.

Primo, parce que ça enrage la ligne dure féministe. Bon, il faut dire que ladite ligne dure féministe tend à monter aux barricades pour à peu près n’importe quoi, surtout si ça implique le mot « porn », donc il n’y a rien de vraiment surprenant ici. Mais, de fait, le bouquin met le doigt sur la séparation des rôles dans notre société moderne. La réaction de la plupart des lectrices accentue ce clivage et les dépeint davantage comme le stéréotype de la « petite femme soumise qui demande à être doucement cajolée », démontrant que, même après une centaine d’années d’efforts pour mettre les deux sexes au même niveau, la femme moyenne ne demande rien de mieux que des fleurs occasionnelles, un bon père pour ses enfants et des câlins. J’exagère, mais si peu. Vous feuilletterez le bouquin vous-même. Donc, ça stimule une réaction féministe assez violente (et somme toute inutile), qui, en retour, me rend assez jovial merci. Le plus ironique, dans tout ça, c’est que le mouvement féministe s’attaque souvent à la pornographie, l’accusant, entre autres, d’objectifier la femme. Ici, par contre, pas un mot sur la représentation de l’homme en tant qu’outil ménager servile, même s’il s’agit potentiellement d’humour douteux. Deux poids, deux mesures.

Deuxio, parce que je suis un machiste néandertalien convaincu (ça vient en package deal avec le côté pilleur viking). En tant que tel, la séparation stéréotypée des rôles entre les hommes et les femmes ne me gêne absolument pas. J’aborderai peut-être plus amplement le sujet dans une prochaine chronique si j’ai davantage envie de m’attirer les foudres des féministes averties. Je connais plusieurs femmes qui sont complètement « émancipées » et ne se conforment pas au stéréotype moderne, qui regardent de la « vraie » pornographie et se comportent d’égal en égal avec la gent masculine, mais la réaction hallucinante à cette série de livres me porte à croire que mon échantillon est possiblement erroné. Compte tenu que plusieurs de mes amies s’identifiant comme féministes se pâment devant les apollons fictifs de Porn for Women, je crois que le phénomène est davantage qu’une généralisation.

Vous vous demandez peut-être comment un mâle aussi néandertalien et insensible que moi fait pour se comparer à un tel idéal. Mon attitude, jusqu’à présent, semble tout de même porter fruits. Tant et aussi longtemps que je me comporte en barbare absolu, les quelques gestes attentionnés résonnent infiniment plus. Et ça marche.

Bref, à vous gentilshommes qui lisez ces lignes, je vous suggère fortement, non seulement de ne pas vous conformer à des fantaisies ridicules, mais bien de faire l’exact opposé. Une gâterie de temps en temps à votre femelle, si vous maîtrisez bien l’offre et la demande, saura vous permettre de conserver votre statut de mâle sans trop de concessions.

Et aux femmes qui auraient eu l’heur de tomber sur ma chronique, j’apprécierais si vous pouviez retenir vos envies de me jeter des briques à la figure. Après tout, si votre copain vous offre un steak saignant plutôt que des fleurs, ce ne sera que marginalement de ma faute.

Mots-clés : Chronique barbare (22)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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