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Mythes et réalité au sujet des autos électriques

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Par Hugues Marceau, membre de Formule Électrique SAE

Permettez-moi de commencer par me présenter. Je suis le directeur de la relativement nouvelle société technique de l’École de Formule Électrique. En quoi consiste le projet ? Faire un véhicule de course de haute performance avec le même gabarit que la Formule SAE, mais propulsé exclusivement à l’électricité: nos simulations nous promettent un 0-100 en bas de 3 secondes.

Prière de pardonner l’absence de valeurs quantitatives pour appuyer certaines de mes affirmations.

Mythe 1 :

« Les véhicules électriques ne servent à rien ailleurs qu’au Québec, parce que l’électricité qui sert à les recharger est produite de façon polluante. »

J’ai fait des simulations avec un logiciel de calcul d’émission de gaz à effet de serre (GES) nommé GREET, développé par le US Departement of Energy et j’ai constaté, par exemple, qu’un véhicule électrique de taille intermédiaire, aux États-Unis, émettrait pendant son utilisation, 123 g/km de CO2, par rapport à 231 g/km pour une automobile conventionnelle. Les valeurs ont été calculées en supposant une production d’énergie faite à près de 30 % à partir du gaz naturel du nucléaire et du charbon, et 10 % des énergies renouvelables. Au Québec, vous comprendrez qu’avec de l’électricité à 95 % propre, l’avantage est nettement supérieur : l’émission de GES tombe en bas de 10 g/km. Ainsi, même avec de l’électricité « sale », les autos électriques sont plus « propres ».

Mythe 2 :

« Les voitures électriques sont tellement polluantes à fabriquer qu’il vaut mieux utiliser une voiture à essence. »

La fabrication d’une automobile nécessite une petite fraction de l’énergie utilisée pendant sa vie au complet. Est-ce que plus d’énergie est nécessaire pour fabriquer une maison, ou pour la garder au chaud tous les hivers de sa durée de vie ? C’est le même principe. Pour une auto conventionnelle, seuls 10 % de la quantité d’énergie nécessaire au cours de sa durée de vie – donc environ le même montant de GES – sera utilisée à sa fabrication. Vous aurez deviné que la vaste majorité 90 autres pourcents sont écoulés en brulant les dinosaures dans votre réservoir d’essence.

Mythe 3 :

« Les voitures électriques ont une portée trop petite pour répondre à mes besoins et seront toutes plates à conduire. »

C’est une question de choix. Il est possible de fabriquer une auto pratique, sécuritaire, agréable à conduire, presque sportive, ayant une autonomie de plus de 600 km… à un coût. J’ai des collègues qui convertissent un Saturn VUE – un petit VUS – à l’électricité, capable de franchir une telle distance. Ils utilisent des piles au lithium d’une valeur de plus de 60 k$. Vous conviendrez avec moi que les coûts baisseront avec une hausse de la production. Mais, avant, demandons-nous : une telle autonomie est-elle nécessaire ?

Hybrides 1115 pour ingénieurs

Par hybride, dans la très vaste majorité du temps, on sous-entend hybride électrique. Cela implique que la dite voiture possèderait comme source d’énergie l’essence et l’électricité. Il existe d’autres types d’hybridation : notamment l’hybridation par volant inertiel, tel qu’utilisé en Formule 1.Une voiture hybride électrique tire toute son énergie de la combustion du pétrole. Elle a par contre l’avantage de pouvoir utiliser le pétrole plus efficacement. Un moteur qui force est plus efficace qu’un moteur qui tourne dans le vide. C’est pour cela que les poids lourds utilisent de petits moteurs, à peine suffisants pour leur faire dépasser 100 km/h. Ils essaient d’utiliser toute la puissance disponible à la sortie du moteur. Ce n’est pas le cas d’une automobile : les consommateurs n’accepteraient pas de faire le 0-100 en 50 secondes. La clef de la faible consommation des hybrides est qu’elles utilisent un plus petit moteur à essence, mieux utilisé, et assisté d’un moteur électrique, pour donner à l’auto des performances acceptables.

Mythe 4 :

« La future (et promise pour cette année aux États-Unis) Chevrolet Volt est une hybride branchable. »

La Volt est une voiture toute électrique dotée d’une autonomie de seulement 65 km. Au delà de la dite distance, un moteur électrique chargera les batteries, de façon à ne jamais tomber en panne sèche. La différence avec une hybride branchable vient du fait que sa principale source d’énergie est l’électricité, et que les dinosaures interviennent seulement si on parcourt de grandes distances. La majorité de la population parcourant moins de 65 km par jour, une voiture telle la Volt risque d’être la solution la plus futée écologiquement et monétairement pendant plusieurs années.

Je conclus en vous invitant à visiter notre site web au www.felectrique.polymtl.ca dans l’éventualité où de participer à la grande méthamorphose qu’est en train de vivre le milieu du transport ne vous fait pas peur.
Bonne session.

Mots-clés : Automobile (46)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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