Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Partir pour mieux revenir

Certains disent que le programme Erasmus est l’occasion de découvrir une nouvelle méthode de travail, de voyager à travers l’Europe entière et de se faire des amis provenant du monde entier. Ils soutiennent que l’Erasmus permet de créer un réseau de contacts et de grandir au travers des chocs culturels. Que c’est l’occasion d’une vie qui ne présente qu’une seule fois.

Eh bien, c’est faux, complètement.

C’est un million de fois plus intense que cela, croyez moi ! Lors d’un Erasmus, que ça soit pour une session ou pour une année, la moindre limite de votre esprit et de votre corps sera repoussée, amplifiée. De nouveaux aspects de votre personnalité se développeront, vous vous verrez sous un autre angle, et tous ces changements vous marqueront pour toujours.

Au premier abord, cette aventure paraît impossible. Dossier d’échange, plan de cours, entrevues, CV, lettre de présentation, visa, stress… Par la suite, d’autres moments surviennent, émotionnellement chargés et difficiles à supporter. Néanmoins, c’est la meilleure façon de grandir, de repousser la couche épaisse qui nous entoure et de faire preuve d’ouverture d’esprit. Le sentiment de solitude à l’étranger, la nostalgie ? Le seul remède réside en la curiosité de chacun, la volonté de découvrir de nouveaux horizons, le goût de la nouveauté à travers l’apprentissage d’une langue, connaître le pays d’accueil, ses habitants et leurs habitudes.

Certaines personnes peuvent penser que les étudiants en échange passent le plus clair de leur temps à faire la fête, profiter du bas prix des boissons et des classes au niveau assez simple. Certains étudiants oui, mais pas la plupart. Pour les autres, chaque occasion peut mener à une nouvelle découverte. Que ce soit d’apprendre à danser la salsa, de cuisiner des pelmini, de prendre le train avec des colocs vers un autre pays, de voir de la neige pour la première fois (croyez moi, les Portugais et les Costaricains n’en reviennent toujours pas !), être au bal annuel d’un village tchèque ou derrière un masque lors du Carnaval de Venise, tous ces moments font partie de la vie inoubliable des étudiants en échange et resteront incrustés en eux. Partager sa culture et adopter une partie de celle des autres, voilà la véritable ambition d’une année Erasmus !

Pour ce dernier article de l’année, après avoir écrit depuis plusieurs pays en Europe, vous pensez que j’essaye de vous convaincre du bien fondé de partir en échange ? Oui, exactement ! Si vous y pensez de temps en temps, mais que vous voyez toutes ces démarches sans fin et imaginez que passer 365 jours hors de Montréal peut être dur, vous avez raison… mais 365 jours ça passe incroyablement vite, il ne me reste plus que trois mois déjà après en avoir vécu sept incroyables où les rencontres les plus enrichissantes les unes que les autres se sont succédées.

Partir pour mieux revenir donc. C’est certain, vous changez complètement après une telle expérience et aventure. Votre vision du monde s’en trouve décuplée, vous prêtez une oreille au moindre détail nouveau, vous êtes plus ouverts… vous vous remettez aussi plus facilement en question, mais c’est revenir grandit d’une vision unique que de revenir d’erasmus.

Russes, Costaricains, Américains, Écossais, Péruviens, Brésiliens, Tchèques et Canadiens. Une famille éphémère mais indissociable, soudée par les liens sacrés d’un échange universitaire, par un séjour à deux heures du matin à l’hôpital, par deux nuits passées à dormir dehors à Amsterdam et Bruxelles, par des photos, des souvenirs, des anniversaires, de la musique et des films… Un kaléidoscope à travers lequel vous portez votre regard, démultipliant les facettes du monde, ses nuances et détails. Pour résumer tout cela en tchèque : spolecne dobudeme svet !

Mots-clés : En échange (21)

Articles similaires

I AM-STERDAM

12 février 2010

Une nouvelle semaine, un nouveau voyage ; cette fois-ci, c’est direction le nord-ouest de l’Europe pour visiter la ville d’Amsterdam dans le cadre lors d’un périple de deux jours. Récit des aventures dans le vieux continent de Will à Prague. Sac de sport prêt, rempli à ras bord de nouilles chinoises et d’une théière électrique, je pars avec mes deux colocs vers l’aéroport de Prague, avec en poche un aller-retour Prague-Eindhoven. Le reste sera...

Voir Venise…

26 février 2010

Sur la côte est de l’Italie se trouve la ville cachée de Venise, au creux de sa lagune. Célèbre pour son carnaval, ses palais et ses mystères, la ville baigne dans une atmosphère des plus prenantes et captivantes. Cette eau bleu-vert omniprésente semble figer dans le temps cette cité mythique et magnifique. Corto Maltese y a vécu une fable. Turner, ses aquarelles. Ce qui frappe le plus en marchant dans les rues de la...

Bruxelles, ses blondes et ses brunes

5 février 2010

En plein périple à travers l’Europe, vive les compagnies aériennes à bas pris et le système de train du vieux continent ! En effet, le périple de quatre jours qui m’a récemment emmené jusqu’à Amsterdam depuis Prague m’a permis de m’arrêter un peu, sur le chemin du retour, à la capitale Belge, Bruxelles. C’est donc un train à grande vitesse qui m’y emmène. Place centrale, bières et promenade de nuit Sitôt débarqués du train, nous...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Théâtre musical déjanté

5 février 2010

La TOHU n’est pas une salle où se joue que des spectacles de cirque. C’est également une salle où se produisent des musiciens, des jeunes artistes montréalais aux groupes émergents. Et c’est bien de musique qu’il est question aujourd’hui, avec XLA et l’Orchestre d’Hommes-Orchestres. Ce vendredi 29 janvier, c’est l’artiste XLA qui a débuté la soirée. Présenté dans le cadre des Têtes Premières (les séries Têtes Premières permettent de donner une place aux artistes...

Que les banques goûtent à leur propre médecine !

23 mars 2012

Enfin, un peu d’aide afin de rendre la position pro-hausse cohérente Lorsque j’étais au secondaire, de 2003 à 2008, il m’arrivait de lire la Presse. À la fin, dans la section des opinions et des lettres, où diverses personnes s’exprimaient régulièrement sur pourquoi le Québec a des problèmes et sur les solutions qu’on doit amener à ces problèmes. L’idée suivante était généralement exposée par l’Institut économique de Montréal et le Conseil du Patronat : en...

Rigueurrrrr

26 février 2010

Si vous me lisez cette semaine, c’est sans doute parce que vous procrastinez entre deux numéros de calcul ou parce que votre programme est en train de compiler. C’est correct, vous avez le droit de prendre une pause bien méritée. Même que ça risque de vous rendre encore plus efficace. Vous serez d’accord avec moi pour dire que, quatre fois par année, la vie est dure ! Si vous n’êtes pas d’accord, c’est soit parce...