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Programme canadien des bourses d’étude

La ministre Courchesne détourne 35M $ des prêts et bourses

Par Mathieu Gilbert

Le PCBE est un dossier qui n’est pas encore réglé aujourd’hui. Par contre, suite à l’article paru dans le Polyscope du 29 janvier, plusieurs choses ont changé. Commençons d’abord par un bref rappel de l’historique du dossier.
Le 5 janvier dernier, mourrait la fondation canadienne des bourses du millénaire (FCBEM). Lors de sa création, le Québec avait exercé son droit de retrait du programme canadien afin de récupérer les 80 millions lui étaient destinés pour les investir en aide financière aux études (AFE). Pour remplacer la FCBEM, le gouvernement fédéral a décidé de créer le PCBE et d’y injecter plus d’argent. La part du Québec était alors estimée à 118 millions par la fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). La réalité lors de la dernière parution était que le gouvernement fédéral ne voulait pas accorder le droit de retrait au Québec et lui verser cet argent.
Les choses ont toutefois évolué rapidement. Le 3 février dernier, Ottawa annonçait qu’il transférait la part du Québec des PCBE, soit 115 millions selon leurs calculs. La FEUQ a bien accueilli l’annonce sans toutefois se réjouir, car le combat n’était pas terminé. Il était maintenant nécessaire que la ministre de l’éducation, du loisir et du sport, Michèle Courchesne, s’engage à investir la totalité des sommes dans l’AFE et qu’elle bonifie ainsi le programme avec les 35 millions qu’elle a reçu de plus. Il est nécessaire qu’elle s’engage à le faire car on a déjà vu des transferts fédéraux de 700 millions destinés au régime de santé se transformer en réductions d’impôt… Il n’était pas question que cela arrive avec l’argent des étudiants.

En réponse, la ministre a annoncé que l’argent reçu irait en AFE, mais qu’il n’y aurait pas de bonification, car selon elle, il n’y avait pas de nouvel argent. Son calcul est le suivant : 115 000 – 80 000 = 0. Je suis certain que même les étudiants en génie industriel ont remarqué l’erreur mathématique.

Suite à cela, la FEUQ a organisé une manifestation le 11  février devant les bureaux de la ministre à Montréal. Près de 300 personnes étaient présentes pour apprendre à compter à la ministre et récupérer les 35 millions qui nous sont dûs. Plusieurs actions ont également eu lieu dans plusieurs régions du Québec. Par exemple, des bureaux de députés furent bloqués et des étudiants furent mis dans le béton. Certaines conférences de presse de la ministre furent également perturbées. L’idée est de garder la pression sur la ministre et sur le cabinet Charest. Une nouvelle manifestation a eu lieu le jeudi le 11 mars à Montréal. Il m’est impossible de vous la décrire, car elle n’a toujours pas eu lieu lors de l’envoi du journal à l’impression.

Il faut maintenant que la ministre s’engage à bonifier l’AFE et la date butoir est la présentation du budget provincial. À ce moment, nous seront en mesure de voir exactement combien d’argent sera investi en AFE et évaluer si la ministre a finalement réussi ses cours de mathématique.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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