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Magical Properties Tour

Longue soirée que celle du vendredi 19 février dernier, alors que se tenait d’un côté de la ville la compétition Red Bull Thre3 Style, au Théâtre Telus, en vue de déterminer le meilleur DJ de Montréal et de l’autre, au Belmont, la tournée intitulée Magical Properties Tour, avec les têtes d’affiche Nosaj Thing et Daedelus.

Il est quelque peu surprenant de voir un tel événement se tenir au Belmont (4483 St-Laurent), club qui été réputé pour accueillir un public plutôt jeune plus enclin à « faire le party » sur la Main, à l’intersection des rues Mont-Royal et St-Laurent. Intriguant de constater que l’endroit accueille depuis quelques temps davantage d’évènements qui s’adressent à un public un peu plus restreint d’amateurs de musique électronique dans ses nombreuses variations, sans toutefois s’adresser uniquement aux mélomanes du genre. En effet, uniquement au cours des dernières semaines, Hercules & Love Affair ainsi que Felix Cartal et A-Rock s’y sont produits, pour marquer une nouvelle tendance dans le « booking » des artistes du club.

On peut louanger l’idée de présenter au cours de la même soirée des artistes touchant à différents aspects de la musique électronique, dans le but de faire connaître différentes branches de ce genre musical sans mettre l’accent uniquement sur une seule des nombreuses variations. Les promoteurs I Love Neon, Night Trackin’ et High Food font ainsi le pari que la musique électronique gagne davantage à mélanger les genres pour permettre de les réinventer progressivement, à l’image d’un « mashup » de plusieurs cultures. C’est ainsi que l’on peut difficilement identifier clairement le type des spectateurs présents à de tels évènements, puisqu’il rejoint différents mouvements, différentes modes, des hipsters à grosses montures de lunettes jusqu’aux bûcherons, en passant par les adeptes du tatouage qui ne craignent pas d’exposer leurs pièces jusque sur leur cou.

C’est dans le cadre de tels évènements si colorés qu’il est agréable de constater que tous sont unis dans une même salle pour apprécier des performances variées d’artistes aux styles différents qui parviennent malgré tout à se rejoindre sur une base commune. Ainsi, un duo tel que Jogger parvient à se glisser aisément entre Hovatron et Nosaj Thing, même en utilisant violon et guitare alors que les autres artistes se servent principalement de matériels électroniques (MacBook, MPC, Monome).

Les têtes d’affiche de la soirée ont offert une remarquable performance, menée par l’état de quasi-transe dans lequel se trouve Nosaj Thing en concert, que l’on aurait souhaité voir superposé à la projection visuelle qui avait grandement contribué à faire la renommée de l’artiste sur Internet et à laquelle on avait eu droit lors de POP Montréal en automne dernier. Daedelus, fidèle à son habitude, a pour sa part su improviser des compositions en harmonie avec l’attitude festive du public à partir de l’impressionnante banque de séquences qu’il a su se bâtir avec le temps.
On attend déjà leur retour en ville.

Mots-clés : Musique (217)



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