Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

… derrière un masque

Mais Venise, ce n’est pas juste cela. Loin de là. L’aventure vénitienne nous réserve encore un incroyable évènement plusieurs fois centenaire… son carnaval !

Pendant les dix jours que dure cette festivité, la ville se retrouve complètement transformée sous les paillettes et les déguisements. Les six quartiers offrent leur lot d’activités et d’animations aux habitants ainsi qu’aux touristes, sous le thème des six sens : goût, toucher, odorat, vue, ouïe et esprit.

Le quartier où je me trouve est celui dédié au goût. Dégustations à longueur de journée, découvertes culinaires, avec notamment les incroyables fritelles, brioches grillées fourrées au chocolat, crème, zabaione (garniture alcolisée), raisins au rhum, sucre. Un délice ! Néanmoins, le lieu où le carnaval prend véritable tout son sens reste la place St-Marc, véritable pôle d’attraction. Touristes nantis et vénitiens paradent dans leurs plus beaux costumes : robes, parures, perruques, miroirs, traînes, chapeau, masques inexpressifs derrière lesquels se cachent une figure maquillée de noir, laissant deviner les regards.
Une véritable foire où chaque costume est assailli par une horde de photographes, tous voulant prouver que leurs objectifs plus longs les uns que les autres feront une belle photo… Sur St-Marc se trouvent aussi concerts et animations, bal du XIXe siècle, et plusieurs performances théâtrales. Cette année, une troupe de mime catalan fit sensation, aux côtés des artistes italiens jouant des pièces inspirées de la Comedia dell’ Arte, théâtre comique et populaire italien.

Au coin des ruelles, au détour des passages et des ponts, l’on rencontre toutes sortes de masques. Animaux, personnages de la Comedia dell’ Arte (Pierrot, Arlequin, Pantalon…), lune, soleil, monstres… C’est un véritable spectacle haut en couleur auquel l’on peut assister, où chacun se cache derrière son nouveau visage, ne laissant transparaître au monde que le regard et les cils soigneusement maquillés, et où il n’est pas rare de trouver un homme à la barbe drue déguisé et maquillé en marquise, et vice-versa, une beauté vénitienne aux cheveux noirs en capitaine de bataillon.

Dernière impression des festivités, après les feux d’artifices, les spectacles de jongleries et d’acrobaties : le tango. Il est minuit, campo San Giacomo. Les ruelles sont noires, la chapelle du saint éclairée d’une lumière tamisée orangée. Autour de nous, une quarantaine de personnes déguisées dansent au rythme du tango aux résonnances électroniques. Moment figé dans le temps, où un chat étreint un papillon, une mime, un soldat, sourires à peine cachés derrière les masques.

Mots-clés : En échange (21)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.