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De retour en ligne

Mise à jour par rapport à mon article de la semaine dernière, surtout en ce qui concerne la disparition du site web de l’émission Masala, à l’antenne de CISM 89,3 FM. Ceux qui ont visité ledit site après avoir lu le Polyscope auront été surpris de constater qu’il était de retour en ligne, malgré ce qui était écrit dans le journal.

Google, propriétaire de Blogger, a en effet rétabli le site tel qu’il était, affirmant qu’une erreur technique était survenue lors d’une mise à jour. Le retour en ligne du site étant survenu après l’envoi du journal à l’imprimeur, c’est pour cette raison que les lecteurs curieux de voir de quoi il en retournait se sont retrouvés face au site de Masala alors qu’ils se seraient attendus à voir un message d’erreur indiquant que le site n’était pas disponible.

Google a ainsi rétabli le site, après avoir constaté qu’aucun avertissement n’avait été envoyé aux auteurs pour les avertir que des demandes de suppression de certains fichiers musicaux avaient été déposées. La grande majorité des échantillons de musique présents sur le site sont effectivement des compositions distribuées par les artistes eux-mêmes ou encore du matériel promotionnel offert par les représentants de ces artistes, les pièces litigieuses tombant dans la catégorie floue des morceaux remixés ou dont le statut légal est indéterminé.

Si l’on peut certes remercier Google pour avoir remis le site en ligne après avoir réagi un peu trop promptement aux accusations de violation de droits d’auteur, on ne peut cependant pas nier le fait que le géant de l’Internet a voulu lancer un avertissement aux internautes. En effet, l’entreprise a supprimé de la même façon quatre autres sites consacrés à la promotion de la musique, dans un effort visant à dissuader les utilisateurs de ses services à partager illégalement des fichiers. Après la publication d’articles faisant état de la situation dans le quotidien britannique The Guardian et le journal en ligne The Daily Swarm, une vague de réaction a déferlé à travers l’Internet, qui n’est sans doute pas étrangère à la rétractation de Google.

Si l’émission de CISM se tire, somme toute, bien de cette histoire, il n’en va pas de même pour les quatre autres sites visés par cette action de Google. En effet, I Rock Cleveland, To Die By Your Side, It’s a Rap et Living Ears sont quant à eux toujours inaccessibles tant pour les internautes que pour les auteurs, ce qui irrite profondément un public très impliqué dans la diffusion d’informations musicales sur Internet. Cette décision de Google a ainsi été qualifiée de « musicblogocide 2010 » et a été décriée par de nombreuses sources indépendantes d’information culturelle, tant dans les médias traditionnels que sur Internet.

Il est en effet important de noter que bien que plusieurs des sites supprimés par Google aient en effet diffusé du matériel qui violait des droits d’auteurs, certains d’entre eux sont d’un autre côté parrainés par la même industrie de la musique qui a déposé des plaintes contre eux. Intéressés par les succès commerciaux de groupes tels qu’Arcade Fire, Lilly Allen et Vampire Weekend dont la popularité est en grande partie due au bouche-à-oreille opéré via des sites Internet spécialisés, les labels travaillent en effet en étroite collaboration avec de nombreuses plateformes web afin de promouvoir certains artistes. On assiste alors ici à un déchirement au sein d’une industrie qui ne sait pas comment aborder le problème de façon mesurée, ce qui contribue à créer des situations telles que celle-ci, en faisant quelques victimes au passage.

***

Le plus récent article publié sur le site de Masala fait un retour sur la situation, en plus de présenter une note, leitmotiv du site :
À Masala, nous croyons que la musique, comme la culture et l’art au sens large, est un mélange d’influences et utilise toujours des idées et des éléments préexistants. Aucun artiste ne crée ex-nihilo. Nous pensons également que si les lois sur les droits d’auteur (DMCA) empêchent la culture et la musique de circuler et d’être réinterprétées librement, nous nous dirigerons vers une culture monolithique (au bénéfice économique de quelques-uns).

La musique dont nous faisons la promotion sur ce blog est l’incarnation de cette idée. Cette musique est généralement composée par des jeunes connectés au monde à l’aide de l’internet ou issus de l’immigration de 1ère, 2e ou 3e génération. Ces gens de partout s’inventent quotidiennement au travers du monde dans lequel ils vivent et essayent de créer du sens entre leurs traditions, cultures et histoires locales et les influences extérieures.

Nous pensons que en postant un MP3 sur ce blog, nous encourageons les gens à élargir leurs horizons, à être curieux et ouverts d’esprit par rapport à la musique des Autres et, lorsque c’est possible (et ce n’est souvent pas possible), d’acheter la musique, de soutenir les artistes et les gens qui ont rendu possible la circulation de la musique.
« Don’t believe the hype », chaque téléchargement n’est pas un vol ou une vente de moins. Les amateurs de musique ont un compte en banque limité. Mais soutenez l’art autant que vous le pouvez ! L’industrie du disque change et ne fait pas autant d’argent qu’auparavant et d’un autre coté, l’industrie de la musique au sens large se porte correctement (éditions, spectacles, merchandising, sponsorship etc.)

Vous pouvez donc à nouveau suivre Masala en ligne au
www.masalacism.com, sur les ondes de CISM 89,3 FM les samedis de 22h30 à minuit et les dimanches de 14h30 à 16h, ainsi qu’en podcast sur
www.cism.umontreal.ca. Vous pourrez également assister à l’évènement Karnival v.2 lors de la nuit blanche de Montréal en Lumière, qui mettra en vedette Ghislain Poirier, Bonjay, Ghostbeard et Valeo, ex-animateur de Masala. Cet évènement aura lieu au Club Soda (1225 St-Laurent) dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 février, et l’entrée est gratuite.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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