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C’est noté : on reviendra

La dernière causerie du CCA débute par le discours de Sylvia Lavin, du département d’architecture et d’urbanisme de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Le prestige distant de l’institution intrigue, et on se pique de curiosité pour À noter.

Réalisée en partenariat avec des agences d’architecture, des universités et le CCA, À noter est entièrement dédiée au lien qui unit architecture et écriture. J’espère que Mme Lavin ne m’en voudra pas de la paraphraser grossièrement en résumant l’histoire des architectes qui vont à contre-courant des mœurs de leur époque (les années 60). En utilisant l’écriture comme forme de recherche, la lecture comme anthropologie, la rédaction comme croquis, ces architectes recherchent une dimension intellectuelle voisine de la linguistique et de la philosophie, et qui va associer l’architecture à « des considérations plus vastes comme celles de culture populaire, de médias de masse, de publicité et de technologies émergentes ». Cette large transformation est documentée par 80 objets, bazar hétéroclite des instantanés d’un demi-siècle. On passe devant un manifeste imprimé des années 70 puis devant les croquis à la beauté abstraite d’une « Embryological House » trente ans plus tard. Une vue en coupe d’un mur de haut fait face à un cadastre de quelques mètres dont les plans de sol ont été remplacés par des publicités, taille et orientation conforme à la réalité. Hétéroclite et plaisant.

On peut faire un parallèle intéressant avec les agences entrevues par l’UQAM pour l’exposition Penser tout haut / Faire l’architecture
(voir le numéro précédent) : la plupart revendiquaient le papier/crayon comme outil privilégié de création et modéraient vivement leur besoin de l’ordinateur. Le dessin et la prise de notes plutôt que le prototypage assisté par ordinateur ou la construction, un rappel de la fonction essentielle de l’écriture dans le processus cognitif humain ?

Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous faire une idée par vous-mêmes avec les vidéo et documents lisibles sur le site Web du CCA : www.cca.qc.ca. On y voit entres autres le « diagramme animé » de l’exposition, c’est-à-dire une visualisation dynamique de l’agencement des œuvres dans les différentes salles de l’exposition. Une idée intéressante qui facilite la contextualisation et l’appréhension du matériel présenté, espérons qu’elle sera reconduite ! Sachez que vous avez également la posibilité de visonner le discours d’introduction de Sylvia Lavin depuis leur site internet. Ce système sera reconduit pour les expositions futures pour que tous puissent avoir accès aux présentations des expositions par les organisateurs.

Le Centre Canadien d’Architecture se situe au 1920 rue Baile. Entrée gratuite pour les étudiants.

Crédit photo : Centre Canadien d’Architecture




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