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Manipulation

Quel est le début de toute dictature ? Le contrôle de l’information. Par chance, des gens se sont battus dans notre histoire pour que nous ayons le privilège d’une liberté d’expression et par ricochet, d’un accès aux vraies informations. J’ai appris que ce gain n’est pas irréversible. Cette chance de vivre dans un pays où les gouvernements ne nous jouent pas dans le dos est très précaire et peut être sur le point de s’effondrer. Pour utiliser une expression de mon beau-frère : « on est dans marde en sacr*%$#t ! ».

J’ai appris grâce l’émission Enquête de Radio-Canada, que notre cher encéphale cubique à 2 neurones qui joue mal son rôle de Premier ministre agit de plus en plus selon la méthode de Mao. Lui qui a gagné ses élections (de façon minoritaire) en faisant la promotion de sa campagne sur un mot qu’il est incapable de prononcer : « l’imputabilité ». Mot non seulement difficile à prononcer pour un robot, mais encore plus à appliquer. Étonnant, car dans le reportage d’Enquête (qui est d’ailleurs disponible sur le site tou.tv ou radio-canada.ca) nous apprenons qu’il a caché des informations rapportées par le diplomate canadien en Afghanistan, que les journalistes n’obtiennent jamais d’informations, malgré la loi sur l’accès à l’information et, le bout de la fécalité, c’est qu’il suspend pour deux mois les activités à la Chambre des communes. Parce que nous, au Canada, quand on met au pouvoir un gouvernement minoritaire c’est bien parce qu’on est au dessus de ça, la démocratie ! Pendant que nos troupes se battent pour, soit disant défendre les afghans au nom de la liberté, nous nous laissons crever les yeux, couper la langue et exploser les oreilles par des médiocrités médiatiques au lieu de protéger ce que nous sommes si privilégiés d’avoir. Quand même ironique de penser que c’est la liberté d’expression (le droit de vote) qui a permis à un abrutissant destructeur de la liberté d’être au pouvoir. Darth Vader peut bien éteindre son sabre laser parce que Darth Harper contrôle beaucoup mieux les forces du mal.

N’empêche qu’il est quand même toujours là pour nous représenter. Par exemple, lors d’une conférence de l’ONU à New York rassemblant plein de présidents et de premiers ministres du monde entier, il était où déjà ? Ah oui, au Tim Hortons ! C’est plutôt son ministre qui est allé nous représenter parce qu’il avait autre chose à faire à New York cette journée-là. Ce n’est pas comme Sarko, Blair ou Howard qui avaient juste ça à faire chiller à l’ONU pour jaser d’environnement. Vous pouvez cependant être convaincus qu’il était dans les premiers inscrits à la conférence sur l’économie mondiale. Vous pouvez d’ailleurs, sur le site web du parti conservateur
(www.conservative.ca/FR/1002), dans la section ma Campagne, rubrique Appel à l’action, écrire une lettre à l’éditeur (déjà, on ne sait pas de qui on parle) pour se faire entendre. Vous pouvez écrire sur les thèmes suivants : l’économie.

Ils nous parlent quand même

Ce n’est pas totalement vrai de dire que le gouvernement ne nous parle pas. Il nous parle à travers de beaux messages de sensibilisation au tabac, à la drogue chez les jeunes, à la vitesse et à l’alcool au volant, au jeu et j’en passe. C’est pour se déculpabiliser que le gouvernement (ça c’est aussi au provincial) prend ces mesures. Pour voler une blague de François Pérusse : « Si vous avez un problème de jeu faites le : www.cestlegouvernementquivousencourageàjoueretquifaitsemblantdêtreconcernéquandvousetesrenduunplouk.com ».

C’est un « Catch 22 », si le gouvernement ne fait rien, les gens continueront à fumer, à boire au volant et à jouer leur chèque de paie et les conséquences (seulement sur le plan rationnel) coûtent cher à la société. D’un autre côté, s’il interdit complètement le tabac et autres, la société l’accusera de brimer les libertés individuelles (même si l’option précédente brime les libertés collectives). Dernière option, le gouvernement fait de la sensibilisation en continuant de tolérer les industries à l’origine de ces problèmes comme un hypocrite. L’avantage de cette façon, si c’en est un, c’est que nous pouvons mettre nos œillères et suivre à la lettre les directives en bons moutons.

Quand nous serons vraiment habitués à bien écouter les directives du gouvernement pour améliorer notre sort, nous serons enfin mûrs pour une réelle dictature non cachée et, qui sait, nous finirons peut-être dans la matrice…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.