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I AM-STERDAM

Une nouvelle semaine, un nouveau voyage ; cette fois-ci, c’est direction le nord-ouest de l’Europe pour visiter la ville d’Amsterdam dans le cadre lors d’un périple de deux jours. Récit des aventures dans le vieux continent de Will à Prague. Sac de sport prêt, rempli à ras bord de nouilles chinoises et d’une théière électrique, je pars avec mes deux colocs vers l’aéroport de Prague, avec en poche un aller-retour Prague-Eindhoven. Le reste sera dealé sur place !

Jour 1 : Venise du nord et Red Light District

Le train permet de relier l’aéroport d’Eindhoven à la gare centrale d’Amsterdam en une heure et demie. En sortant de la gare, la première chose qui nous frappe, au figuré et littéralement, c’est l’incroyable quantité de vélos présente devant nous. De partout, à gauche, à droite, même en hauteur, les vélos ont complètement envahi la ville d’Amsterdam. C’est le mode de transport privilégié du pays, il n’y a rien d’étonnant de voir familles, hommes d’affaires, amoureux en tandem, touristes et enfants se déplacer ainsi à travers les rues.

La ville d’Amsterdam a la particularité d’être sillonnée de canaux qui la traversent en cercles concentriques. Appelée la Venise du Nord, il faut emprunter les nombreux ponts qui relient les différentes rives pour se déplacer d’un quartier à un autre. La nuit, les lumières des ponts se reflètent dans l’eau calme et sombre, conférant un charme particulier à la ville.

Nous habitons en plein Red Light District, dans une auberge de jeunesse où je n’ai pas payé ma nuit. Je suis discrètement mes colocs, empruntant l’escalier menant aux chambres et aux lits superposés pour une courte sieste, le temps de reprendre des forces pour le reste de la soirée et pour déguster nos merveilleuses nouilles chinoises. Il est 23h, notre quartier est en effervescence, couleur rouge et néon. Aux vitrines se trouvent les demoiselles au décolletés plus que généreux, très légèrement vêtues pour la saison, appelant touristes, passants et curieux à entrer dans leurs « suites » pour prolonger le plaisir… Bref, un vrai attrape touriste, on a eu beau parlementer, aucun moyen d’obtenir la direction du restaurant le plus proche auprès de ces chères hôtesses, et quand est venu le temps de prendre une photo de ces vitrines (au cas où l’on se serait perdu en chemin), de gentils et féroces gorilles, appelés pimps dans le milieu, nous ont délicatement reconduits, menaçant de jeter ma caméra dans la rivière… Rivière où dorment paisiblement cygnes couleur nacre et canards affamés de pain. Passons cet épisode !

Jour 2 : Musées, opéra et space cookies

Levé à 7h du matin, je me faufile à l’extérieur du dortoir sans me faire voir par la tenancière au regard lourd de reproche, mon sac sur le dos, avec l’argent d’une nuit d’hôtel dans les poches. Amsterdam n’est pas seulement la ville du vice et du péché, de la marijuana légalisée et des tulipes, même si le symbole de la ville est trois X blancs sur fond noir, non, Amsterdam, malgré ses apparences fêtardes, et aussi une ville effervescente au niveau culturelle, avec ses artistes, musiques et peintures.

Le Rijskmuseum garde en ses murs une impressionnante collection tentant de faire la synthèse du siècle d’or néerlandais (1584-1702), époque où les Pays-Bas furent la première puissance économique, l’un des centres du savoir de l’Europe et un foyer artistique foisonnant. Les toiles de Rembrandt (La Ronde de nuit, La Jeune mariée juive), de Vermeer (La Laitière, La Jeune fille à la perle) et de Frans Hals pour ne citer qu’eux, trônent fièrement dans les galeries, où la lumière, la complète maîtrise du médium qu’est la peinture, l’eau et l’or se côtoient dans un mélange subtil et impressionnant. Au musée Van Gogh, ce sont les œuvres du célèbre peintre qui sont à l’honneur. La présente exposition retrace ses toiles, mises en relation avec sa volubile correspondance avec son frère Théo (652 lettres). Tournesols, autoportraits, paysages, fixe le naturalisme au courant du XIXe siècle grâce à cet artiste tourmenté et isolé, aux tableaux aisément reconnaissables par les touches de peintures appliquées successivement.

Pause dans la journée culturelle pour retrouver mes partenaires de voyages dans un coffee shop, autre lieu à ne pas manquer à Amsterdam ! Si vous demandez au barman de quoi fumer, un véritable menu s’offre à vous, avec des spécialités provenant de toutes régions du monde : Maroc, Inde, Pays-Bas, Chine, Afghanistan… et avec divers effets (stimulant, apaisant, éveillant…). Une néerlandaise rencontrée sur place et avec qui nous avons partagé l’après midi et la soirée nous a confié que le haschisch donnait moins mal à la tête que la marijuana, conseil d’experte ! Sept dollars le gramme, à se procurer dans un coffee shop près de chez vous. Et les space cookies, ces muffins au chocolat (marocain) sensés rendre euphorique, croyez moi, les effets sont assez variables, vous pouvez le demander à mon coloc’ dont le fou rire s’est prolongé pendant une bonne quinzaine de minutes devant une boutique de jouets pour enfants !

Retour sur la scène culturelle avec la présentation de l’opéra Salomé de Richard Strauss en soirée. Jamais un opéra n’aura été plus proche de sa ville, jamais un opéra n’aura été plus éloignée de l’art lyrique au niveau de la mise en scène, jamais je n’ai vu un opéra aussi conspué, et avec raison ! Sexe, drogue, alcoolisme ont teinté les deux heures de représentation, dans une mise en scène moderne et macabre, à la limite de la fornication en direct. Tandis que moins de dix personnes se sont levées pour saluer la performance de la troupe, un tiers de la salle est tout simplement parti en huant le spectacle à la tombée du rideau.
Il est 1h30 du matin, les bars viennent de fermer. L’argent commence à nous faire défaut. La prochaine nuit sera passée dehors, sur les bancs des parcs, proche des canaux et des canards. Le départ du train est annoncé à 7h du matin le lendemain pour Prague. La marche dans la ville nocturne permet de découvrir les différentes peintures murales des quartiers étudiants, mélange de revendications anti-capitalistes, pro-environnementales et empreints de messages de liberté. Bonne nuit Amsterdam, demain, Prague nous ouvrira ses bras à nouveau, et nous accueillera à grands renforts de vodka.

Mots-clés : En échange (21)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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