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Dix bonnes raisons de détester la Saint-Valentin…

À peine les sapins de Noël étaient dans les rues que Dollarama avait déjà remplacé les couronnes de l’Avent par les cœurs et les chocolats pour la Saint-Valentin. C’est un fait. Notre société est rythmée par la consommation. Le mal est tellement ancré que la question qui vient aux lèvres de mes amies depuis plus d’une semaine est: « T’as trouvé un cadeau à ton chum pour la Saint-Valentin ? ». Non ! Je refuse de fêter la Saint-Valentin. Je suis une anti Saint-Valentin et mes raisons sont les suivantes :
1. Je n’aime pas quand les prix flambent. Samedi dernier je voulais offrir un parfum à mon frère. La vendeuse m’a automatiquement demandé si c’était pour la Saint-Valentin. C’est à croire que tous les achats effectués doivent être fait en perspective de cette fête. À ce rythme bientôt on vendra même des fruits et légumes spécialement transformés pour que la soirée soit aphrodisiaque et inoubliable. Les boutiques profitent de cette occasion pour augmenter leurs prix. Les restaurateurs n’hésitent pas non plus. Ils augmenteront les prix des plats habituels sous prétexte que c’est un menu « spécial Saint-Valentin ». À croire qu’il faut payer parce qu’on a des chandelles qui brûlent sur notre table. Je n’ose même pas imaginer la ligne qu’il y aura devant Juliette et Chocolat ce dimanche…

2. Je n’aime pas les bouquets de roses le jour de la Saint-Valentin, parce que je veux en recevoir toute l’année et pas seulement le 14 février.
3. Je refuse de payer pour de l’amour. Est-ce que tu l’aimes ? Alors achète-lui des fleurs, des chocolats, un parfum, de la lingerie, un épilateur, un sex-toy et j’en passe. Tous les magasins et les publicitaires semblent dire : « Achète quelque chose, c’est une fois l’an ! ». C’est à croire que c’est le jour désigné pour mesurer le degré d’affection que vous portez à votre partenaire. Les marques s’accordent à véhiculer le même discours : plus vous dépensez et plus vous montrez votre attachement. À croire que votre partenaire ne vous quittera plus si vous lui offrez un bracelet Swarowski.

4. Je n’aime pas le chocolat. C’est vrai ! Ça existe des gens qui n’aiment pas le chocolat. D’ailleurs il n’y en a pas beaucoup d’entre vous qui aiment les chocolats avec la cerise qui baigne dans de l’alcool.

5. Je n’aime pas les sous-vêtements à froufrous. Les magazines vous en offrent même gratuitement. Il y en a qui n’hésitent pas à offrir le kit de menottes roses recouvertes de fourrure.

6. Je n’ai pas besoin d’attendre le 14 février pour dire « Je t’aime ». On n’a pas besoin qu’on nous fixe une date pour qu’on fête l’amour. On peut le fêter tous les jours. Il suffit que la personne qu’on aime soit à nos cotés… C’est important d’accorder de l’importance tous les jours et de poser des gestes d’attention sans que ça ne devienne une obligation. Un forfait massage et beauté, une fin de semaine romantique pour relaxer, un bon souper au restaurant sont autant d’activités que vous pouvez faire en couple.

7. Les hommes n’aiment pas recevoir un e-mail intitulé : « Ce que je veux pour la saint-Valentin ». Pour être sûr de ne pas avoir de mauvaise surprise c’est toujours mieux de prévoir. Alors certaines femmes n’hésitent pas à faire une liste pour des demandes très précises. Le discours peut ressembler à ça : « Si tu m’aimes, je veux ça, ça coûte tant et ça s’achète là ! ». Qui a dit que la Saint-Valentin était la fête du romantisme ?

8. Je n’aime pas faire comme tout le monde. Je n’ai pas une envie exceptionnelle de voir mon chum le 14 février parce que c’est la Saint-Valentin.

9. Je n’aime pas dîner dans un restaurant, entourée de couples qui se bécotent. Sortir le soir de la Saint-Valentin c’est s’exposer au risque d’être entouré de couples semblable au vôtre qui se regardent dans le blanc des yeux toute la soirée. En plus la perspective d’être avec mon homme endimanché dans un costume et moi dans mes nouveaux escarpins à talons qui me font des cloques à l’arrière du pied ça me coupe l’appétit.

10. Je n’aime pas que mon chum me dise qu’il a de nouvelles résolutions, parce qu’il les aura oubliés le 15 février. De toutes façons nombreux sont les hommes qui font des résolutions la nuit du 31 janvier et qui les renouvellent le 14 février parce qu’ils ne les ont pas tenu un seul jour. C’est à croire qu’ils vont le refaire le jour de la fête des mères !

Avez-vous remarqué que la presse contribue à cette course à l’amour ? Des magazines nous vendent les dix secrets pour passer la meilleure et la plus passionnelle des Saint-Valentin. D’autres ajoutent des cadeaux à leur numéro spécial, par exemple des capotes personnalisées sur lesquelles vous pouvez ajouter la photo de votre chum… ou celle du pape. Certains proposent aussi des presse-papiers en forme de cœur, des strings à foison et bien d’autres objets totalement inutiles. En outre c’est une véritable torture organisée pour les personnes célibataires car nombreuses sont celles qui attendent impatiemment le 16 février. Pourquoi le 16 février ? Parce que le 15, les Valentins tiennent absolument à raconter à la planète entière ce qu’ils ont fait la veille. Nombreuses sont aussi les célibataires (surtout les femmes) qui se promettent de ne plus être seules la prochaine Saint-Valentin. C’est tout le mal que je leur souhaite. Je plains aussi les personnes qui vont passer le 14 février seules parce qu’elles ont rompus le 13 (C’est sûr que vous en connaissez).

De plus quand vous êtes célibataire, chaque magazine, chaque panneau, chaque spot publicitaire, chaque émission de radio vous rappelle à quel point vous êtes un paria. Et comme si ça ne suffisait pas, vous recevez aussi des e-mails des restaurants, des hôtels et des agence de voyage pour des offres promotionnelles pour la Saint-Valentin. Évidemment pour passer une semaine à Venise pour un prix de 1700 $ tout inclus, il faut être deux sinon vous payez double.
C’est pourquoi je pense qu’il devrait y avoir une fête pour les célibataires. Parce qu’au risque de vous surprendre, le célibat est super bien vécu par beaucoup d’entre nous. Vivre et faire ce qu’on veut, quand on veut, si on veut: ça n’a pas de prix. Aucune contrainte, ni de disputes non plus.

Comme l’a dit Ashton Kutcher lors d’une interview : « Je déteste le jour de la Saint-Valentin […]. Je pense que chaque jour devrait être une romance ». Pourtant ce dernier joue le rôle d’un fleuriste dans le film « Valentine’s Day » qui sortira le 12 février. Avis aux cœurs d’artichaut…




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