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Roadkill

Voyage au cœur de l’agoraphobie et de la solitude de l’outback australien, Roadkill, nous plonge littéralement dans la tête de ces trois personnages. L’œuvre explore leurs peurs et leurs perceptions faussées du paysage et de ses dangers. Un couple perdu dans le désert, et une âme bienveillante venue pour aider…

Étrange. C’est un nom qui pourrait correspondre à ce ballet théâtral. L’histoire commence comme tel : Une voiture dans le désert australien, en panne. Cette pièce d’un tout nouveau genre, se situe entre, le théâtre, le ballet avec un soupçon d’horreur et de terreur. Beaucoup d’éléments de scène font spectacle son et lumière, ce qui donne un effet cinéma. Les cadrages de lumière permettent de centrer l’action, et donne un nouveau champ de vision au spectateur qui se sent en intimité avec l’acteur.

Parlons de la pièce en elle-même. L’action est difficile a comprendre. Je m’explique. Le début est lent, on voit un couple dormir dans une voiture, puis le garçon se réveille, essaye de démarrer la voiture mais elle est apparemment en panne. Et au moment où il sort alors qu’on s’attend à ce qu’il se mette à danser, il fait le plus banal des pas et marche. L’ambiance est alors à la découverte car on ne sait pas vraiment ce que cet étrange personnage est en train de faire. Et après un peu de temps à tourner et virer dans le décor, la danse commence. Ce sont plus des mouvements brusques et de très beaux enchaînements faits avec une merveilleuse précision plutôt que de la danse au sens ballet. On est bien dans un spectacle de danse contemporaine. Elle marque les sentiments et les émotions des acteurs. C’est pour cela qu’on ne la retrouve pas tout le temps. Et c’est pour ça qu’elle est entrecoupée par des scènes sans danse mais associées à un jeu d’acteur.

À ce propos, je dois dire que j’ai été impressionné par les mouvements de danse de ces artistes. Voir un ballet classique est certes très jolie, mais l’on ne pourra pas me dire qu’au bout de 2h30 de ballet on retrouve les mêmes enchaînements ou les mêmes pas de danse. Ici au contraire, on peut remarquer l’effort de création. Pour ceux qui peuvent aller sur le site web de la Place des Arts, allez donc voir la vidéo de présentation de Roadkill, et vous verrez un aperçu de ce qu’ils sont capables de faire. J’ai été particulièrement stupéfait par deux scènes. La première est lorsque la danseuse, Gabrielle Nankivell, est sur la voiture et arrive grâce à sa souplesse à rouler de derrière à devant la voiture, ce qui m’a rendu assez dubitatif quant aux nombres d’heures passés en répétition. La seconde scène est dans la cabine téléphonique. Pas étonnant que tous les journaux (y compris le notre) mettent cette photo assez rocambolesque. En effet, dans cette cabine exiguë, Grayson Millwood, arrive dans une position assez douteuse. Mais c’est sans à-coup qu’il se tort, et arrive à se retourner pour donner un effet de la 5e dimension. L’effet le plus amusant que l’on pourra relever, est celui de la voiture qui roule : pour nous donner l’effet de mouvement un acteur conduit, tandis que les deux autres changent les décors mettant ainsi en scène des arbres, des panneaux routiers, un cycliste et encore bien d’autres éléments de la route.

Cette histoire s’inspire d’un fait réel. L’affaire Peter Falconio a tenu en émoi l’Australie de 2001 jusqu’en 2005. Un couple britannique s’est fait agresser sur une autoroute australienne alors qu’il était en panne. La personne inculpée s’était fait passer pour quelqu’un voulant donner un coup de main. Depuis 2005, Bradley John Murdoch est sous les verrous pour cette sombre histoire…

Roadkill, produit par Brisbane Powerhouse and Dancenorth avec Gavin Webber, Grayson Millwood et Gabrielle Nankivell à la Cinquième Salle, Place des Arts jusqu’au 13 février. Billet tarif réduit à partir de 25 dollars.

Crédit photo : Jeff Busby

 




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