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Idiotproof, prise 2

Au cours de la session précédente, j’avais écrit un article à propos des objets qui se devaient d’être conçus de façon à être « idiotproof », c’est-à-dire qui devaient être en mesure de résister à une utilisation abusive ou à des conditions d’utilisation hors des normes généralement prévues. J’avais, entre autres, cité comme exemple la notice de sécurité sur les tronçonneuses, qui avait graduellement évolué au cours des années, passant de « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains » à « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains ou tout autre organe » pour maintenant se lire « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains ou tout autre organe de quiconque ». Naturellement, on peut facilement concevoir que si tous les objets à la portée de n’importe quel être humain ne devaient présenter aucun risque, peu importe la condition de son utilisation, il n’y aurait pas beaucoup d’objets que l’on pourrait utiliser.

Et là, je ne parle pas de shampoing à base d’acide chlorhydrique, de nourriture à chat à base de clous rouillés ou de céréales à base de mercure, tous en vente dans votre magasin à 1 $ préféré. Je parle ici de décorations de Noël, de barbecue au gaz ou de tuyaux de PVC laissés entre les mains de votre mononc’ placé sous la surveillance inadéquate d’un autre adulte irresponsable. Soumis à la créativité de votre mononc’ depuis qu’il est à la retraite et qu’il cherche des raisons pour éviter de se retrouver à la maison avec sa femme, ces trois objets peuvent à eux seuls combiner les plus grands succès comme les plus grands échecs de l’ère spaciale. En l’espace de cinq tragiques minutes.

Dans le monde un peu spécial des mononc’, « ininflammable » est en effet souvent vu comme un défi alors que « au secours, la maison est en feu » est souvent vu comme une raison pour aller à la pêche en sifflant, avant que le service d’incendies décide de lancer une enquête.
Ça peut paraître divertissant présenté sous cet angle, mais ça l’est certainement moins quand vous réalisez tous que vous voyez parfaitement quelqu’un de votre entourage proche dans le rôle de ce mononc’. Bien moins divertissant dans la réalité qu’à la télévision. Red Green du Red Green Show est peut-être drôle à l’antenne de la CBC, mais dans la vraie vie, celle de ce côté-ci de l’écran, quelqu’un pour qui la solution à tous les problèmes est le « duct tape » coûte cher en thérapie… et en ruban adhésif.

Je suis conscient que le « duct tape » est comme la Force, puisqu’il a un côté clair, un côté obscur et qu’il maintient la galaxie en un tout unique. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités… et tant qu’à être dans les citations de films, il ne faut pas non plus oublier que ce soir, nous dînerons en enfer.
Tout ça pour souligner le fait que plusieurs incidents plutôt gênants pour l’espèce humaine se sont produits au cours des dernières semaines, et qu’il aurait peut-être été préférable que les personnes concernées prennent le temps de lire le Polyscope afin de profiter des judicieux conseils de savoir-vivre que nous dispensons à chaque semaine, en plus des dizaines de messages subliminaux pro-Conservateurs.

Prenez par exemple cet homme de 62 ans du comté d’Oakland, dans la région de Détroit, qui a été brûlé sur 18 % de son corps à la suite d’une expérience visant à démontrer l’efficacité d’une « fusée » construite avec les moyens du bord.

Selon les enquêteurs, l’homme – jouissant déjà d’une certaine réputation pour s’adonner à certaines excentricités lors de fêtes – aurait mis au point un sac à dos sensé le propulser grâce à un pot d’échappement d’automobile contenant de l’essence, des têtes d’allumettes et de la poudre noire. La « malheureuse » victime aurait revêtu une cape faite d’un sac de poubelle et se serait protégé la tête à l’aide d’un casque de moto (il y avait apparemment quelque chose à protéger). Un compagnon de la victime aurait alors allumé la mèche du système de propulsion attaché au dos du super héros alors qu’il s’élançait sur une piste à bord d’une luge. Le prototype aurait alors explosé au cours de la descente.

L’article* mentionne que la « victime » avait consommé de l’alcool au moment de l’évènement, ce qui explique certainement l’échec de la mission. En effet, quand vous penserez à vous élancer le long d’une côte à bord d’une luge avec un explosif attaché à votre dos, ne consommez pas d’alcool. Vous pourriez oublier de prendre des photos.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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