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Paradis perdu : Supplémentaires jusqu’au 20 février

« Il était une fois, une dernière fois » un soldat errant sur Terre. Ce seul survivant de la race humaine s’apprête à livrer ses ultimes souffles alors qu’une voix intérieure l’invite à tout faire renaître par le biais d’un voyage onirique le portant « dans le jardin du monde et dans le cœur de l’homme ». Paradis perdu se veut une interrogation sur la coexistence de l’homme et de la biodiversité, mais c’est avant tout une odyssée rassembleuse et une production qui innove par des effets visuels complètement sautés.

L’idée derrière Paradis perdu est née de la collaboration entre Dominic Champagne, metteur en scène et créateur notamment du spectacle Love, et Jean Lemire, cinéaste et biologiste. Le tout a évolué au rythme des compositions de Daniel Bélanger dont la musique ne se démarque pas par son sensationnalisme, mais plutôt par son harmonie rêvasseuse qui nous amène confortablement à croire que « la fin de l’homme ne sera pas la fin du monde » alors que le contraire est vrai.

L’odyssée est guidée tout au long par un narrateur poète, incarné par Pierre Lebeau, seul comédien que l’on entend de vive voix. On finit par oublier la présence de son personnage au jeu d’acteur complexe le rendant presqu’invisible aux yeux des autres même si ses paroles résonnent tout au long du récit. Son rôle est primordial alors qu’il guide le soldat mourant, soit Rodrigue Proteau, à devenir le jardinier du monde et le seul espoir de la renaissance de l’humanité.

D’ailleurs, une écoute très active est nécessaire pour bien suivre le monologue poétique et ainsi comprendre la beauté des paroles qui laissent place à une interprétation assez vaste au deuxième sens. Les clichés peu subtils, tels que la réincarnation d’Adam et Ève, enlèvent de la profondeur à la réflexion sur la main destructrice de l’homme. Au fait, certains diront que l’histoire est trop simpliste, mais les auteurs ont justement voulu éviter de rendre le récit moralisateur. Ainsi, les spectateurs détiennent le pouvoir de rêver plus librement alors qu’ils sont émerveillés par les effets visuels absolument incroyables. Ceci ne change pas le fait qu’un questionnement sur la nature de l’homme germe en chacun.

Indéniablement le côté saisissant de la production, le visuel comporte des avancées technologiques majeures pour le milieu du théâtre. Une scène inclinée de 12 degrés ainsi que la présence de multiples projecteurs parfaitement synchronisés amènent un réel effet 3D interactif dans le décor, soit une première pour un spectacle de scène. Les trois tonnes de feutre déchiqueté qui recouvrent la scène deviennent à des moments différents une mer agitée, un volcan en éruption et un jardin riche en couleurs, tout cela par le biais des projecteurs. De plus, une voile descend à plusieurs occasions entre la scène et le public portant des effets visuels et parfois des vidéos. Imaginez un acteur sur scène qui se fait entourer de 360 degrés de lumière. Bref, les effets sont hallucinants.

La boîte québécoise Hybride Technologies qui a contribué au succès d’Avatar a tellement été impressionnée par les réalisations de l’équipe technique de Paradis Perdu qu’ils ont voulu contribuer à l’événement. Cette compagnie a maintenant le feu vert pour modéliser cette découverte artistique afin de l’adapter à d’autres spectacles. Par cette visibilité et la reconnaissance d’Hybride Technologies quant aux prouesses techniques, les réalisateurs de l’odyssée spectaculaire et musicale osent espérer que leur projet puisse être exporté à l’extérieur du Québec. Enfin, pour l’instant, les choses vont bon train pour Paradis Perdu puisqu’il y aura des supplémentaires jusqu’au 20 février dans le cadre du Festival Montréal en lumière.

Ne manquez pas votre chance d’apprécier ce bijou artistique !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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