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La boucle est bouclée

En programmant Tosca, l’Opéra de Montréal fête un anniversaire aux allures de maturité. C’est en effet avec ce même opéra que la salle Wilfrid-Pelletier a été inaugurée il y a 30 ans, en octobre 1980. Entretemps plus de 900 représentations de 90 opéras y ont été données, dont une cinquantaine de nouvelles productions, un accomplissement remarquable pour « la promotion de l’art lyrique » qui est la mission de l’Opéra de Montréal.

Mais Tosca n’a pas été choisi que pour célébrer l’anniversaire : c’est un opéra un peu différent, dans la forme et dans le fond. Dans la forme car son auteur, Puccini, est le dernier de la grande tradition lyrique. Son œuvre s’inspire de Wagner : la mélodie ne s’arrête jamais et des thèmes musicaux forts sont associés à chaque protagoniste, modulés en fonction de l’ambiance. L’orchestre devient alors un véritable commentateur des solistes. Différence dans le fond aussi, puisque Tosca est un opéra réaliste, c’est-à-dire basé sur une version romancée de faits avérés et récents. L’opéra, écrit en 1900, narre des événements qui se sont produits un siècle auparavant.

En 1978, les troupes de Napoléon occupent Rome et y proclament la « République Romaine », dont Cesare Angelotti est le consul. Mais un an plus tard, une armée austro-russe défait la garnison française, aboli la République Romaine et capture Angelotti. En 1800, les troupes françaises de retour dans le nord de l’Italie sont engagées par les Autrichiens lors du passage des Alpes. Ceux-ci, en supériorité numérique, prennent le contrôle de la ville de Marengo et envoient des messagers annoncer la victoire : le premier acte de Tosca peut débuter.

Angelotti parvient à s’échapper de sa prison et rentre dans l’église Sant’Andrea della Valle où sa sœur, la marquise Attavanti est venue déposer des vêtements de femme pour faciliter sa fuite. Avant qu’il n’aie pu s’emparer du déguisement, Angelotti est découvert par Mario Cavadarossi, peintre en train de finir une représentation de Marie-Madeleine. Cavadarossi offre d’aider Angelotti mais l’arrivée inopinée de sa maîtresse, la belle Tosca, perturbe ses plans. Tosca reconnaît les traits de la marquise Attavanti dans le portrait de Marie-Madeleine et soupçonne Cavadarossi de lui être infidèle. « Fait-lui les yeux noirs ! » Tosca, jalouse, exige que Cavadarossi change le portrait. Elle le suit lorsqu’il part dissimuler Angelotti dans sa villa. Elle ignore être suivie par les agents de Scarpia, le chef de la police.

Le deuxième acte se déroule dans les bureaux de Scarpia. Cavadarossi, arrêté, torturé, refuse de livrer Angelotti qui se cache toujours chez lui. Harcelée par Scarpia, impuissante devant les cris de son amant, Tosca révèle la cachette de Angelotti. Le supplice de Cavadarossi cesse mais Angelotti se suicide avant d’être pris. Un messager arrive alors dans le bureau de Scarpia, annonçant la victoire surprise des Français sur les Autrichiens et Cavadarossi s’exclame « Vittoria ! Vittoria ! ». Ulcéré, Scarpia le condamne à mort, à moins que Tosca ne se donne à lui. Celle-ci accepte, uniquement après que Scarpia eu donné l’ordre de tirer sur Cavadarossi à blanc pour lui permettre de s’enfuir une fois les soldats partis. Tosca poignarde alors Scarpia et va rejoindre le peloton d’exécution.

Le troisième et dernier acte a lieu dans le château Sant’Angelo. Tosca explique le subterfuge a Cavadarossi. Mais celui-ci ne se relève pas après les coups de feu car dans une dernière ruse, Scarpia avait mentit sur la libération de son prisonnier et l’a bel et bien fait fusiller. Tosca échappe alors aux gardes et se jette dans le vide.

Si les interprètes sont tous très convaincants, les décors sont eux exceptionnels. L’église, le bureau, le château sont superbement réalisés, grandioses et colorés. Les effets spéciaux employés dans la scène de l’exécution en clôture en font un instant saisissant.

Tosca sera représenté encore cinq fois à l’Opéra de Montréal, les 3, 6, 8 et 11 février à 20h et le 13 février à 14h. Cette dernière date est spéciale car une soliste amateure, Annie Sanschagrin, chantera des extraits de Tosca. Ne ratez pas la gagnante de l’Apéro à l’Opéra !

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