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Doggy Style

Vous avez des valeurs ? J’ose espérer que vous en avez, sinon, vous êtes un robot et il n’est pas nécessaire de lire ce qui suit, passez directement au sudoku. Bon, vous avez des valeurs, mais en prenezvous conscience ? Savez-vous ce qui est important pour vous ou ce qui l’est moins ? Avez-vous une conscience ?
Vous êtes vous déjà demandé s’il y avait quelque chose sur quoi vous ne seriez jamais prêt à faire de concession ?
Êtes-vous fidèle à vous-même face à ces choix ?

La fidélité, nous l’entendons souvent sur le plan des relations de couple, mais c’est beaucoup plus large que ça. Je vous donne un exemple. Disons que pour vous, le respect est une valeur fondamentale. C’est le début de la session et vous êtes pauvre (ou intelligent) et vous vous rendez à la foire au livre. Vous voyez quelqu’un que vous connaissez dans la ligne et vous optez pour le manque de civisme en faisant le gars qui commence subtilement une conversation pour se tailler une place dans la ligne d’attente. Mauvaise nouvelle, non seulement vous n’avez pas de civisme (une filiale du respect), mais vous n’êtes pas fidèle à vous-même, à vos propres valeurs. Ça profite à qui d’être fidèle ? La fidélité est un combat de tous les jours contre nous-mêmes, contre nos valeurs et notre conscience.
Ceux qui n’ont pas de conscience et ne sont pas fidèles à eux-mêmes n’ont pas de problème à vivre dans leur peau. En quelque sorte, c’est plus simple. Pas besoin de se poser de questions sur les conséquences de nos actes. Ce que je consomme affectera-t-il l’environnement ou quelqu’un ? Est-ce que mes actes nuisent à la condition de vie de quelqu’un ? Il faut assumer l’impact de notre présence sur cette terre et dans la société. En bout de ligne, ça donne quoi d’être fidèle ? Ça complique tout, ça prive.

Cette notion de fidélité, je crois que ça part de l’éducation. L’éducation des parents. La même éducation qui nous apprend à dire « s’il-vous-plait » et
« merci », à vouvoyer un adulte (incluant un prof d’université), à ne pas dépasser dans une ligne, à ne pas parler dans une bibliothèque, à ne pas descendre l’escalier menant sur le quai du métro quand il vient tout juste de larguer un bataillons d’étudiants endormis sachant très bien que tu embarqueras seulement dans le suivant, à garder la droite dans les escaliers roulants (ou sur l’autoroute),
à ne pas passer devant tout le monde à l’arrivée du métro pour avoir un siège, à céder son siège à un vieux, à se mettre de l’anti-sudorifique et se brosser les dents (particulièrement quand tu es chargé de TD), se mettre maximum un à deux pouish de parfum… Cette éducation qui nous apprend le civisme finalement ! Le problème, c’est que si tes parents ne t’ont rien appris de tout ça, tu ne le sais pas que ça existe et tu vis très bien avec ça. C’est ceux qui ont été en punition à 7 ans pour l’apprendre qui en sont affectés. Alors je repose la question : Qu’est-ce que ça donne la fidélité, le respect ou le civisme, tous intimement liés ?

Ça donne la notion du gros bon sens (GBS). Il faut croire qu’on vit de plus en plus une pénurie de GBS lorsqu’on lit sur les tasses à café: « Attention, le contenu peut-être chaud ! ». On en témoigne aussi lorsqu’on voit à la tivi des publicités du genre : « Passe du temps avec ton enfant, ça va lui être profitable ». Le GBS c’est aussi ce qui t’empêche normalement de t’acheter un giga Hummer (pour utiliser le cliché)
quand tu habites à Laval et que tu n’en sors qu’une fois par année. C’est aussi quand tu entends dans ton oreille : « si tu prends la valise de cash en échange d’un contrat de construction, tu vas peut-être voler les citoyens, ceux qui contribuent à ton régime de santé, de retraite, etc. ».
Je vais garder l’éthique pour une autre chronique, mais ce serait quand même pertinent. Avec tout ça, avons-nous répondu à notre question ? Plus j’avance dans mon raisonnement, plus je me dis que ça ne donne pas grand-chose à ma petite personne d’être fidèle.

Même dans le lit. Si tu es responsable en te protégeant pour ne pas avoir de maladies ni te reproduire, pas de danger de se faire prendre même si tu es infidèle ! Comme dans la vie, la fidélité n’est pas supposée être simple et facile. Par contre, on n’évolue pas dans la vie si on cherche seulement la route facile. On passe surtout à côté du sentiment de fierté d’avoir été cohérent avec soi-même, d’avoir fait le « bon choix », d’avoir résisté au manque de respect, au manque de civisme. Ces sentiments-là sont diffi –
ciles à ressentir et à vivre parce que rares, mais quand on y goûte, on se sent plus léger dans notre intellect, la vie paraît plus juste, on se sent intègre et l’intégrité, ça se sent. Les autres gens intègres se joindront à vos côtés et vous ne serez plus en situation de confl its moraux et de dilemmes. Les choix seront de plus en plus simples, évidents et faciles à faire puisque vous vous connaitrez et vous serez fidèle à vous-même. Bref, quand on fait des efforts dans la vie, c’est payant. Quand même étonnant qu’être fidèle puisse être profitable, aussi égocentrique que vous soyez !




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