Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Faire ses études au Mexique, par où commencer ?

Je suis depuis un mois et demi dans la ville de Mexico en échange. Je vais d’abord faire une mise en contexte de la ville où je me trouve et élaborer sur mes études ici. Je vous rappelle que Mexico est en plein milieu du pays et je n’ai donc pas l’occasion d’aller à la plage tous les jours boire une bière Corona sous un sombrero. J’ai fait un cours d’espagnol et je me suis lancée à l’aventure au Mexique.

La ville semble avoir beaucoup plus d’histoire que Montréal. Par exemple, les conquistadors espagnols, après avoir tué le roi aztèque, ont décidé de s’installer tout simplement en construisant par-dessus la ville aztèque. En effet, dans les années quatre-vingt, en creusant au centreville, pour y construire un bâtiment, ils ont découvert un temple. Aujourd’hui, en plein milieu du centre-ville, en face d’une immense cathédrale espagnole, il y a un immense trou dans lequel on peut visiter ce temple et le musée qui explique son histoire. Donc, malgré la colonisation, les mexicains reconnaissent leurs origines aztèques et tiennent à protéger leur patrimoine.
Le Mexique est un pays indépendant de l’Espagne depuis le 16 septembre 1810. La nuit du 15 septembre, les gens se rassemblent partout dans le pays pour « el grito », le cri d’indépendance.
Ce cri est simplement une façon de souligner le fruit de la révolution et de crier « Viva Mexico ».
Bref, les mexicains sont fiers de l’être et ils aiment leur pays.

Je suis en échange à la Universidad Autónoma de México pour une session.
Contrairement à la Polytechnique les cours au Mexique ont commencé au début du mois d’août. Cette université est la plus grande dans le pays. Ici, on retrouve des universités privées et des universités publiques gratuites.
Je dis « «gratuite », mais le coût pour une session est en réalité moins de 1$. Mais, j’ai la joie de payer mes frais de scolarité comme vous tous pour mes cinq cours qui seront crédités.
Le campus est tellement immense qu’il s’appelle ville universitaire. On parle de 300 000 étudiants! Il y a un service d’autobus gratuit pour se rendre d’une faculté à une autre ou au Métro. Je me plaignais quand j’avais un cours au premier de Lassonde et que je devais aller ou cours suivant au sixième du Principal. Ici, entre le Principal et l’Annexe il y a dix minutes de marche. Ce qui m’amène à dire que la ponctualité n’est pas une priorité dans cette université, car il n’y pas dix minutes entre les cours. En effet, en théorie je devrais me téléporter de mon cours qui fini à 13h pour aller à celui qui commence à 13h. Mais les professeurs aussi arrivent en retard, et ça ne semble gêner personne. Ici, les professeurs on l’entière discrétion de la gestion de leur cours et de leur manière d’évaluer. Cela peut faire en sorte que je n’apprenne pas exactement la même chose que l’étudiant d’un autre groupe. Par exemple, dans mon cours de circuits électroniques, le professeur nous a informé que l’horaire ne correspondait pas à son emploi du temps et que nous allions avoir un cours de quarante-cinq minutes et non d’une heure et demi.
Le système d’évaluation est aussi très différent. J’ai l’impression de goûter au tronc commun que la Polytechnique avait. Il y a des devoirs, des examens, des laboratoires mais aussi des petits projets dans chaque cours. Les devoirs peuvent varier grandement. Pour ce même cours de circuit, j’ai eu un devoir dans lequel je devais expliquer la relation entre la mécanique quantique et l’électronique. Par contre dans un cours de probabilité et statistique j’ai été voir une pièce de théâtre sur l’Holocauste et j’ai dû en faire la critique. Le manque de structure implique que les professeurs sont plus indulgents et qu’on peut voter pour que les examens comptent que pour 30% du cours et que les projets et devoirs comptent pour le reste. J’aime le fait de voir une façon différente de faire les choses. Dans le monde du travail, ces différences au niveau de l’éducation se refl ètent sur les ententes de deux entreprises de pays différents. Contrairement à une session normale à la Polytechnique où j’apprends le contenu des cours, ici j’apprends l’espagnol et une nouvelle méthode de travail.

J’aimerais terminer sur une note culinaire. J’ai probablement mangé plus de tortillas en un mois que dans toute ma vie. J’ai découvert que les burritos, fajitas, tacos croustillants et nachos sont des inventions américaines au même titre que le poulet du Général Tao et les Fortune Cookies.
La tortilla est l’aliment de base dans lequel on peut y mettre toutes sortes de viandes, l’ensemble formant un taco. Disons que le restaurant Tres Amigos n’est pas aussi authentique qu’il le prétend. Les bières locales sont plus populaires que les bières importées. De plus les gens boivent souvent leurs bières mélangées avec du jus de lime ou du Clamato.
La bière coûte 0.90$ au dépanneur du coin qui, ouvert 24h, vend aussi de la tequila même après 11pm.
Le shampoing coûte cinq fois plus cher qu’une bouteille de bière ce qui m’amène à penser que nous avons tous des priorités différentes.

Mots-clés : En échange (21)

Articles similaires

4 jours, 3 nuits, 2 pizzas et 1 ville

29 janvier 2010

Passer une année Erasmus en Europe comporte de nombreux avantages, et principalement celui de pouvoir voyager aisément à travers les pays du vieux continent. Délaissons les lumières de Paris du dernier article pour découvrir l’effervescence et la beauté lombardes. Second arrêt en Italie, dans la capitale mondiale de la mode, j’ai nommé : Milan. Rendez-vous à Milan Après quelques heures de vol pardessus les Alpes italiennes, me voici à Bergamo, ville située non loin...

Prague, ville lyrique par excellence

9 juillet 2010

La capitale tchèque cache précieusement en elle parmi les plus beaux joyaux du monde musical. En matière de musique classique, il serait presque titanesque d’arriver à produire un recensement complet des performances offertes au courant d’une année. Avec une politique d’ouverture à la culture extraordinaire, deux compagnies d’opéra offrent l’opportunité à tous d’assister à des représentations d’une fine qualité, au professionalisme poussé à l’extrême. Chaque soir, c’est plus de trois opéras différents qui sont...

Faites vos bagages !

1 octobre 2010

Septembre arrive avec son lot de nouveaux cours, d’appréhensions et d’hésitations à Montréal. Enfin, pour ma part, les cours débutent en octobre. Je suis en République Tchèque, couronnant l’épopée administrative débutée presqu’un an auparavant. « Épopée » est le meilleur mot pour décrire le parcours du combattant que j’ai du réaliser avant de pouvoir enfin prendre mon premier goulash et la première d’une longue série de bières. Trouver un pays hôte, chercher une université...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Clémence au paradis infernal

2 octobre 2009

Même si on ne veut pas l’admettre et qu’on essaye de pas y penser, l’hiver arrive à grand pas. Même si légère, la baisse de température de cette semaine en témoigne. Pour les nouveaux arrivants au Québec, il est temps de s’armer : préparer votre combinaison thermique, résistante au froid polaire (blanche de préférence pour esquiver plus facilement les ours blancs, lors de votre sortie ultime pour faire les courses chez Métro), trouvez-vous des...

Le cabinet du Dr Jazz : À la rescousse des forces américaines

5 février 2010

Les difficultés massives qu’éprouvent les forces américaines au Moyen-Orient ne sont un secret pour personne. Cette âpre et longue déconfiture est à la base de la grogne qui règne chez plusieurs élus démocrates, élus qui réclament d’importantes coupes dans le budget de la défense. Le président Obama a cependant souhaité, lors de l’annonce du budget fédéral en fin janvier, geler le budget de l’armée plutôt que de procéder à des coupes. Au lieu de...

POP Montreal 2009

9 octobre 2009

Ouf, quelle semaine. Même pas une semaine en fait, 5 jours « seulement ». À l’heure d’écrire ces mots, il y a maintenant 7 jours, je m’armais de courage pour affronter la 8e édition de POP Montréal avec une bonne réserve d’heures de sommeil accumulées et du thé dans un thermos. Toute une aventure, composée de courses à vélo entre différentes salles de la ville pour arriver à temps pour le début d’un concert juste après...