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Drame médiatique

Ma chronique de cette semaine, je l’ai écrite sur la couverture médiatique des évènements lorsqu’il y a un drame. Je me suis d’ailleurs surpris à toucher la limite de ce que j’ose dire à « n’importe qui », en l’occurrence, vous chers lecteurs, et aussi ce que je dis à ceux qui m’aiment et me connaissent. Vous l’aurez deviné, c’est ce qui se passe actuellement à Haïti qui a atteint mes sentiments.
En commençant à écrire ma chronique, j’ai trouvé que je poussais peut-être la note un peu, alors que la poussière n’a même pas encore fini de tomber.

Les injustices, qu’elles soient de nature économique, géographique, naturelle, sociale, humaine ou autre m’atteignent profondément. Je mets souvent ma vie en perspective en me disant que je suis né sous la bonne étoile, malgré les petits malheurs de ma petite vie. Je ne peux faire autrement que de penser que ces gens n’ont rien fait pour mériter ça, tout comme les victimes de l’ouragan Katrina, du 11 septembre 2001 ou de Polytechnique. Personne ne mérite d’ailleurs de vivre de telles injustices, de tels drames. Je me dis que ça aurait très bien pu arriver au Burkina Faso dans ma famille d’accueil, où j’ai passé l’été et que la souffrance que vivent en ce moment les haïtiens soit la leur. Elle pourrait même être la nôtre, car outre le fait que nous n’habitions pas sur une jonction de plaque tectonique, nous ne pouvons pas grand-chose contre un tel malheur.

Vous devez sans doute vous dire que pour un gars qui a pris la décision d’écrire sur un sujet aussi sensible et chaud, je tourne autour du pot. C’est simplement par peur de blesser.
Habituellement, c’est en écoutant à la radio ou à la télévision, un reportage, un documentaire, une annonce ou un commentaire incohérent à la Fosse aux lionnes qui m’allume sur un sujet. Ce qui m’a fait réfl échir cette semaine, c’est beaucoup le drame que nous témoigne la tivi, mais aussi lorsque j’ai appris que la ville de Montréal a déposé son budget.
Vous en avez entendu parler, vous ?
Je suis bien conscient qu’un évènement aussi majeur qu’un séisme de magnitude 7 nécessite une plus grande couverture médiatique que quelconque sujet de par la panoplie d’aspect que ça implique. L’envoi d’aide pour répondre aux besoins primaires, la sécurité, la reconstruction, les pertes, l’état des victimes, l’émigration des réfugiés, etc. Des émissions spéciales lors du Téléjournal de 22h ont donc leur place.
N’entrons pas dans un débat ridicule de : qui est le plus dans la merde ?
Si vous êtes comme moi, que vous n’avez pas énormément de temps à consacrer pour vous informer, mais que c’est important pour vous de l’être, avouez que vous n’en avez pas entendu parler beaucoup de ce budget. Médiatiquement, c’est arrivé lors des attentats du 11 septembre, lors de Katrina et en ce moment pour Haïti, la terre s’est arrêtée de tourner. Pendant ce temps, combien de bombes sont tombées la semaine dernière en Irak ? Combien de mort au Darfour ? Combien y aura-t-il de pot de vin de prévu au budget de cette année à la ville de Montréal ?

Qu’on me comprenne bien. Je me demande seulement si d’avoir autant de nouvelles provenant d’Haïti les aide vraiment. Pour quelles raisons les médias en parlent autant ? Pour vraiment informer ou veulent-ils simplement faire plus de temps d’antenne parce que c’est payant de montrer la souffrance ? Je me questionne aussi sur la rigueur des médias. Y a-t-il un réel désir d’informer de la part des journalistes ou plutôt d’augmenter leur curriculum vitae en se faisant payer un voyage pour assister eux-mêmes à la crise ?
On a même entendu à la télé des témoignages d’haïtiens réclamant plus d’aide et moins de journalistes.
C’est peut-être naïf de ma part ou irresponsable, mais je fais confiance aux différents médias, (certains plus que d’autres) pour m’informer et me faire un portrait juste de la réalité du monde dans lequel je vis. Je remets donc cette responsabilité dans les mains des journalistes. À moi ensuite de m’en faire une opinion, mais si on ne m’informe pas, je ne peux pas avoir d’opinion. C’était quand d’ailleurs la dernière fois que nous avons eu droit à un reportage sur la situation en Haïti, sur les problèmes de gangstérisme à Port-au-Prince ou de la condition des citoyens des cités ? Nous avons de plus en plus d’informations de plus en plus rapidement et j’ai quand même de la difficulté de me faire une opinion sur plusieurs situations.

En espérant que le peuple haïtien trouvera, une fois de plus, la force de passer à travers cette épreuve. En souhaitant que le reste de la planète continue à se joindre aux haïtiens, car ce genre de drame humain, il y en aura d’autre. C’est quand même rassurant qu’au fond de tous, le vrai caractère de l’Homme ressorte par l’entraide en cas de crise. Ce n’est pas avec des prières tel qu’offre le Vatican à Haïti comme aide que nous sommes encore vivant après 7000 ans d’épreuves, mais en s’entraidant et mettant nos forces en commun. La force de l’amour est encore plus forte que celle de la haine.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.