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Google, ou l’art de se comporter en fillette

«Une chronique barbare, mais, diantre, de kossé ça ? » se diront les néophytes.
Ce paragraphe d’introduction que je vous étampe droit sur la rétine, c’est mon petit cadeau de bienvenue dans ce qui sera, pour tout le reste de votre parcours universitaire, votre
« pit-stop » hebdomadaire de brutalité syntaxique, de barbarisme distingué et de gros métal non dilué. En somme, c’est ici (entre autres) que j’insémine passionnément et violemment la page et votre cortex. Thrash.

L’actualité regorge d’affrontements plus épiques les uns que les autres. Récemment, c’est surtout le combat de l’Homme contre la nature qui nous captive, prenant place dans l’arène qu’est Haïti. À long terme, ce duel à mort étant gagné (ou perdu, si vous êtes verdâtre) d’avance (vous n’avez qu’à lire l’enthousiasme qui dégouline de notre chronique automobile pour vous en convaincre), il me semble peu intéressant de s’y
attarder. C’est plutôt vers l’Orient que se tourne mon oeil inquisiteur et viril, où, semble-t-il, Google patauge dans une mare figurative de fécalité (non, le mot n’existe pas, phoque).

Google est, depuis quelques années, devenu un symbole d’à-platventrisme entrepreneurial face à la puissance commerciale de la Chine.
On se rappellera qu’en janvier 2006, Google avait frustré les altermondialistes et autres embrasseurs d’arbres en créant google.cn, une copie filtrée et censurée de son moteur de recherche
« standard », accessible depuis la Chine.

L’histoire, on s’en doute, ne s’arrête pas là. Le 12 janvier dernier, Google annonçait avoir été la cible de plusieurs attaques informatiques sophistiquées, originaires de Chine, qui ciblaient les informations personnelles de militants chinois pour les droits de l’Homme. L’entreprise a pointé du doigt le gouvernement chinois, l’accusant (indirectement, évidemment)
d’être derrière les attaques en question.
L’entreprise californienne court se cacher dans les jupons d’Hillary Clinton et s’en suit le scénario classique des relations sino-américaines : on gronde la Chine et on menace des sanctions ainsi que des enquêtes, la Chine rit, et on ne va pas plus loin.

Là où l’histoire recoupe un peu le rayon d’action de ma chronique, c’est dans la réaction de Google à postériori : elle est si molle du bâton que je me dois de la dénoncer. La chose digne à faire, après avoir pointé du doigt de la sorte les autorités chinoises, c’est de plier bagage. De toute façon, google.cn ne représente à l’heure actuelle que 1 % du chiffre d’affaire de l’entreprise. Sauf que, au lieu de partir dignement, la direction de Google a décidé d’en beurrer davantage. Elle déclare tendre la main à la Chine afin de créer un environnement web non censuré pour les Chinois, ce qui est, évidemment, catégoriquement refusé par Pékin. Et même si Google a affirmé être prêt à quitter la Chine en cas de refus, google.cn est encore parfaitement opérationnel. Bref, l’image de « chevalier-blanc-défenseur-desdroits-
humains », ça fait peut-être juter les hippies, mais on voit rapidement au travers du déguisement une simple façade afin de gagner du capital de sympathie. Verdict du barbare : pas métal du tout. En tant que spécialiste des questions d’image corporative (…),
je suggère à Google de changer leur logo pour des ours avec des scies à chaîne, histoire de compenser pour un tel FAIL de relations commerciales.

Je vous recommanderais volontiers de changer de moteur de recherche.
Malheureusement, aucun des compétiteurs de Google n’est réellement qualifiable de « métal ». Je compte présenter au département d’Informatique un prototype d’engin de recherche qui redirigerait systématiquement l’utilisateur sur des sites traitant de chasse à l’arme blanche. Un dossier à suivre.

Suggestion métal de la semaine

  • Album : Slave Design
  • Artiste : Sybreed
  • Genre : Groove / industriel
  • Année : 2004

En général, le genre industriel est surchargé de groupes qui se clonent mutuellement, comme une sorte de grosse foire incestueuse et perpétuelle.
Ça devient vite lassant pour un genre au potentiel si vaste. Imaginez ma surprise en découvrant récemment ce petit bijou de band. À mi-chemin entre le groove et l’industriel, ce groupe est l’enfant bâtard spirituel de Sepultura et Fear Factory, avec des petits éléments d’électro. Du très bon, surtout leur premier album (Slave Design). En ce début de session, ça me fait l’effet d’une immense tasse de café, composante essentielle de la routine universitaire.

Mots-clés : Chronique barbare (22)

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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